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Conférence de presse de rentrée du Se-Unsa (Le Café, ToutEduc)

26 août

Pour le Se-Unsa, l’Ecole est proche du point de rupture
Si on devait retenir un seul chiffre de la conférence de rentrée du Se-Unsa : 76. Selon un sondage du Se Unsa, 76% des personnels de l’éducation nationale estiment que le nouveau ministre ne pas réussir à restaurer la confiance. Le sydnicat craint pour la réalisation de la rentrée et juge que l’Ecole et proche de la rupture. Il exprime sa "défiance" envers le projet éducatif du président de la République.

Les enseignants méfiants envers Ndiaye

"Notre service public d’Education se rapproche d’un point de rupture et les territoires les plus fragiles, l’Ile de France ainsi que les zones rurales sont les premiers à en subir les conséquences les plus criantes", a déclaré Stéphane Crochet, secrétaire général du Se Unsa le 25 août. Le syndicat "doute" que les mesures prises suffisent à mettre un professeur devant chaque élève à la rentrée. Il montre à quel point celle ci est devenue complexe compte tenu de la multiplication des profils d’enseignants, entre les stagiaires master MEEF et les autres , étudiants alternants etc.

Il révèle que 76% des personnels ne croient pas que P Ndiaye aura la confiance des enseignants. Une proportion identique pense que son école ou établissement va manquer d’enseignants à la rentrée.

Inquiets devant l’Ecole du futur

Le Se -Unsa est tout autant réservé sur le projet éducatif d’E Macron. "Echaudés par des concertations diverses et variées dans le passé, la profession anticipe une nouvelle opération de communication pour légitimer des projets déjà arrêtés. Nous n’avons pas oublié le projet porté par le Président avant le 1er tour de l’élection présidentielle avec ses intentions de charger encore la barque des personnels et son approche « start-up » pour libérer les énergies de professionnels qui souffriraient avant tout d’un manque de motivation". E Macron n’a pas manqué confirmer ces inquiétudes dans son discours aux recteurs tenus peu de temps après les propos de S Crochet.

Le Se Unsa reste pourtant favorable à la loi Rilhac et demande la création d’un statut d’établissement primaire avec un directeur d’établissement

Rejet de la réforme de la voie professionnelle

Le Se-Unsa se montre particulièrement inquiet du projet de réforme de la voie professionnelle. " Le SE-Unsa refusera qu’on délaisse la formation générale des lycéens de la voie professionnelle et que le lycée professionnel et ses professeurs soient le filet de sécurité minimal et ajustable des jeunes qui ne trouveraient pas de formation en apprentissage". Il pointe deux problèmes d ela réforme déjà mise en place par JM Blanquer : " Moins de cours théoriques pour des élèves ayant pourtant besoin de temps pour assimiler des savoirs professionnels et des connaissances qui vont au-delà de l’apprentissage du métier, une dégradation de fait du lien particulier entre élèves et professeurs de lycée professionnel.

Puisque P Ndiaye se dit ouvert au dialogue, le Se Unsa demande le rétablissement du comité de suivi de la réforme du lycée et du comité de suivi de la réforme de la voie professionnelle. Il demande plus de liberté pour les équipes pédagogiques à la place des injonctions pour une priorité aux fondamentaux.

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 26.08.22

 

Stéphane Crochet : “C’est une rentrée difficile, le service public est dans un état de grande fragilité“ (SE-UNSA)

84 % des personnels interrogées craignent un manque de personnel (enseignant, CPE ou PsyEN) dans leur école ou leur établissement au cours de l’année scolaire, selon un sondage réalisé au mois d’août par le SE-UNSA auprès de 502 enseignants, CPE et PsyEN adhérents.

Un taux qui fait écho aux propos du secrétaire général du syndicat des personnels de 1er et 2nd degrés, selon qui “cette rentrée est marquée par l’accélération de la vulnérabilité de notre service publique d’éducation, et ça se voit aux yeux du public“. Ce jeudi 25 août, la conférence de presse annuelle du SE-UNSA était l’occasion d’évoquer les trois défis qu’il lui semble primordial de relever pour l’avenir de l’Ecole, mixité sociale, école inclusive et bien sûr, attractivité des métiers.

Pour Stéphane Crochet en effet, ce dernier “est en berne depuis des années“, et bien qu’il salue la mobilisation du ministère “dont nous ne doutons pas, car l’enjeu politique est énorme“, le recrutement de contractuels pour pallier le manque d’enseignants “n’est qu’une solution d’urgence“ qui lui fait craindre la constitution d’une “poche de personnels précaires“. Ainsi si l’objectif d’un personnel dans chaque classe est tenu à la rentrée, “cela ne suffira pas pour l’ensemble de l’année scolaire“, poursuit-il, c’est à dire dès l’apparition des congés maladie et maternité nécessitant des remplacements.

Le syndicat UNSA des personnels de 1er et 2nd degrés estime en outre que le système est fragilisé par le déficit des concours, la multiplication des profils (contractuels, étudiants alternants, stagiaires) avec une gestion comptable à flux tendu. Est ainsi demandée l’ouverture “entière“ des listes complémentaires des concours, plutôt que de façon ciblée.

Elise Capéran, en charge de la formation et du développement professionnel, précise que proposer des contrats pluri-annuels pourrait être positif pour sécuriser le parcours des contractuels ; elle insiste sur l’accompagnement “sous forme de tutorats qui soient sérieusement reconnus financièrement“, mais surtout en réinvestissant la formation continue “sans la renvoyer constamment sur des temps supplémentaires“, et en faisant en sorte qu’elle permette d’accéder aux concours.

Le syndicat critique par ailleurs le caractère très “flou“ de plusieurs réformes, notamment pour leur trouver de la place dans les emplois du temps, comme par exemple les “30 minutes de sport“ quotidiennes - généralisées cette année -, ou encore l’expérimentation de la demi-journée de “découverte des métiers“. Jérome Fournier, en charge de l’Education au sein du SE-UNSA, considère qu’il existe déjà le “parcours avenir“ (mis en place par Najat Vallaud-Belkacem en 2016), "qui a été mis en sourdine alors qu’on pourrait l’utiliser“. Il explique que le temps d’orientation existe mais n’est pas mis en œuvre faute de moyens ; le syndicat ne voudrait pas que cette demi-journée “soit un pré-recrutement pour le lycée professionnel“.

En outre, le syndicat juge positivement l’anticipation désormais en vigueur avec les ministères de la Santé et de l’Education nationale concernant l’annonce d’un niveau de protocole sanitaire ou encore la gestion du matériel, mais il reste inquiet sur les conséquences de la crise sanitaire, au regard “des stigmates laissés et dont on ne connaît sans doute qu’une partie de l’iceberg“, explique Elisabeth Allain-Moreno, responsable de la qualité de vie au travail. Le SE-UNSA demande que soit davantage prises en compte les problématiques de santé des personnels, et souhaite que soient accentués le recrutement et la formation “pour constituer de réelles équipes pluri-professionnelles sur le long terme“.

“Il faut que l’éxécutif accepte de regarder la réalité sur les conditions de travail, mais aussi la rémunération des personnels de l’Education“, affirme enfin Stéphane Crochet. Le conseil de la refondation ou les débats prévus dans les écoles cet automne sont pour lui du “déjà-vu“, et selon lui “la profession anticipe une opération de com’ pour légitimer des projets déjà arrêtés“.

Au final, une des grandes interrogations se situe sur “la capacité du ministre à avoir complétement la main“ concernant la politique éducative qu’il compte mettre en œuvre. “Le ministre peut toujours compter sur les personnels, assure-t-il, mais c’est à lui de les défendre."
Extrait de touteduc.fr du 25.08.22

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