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Le Snes, "particulièrement à l’offensive" sur l’éducation prioritaire, n’acceptera une modification de la carte que dans le sens d’un élargissement (ToutEduc)

30 août

Le SNES reste défiant face aux discours et à la personnalité de Pap Ndiaye

"Les discours ne suffisent pas." Le SNES, qui organisait sa traditionnelle conférence de presse de rentrée ce 29 août, note bien une différence de ton, une réelle écoute de la part du nouveau ministre, mais le syndicat FSU des enseignements de second degré estime que la politique gouvernementale reste fondée sur le triptyque "autonomie, évaluation, contractualisation", ce qui signifie que "le principe d’égalité est battu en brèche" et le service public ""émietté".

L’organisation syndicale note que l’augmentation de 3,6 Mds du budget de l’Education nationale couvrira à peine le dégel du point d’indice, l’augmentation à 2 000€ du salaire net des enseignants débutants et "deux ou trois mesures". Elle ne permettra pas de financer la revalorisation de l’ensemble de la profession. "Les annonces sont loin d’être à la hauteur des besoins."

Les 500 M€ annoncés par le président de la République pour financer les innovations pédagogiques s’ajoutent à ces 3,6 Mds. Mais c’est peu dire que ce dispositif ne suscite aucun enthousiasme chez les dirigeants du SNES. "Tel que présenté, c’est une perte de temps." D’une part, les enseignants ont l’expérience de ces moments où ils se passionnent pour l’élaboration d’un projet avant que la hiérarchie ne donne finalement pas suite. Dans le cas présent, sans aucune garantie sur les modalités de sélection de ces innovations, les enseignants qui verront leur travail retoqué seraient découragés pour longtemps. Et, constate le SNES, une fois de plus, "on renvoie au local" le soin de trouver des solutions. Le syndicat est d’autant plus dubitatif que ces projets tout comme "le pacte" pourraient amener à contourner les statuts des enseignants et personnels d’éducation : "c’est quelque chose qu’on combattra."

De même le SNES n’acceptera pas que les concours nationaux de recrutement deviennent académiques, même si cela garantirait aux contractuels et aux candidats "secondes carrières" une affectation proche de leur domicile. Il pourrait accepter de légères modifications dans les modalités du calcul du nombre de points qui permet de départager les candidats au mouvement, mais à la condition de ne pas bouleverser "un équilibre subtil". C’est que les concours nationaux garantissent une égalité sur tout le territoire, alors qu’on constate dans le 1er degré de très grandes différences selon les académies. "Certains voient ces concours nationaux comme un carcan, mais c’est leur protection." A noter que le concours spécial de recrutement des contractuels, annoncé par le ministre pour le printemps prochain ne concernera que le 1er degré...

A noter encore, parmi les sujets évoqués lors de cette conférence de presse, l’éducation prioritaire, un sujet sur lequel le SNES sera "particulièrement à l’offensive", et n’accepte de modification de la carte que dans le sens de son "élargissement". Il est également attentif aux CLA (contrats locaux d’accompagnement) et donne l’exemple d’un établissement qui a contracté avec une association pour lui confier la lutte contre le décrochage, alors que l’Education nationale "a des enseignants, des psychologues, des personnels d’éducation".

Sur les AESH, le SNES calcule que pendant 6 ans en CDD, ils (elles) touchent 850€ pour des temps partiels à 62 % alors que, si les temps de préparation et de concertation étaient pris en compte, leurs heures d’accompagnement d’enfants en situation de handicap devraient leur être comptées pour un plein temps. En CDI, leur salaire passe à 860 € ! De même pour les AED qui, à temps plein, passent de 1 372€ à 1 411€.

Enfin le SNES ne désarme pas, s’agissant de la réforme du bac, "à revoir complètement", et du lycée. Il cite un enseignant découragé : "Je suis en train de faire l’inverse de ce pourquoi j’ai choisi ce métier."

Extrait de touteduc.fr du 29.08.22

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