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Enseignement professionnel : la conférence de presse du Snuep-Fsu (ToutEduc)

31 août

"Nous avons un an pour sauver les lycées professionnels" (SNUEP-FSU)

Les propos et les premières annonces, même si elles sont floues, du président de la République et des ministres sur l’enseignement professionnel constituent autant de "provocations inacceptables", estime le SNUEP. Le syndicat FSU de l’enseignement professionnel qui organisait ce 30 août sa conférence de rentrée, annonce d’ailleurs la réunion, ce soir, d’une intersyndicale de l’enseignement professionnel très large, à laquelle participeront, outre lui-même, la CGT, SUD, le SNALC, le SE-UNSA et le SNETAA-FO. Seul le SGEN-CFDT n’avait pas encore répondu à l’invitation. "Il est urgent que nos dépassions nos querelles intersyndicales, c’est la survie de la voie professionnelle qui est en jeu !" Les projets gouvernementaux ayant vocation à être mis en oeuvre à la prochaine rentrée, le SNUEP estime avoir quelques mois pour défendre une forme d’enseignement en danger de disparition. "L’avenir est plus incertain que jamais."

Selon le SNUEP, les enseignants des LP, surtout des matières professionnelles, ont souvent fait une première carrière dans le privé, et le propos du président qui voudrait rapprocher les lycées professionnels du monde de l’entreprise leur semble "injuste" et passe particulièrement mal, de même que l’appel à transposer dans les LP le modèle de l’apprentissage. L’annonce d’une augmentation du temps des stages laisse également dans l’expectative. S’agit-il de le multiplier par deux sur 3 ans (et donc de passer, pour un parcours "bac pro", de 22 à 44 semaines), ou de 50 % (donc de passer à 33 semaines) ou uniquement en terminale (passer de 8 à 16 semaines, ou à 12 semaines) ? Quoi qu’il en soit, c’est autant de temps en moins pour la formation en lycée... "comme si l’entreprise était formatrice ! Dans l’entreprise, on réalise les gestes professionnels appris en formation, on n’initie pas de nouvelles pratiques. Il ne suffit d’ailleurs pas d’être un bon mécanicien pour être un bon professeur de mécanique."

La situation des enseignants contractuels pose également question. Ils représentaient 10 % des effectifs en 2010, pas loin de 15 % aujourd’hui et la pénurie se fait sentir, au point que certains d’entre eux peuvent négocier leur salaire, jusqu’à, dans un cas extrême, être mieux payés qu’un titulaire au niveau "classe exceptionnelle". C’est que les candidatures font défaut. L’année dernière, quelque 3 000 emplois n’ont pas été consommés, ce qui signifie qu’il a manqué, en moyenne, deux enseignants par lycée et que les élèves n’ont pas eu cours dans leur discipline principale parfois pendant la moitié de l’année.... Le SNUEP évoque également les cas, qui seraient de plus en plus nombreux, de contractuels qui "tiennent trois semaines", dès lors qu’ils sont confrontés à la réalité du métier, des élèves et des salaires.

C’est aussi que le sens du métier se perd en même temps que les moyens de faire réussir les élèves, le SNUEP fait valoir qu’ils diminuent régulièrement, le cursus menant au bac pro est passé de 4 à 3 ans, les enseignements généraux ont été réduits de 30 % par Jean-Michel Blanquer et les enseignements professionnels pourraient donc faire l’an prochain les frais de la réforme annoncée. Le SNUEP dénonce de plus "les gadgets pédagogiques" introduits par J-M Blanquer, comme le chef-d’oeuvre, lequel manque singulièrement de consistance dans certains cursus : "les élèves se rendent bien compte que l’on fait du remplissage, ça contribue au décrochage". En seconde, les groupements des formations par familles de métier jouent également un rôle démobilisateur. "On demande aux garçons qui veulent faire coiffure de faire des épilations, puisque coiffure et esthétique sont dans la même famille."

Autre élément qui justifie la colère syndicale, la présentation très avantageuse de l’apprentissage dont la "face cachée est peu glorieuse", notamment lorsqu’il s’agit des jeunes filles et plus encore lorsqu’elles sont issues de l’immigration. Le SNUEP fait d’ailleurs valoir un taux de 40 % de ruptures de contrat contre 13 % de décrochage en LP (10 % cinq ans plus tôt). Mais plus encore, il s’inquiète d’une remise en cause des diplômes. "La formation sur le tas" devient le modèle. Le risque serait de "renoncer à former à des métiers pour faire du formatage à l’emploi", l’enseignement professionnel connaîtrait une forme de "dénaturation" et Pap Ndiaye serait en train d’abandonner sa mission" de garant du rôle éducatif de l’Education nationale.

Extrait de touteduc.fr du 30.08.22

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