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Deux dossiers de revues sur l’école : - Les Cahiers français (Le Café) - Sciences humaines (Tout Educ)

20 septembre

Cahiers français : L’école en questions
Bien des questions sont à poser à l’école. Mais ce qui intéresse les lecteurs ce sont les réponses. Revue officielle, Les Cahiers français donnent la parole aux institutionnels : le directeur de cabinet de P Ndiaye, le vice président du Conseil supérieur des programmes, qui nous dit être proche des idées de JM Blanquer. Il défend l’idée d’autonomie des établissements et de gestion par les résultats que le gouvernement veut développer. Les Cahiers donnent la parole à Etienne Butzbach sur la mixité sociale dans l’école française. C’st l’occasion de montre qu’elle est possible comme le montrent par exemple les projets parisiens et toulousains. Amélia Legavre, Pauline Proboeuf et Agnès Van Zanten évoquent les scolarités alternatives. " Les parents choisissant une école alternative ou l’école à la maison sont majoritairement très diplômés", disent-elles. " Lors des entretiens avec les parents, une métaphore repoussoir est récurrente : celle du « moule » de l’école dite « traditionnelle »... De plus, face à une école qui, victime de son succès, ne délivre plus de sésame distinctif, l’acquisition via des scolarités alternatives des « savoir être » spécifiques est vue par certains parents comme permettant de se distinguer par sa personnalité au sein du marché de l’emploi".

Les Cahiers français n°429

Extrait de cafepedagogique.net du 19.09.22

 

La société française n’a pas de projet pour son école, qui perd en humanité (Sciences humaines)

"Longtemps sacralisée, l’école semble fatiguée, en quête de sens (...). Aucun grand récit n’émerge pour articuler des missions disparates (...). Pourtant, il faut défendre l’école (...) parce qu’elle démeure le principal garant de la démocratie", estime la rédaction de Sciences humaines. Le magazine propose un dossier spécial pour son numéro daté d’octobre 2022, et apporte des éléments de réponse au questionnement d’une école "tiraillée entre des modèles contradictoires", à l’image de la France qui "peine à savoir qui elle est et ce qu’elle veut".

C’est ainsi que l’identité des enseignants est "éclatée", mais que, du fait d’ "attentes fortes en matière de performances", leur travail "est devenu de plus en plus normatif", qu’ils ont "davantage de comptes à rendre sur la manière dont ils occupent leurs heures de travail en dehors de la classe", qu’ils doivent inscrire "leur activité dans le projet d’établissement" et "beaucoup y voient un dévoiement du sens de leur métier". Quant aux élèves, ils sont soumis "à des injonctions paradoxales, entre sélection scolaire précoce et incitation à un projet d’avenir à long terme". Et beaucoup, qui s’inscrivent apparemment dans une logique adéquationniste, un parcours linéaire conduisant à un métier donné, "gardent dans un coin de leur tête un plan B, plus proche de leurs aspirations personnelles, difficiles à revendiquer dans un cadre scolaire ou familial, ou sur Parcoursup".

Bonnes intentions et effets pervers

Cette plateforme d’ailleurs standardise les mécanismes de sélection qui se trouvent "élargis à l’université" sans que les candidats comprennent vraiment quels sont les logiques, les algorithmes mis en oeuvre, au risque "de produire une génération d’élèves déçus, avec des conséquences négatives sur le plan politique et social". Pourtant, à tous les niveaux, les recherches "soulignent l’intérêt des interventions visant à établir des normes claires, lisibles et justes", notamment pour améliorer le climat scolaire et donc réduire les risques de harcèlement.

Faut-il pour autant viser systématiquement l’inclusion scolaire alors qu’on connaît "certains effets pervers de la scolarisation en milieu ordinaire" d’enfants autistes, ou que les interventions des AESH "contribuent davantage à préserver le fonctionnement traditionnel des classes qu’à les adapter aux besoins spécifiques des élèves" ? Certaines données nouvelles viennent d’ailleurs bousculer le discours dominant. C’est ainsi que certains jeux vidéos "constituent un formidable levier" lorsqu’il s’agit de "renforcer des compétences très générales, comme la mémoire ou la capacité de concentration" et venir en aide "à des élèves dyslexiques".

Méritocratie versus humanisme

Plus globalement, le dossier, dans sa tonalité générale, déplore que "l’école française (ait) continué de fonctionner selon un principe méritocratique éloigné de toute considération humaniste". Or "il y a urgence à développer le plaisir à l’école".

Les citations sont prélevées des articles et contributions d’Héloïse Lhérété, Cécile Peltier, Eric Debarbieux, Géraldine Farges, Béatrice Kammerer, Martine Fournier, Grégoire Borst, Vincent Troger, Agnès Van Zanten, à noter aussi les contributions de Catherine de Coppet, Marie Duru-Bellat, Jean-Paul Delahaye, Marion Rousset, Françoise Lantheaume.

Sciences humaines, n° 351, 6,90€

Extrait de touteduc.fr du 09.09.22

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