Merci pour ces 3 articles. Le 3ème est surprenant. L’auteure, Ioana Marinescu, professeure d’économie à la Harris School of Public Policy de l’université de Chicago, y explique qu’il ne faut pas disperser les pauvres qui sont regroupés dans des quartiers « ghettos ». Et elle décrit l’évaluation d’une opération de suppression d’un quartier de pauvreté par la dispersion de ses habitants dans des quartiers ordinaires, grâce à des aides financières. Conclusion : tous les indicateurs sont mauvais, mieux valait les laisser ensemble.
Les lecteurs du site de l’OZP sont probablement, pour une part, lecteurs également de « Libération ». Aussi, il me semble nécessaire d’ajouter à cet article l’information suivante : en 1964, aux Etats-Unis, Kennedy et son entourage conçurent un plan d’action sociale en faveur de la petite enfance défavorisée, mis en œuvre ensuite par Johnson. La ville de Baltimore était particulièrement concernée. Des efforts divers furent entrepris, notamment la dispersion des pauvres en question. Evaluation faite 5 ans après : tous les indicateurs sont mauvais, mieux valait dépenser l’argent à d’autres tâches.
Mais une nouvelle évaluation fut faite 25 ans après, précisément avec les mêmes enfants, devenus parents à leur tour. Et là, surprise, tous les indicateurs sont bons. Tous : scolarité, insertion professionnelle et sociale, santé, toxicomanie, engagements associatifs…
Il est curieux, pour ne pas dire ahurissant, que cet article ait été publié dans « Libération » sans exposer la suite prévue. Dans quel but ? D’autant plus que l’auteure, universitaire, ne pouvait ignorer qu’il fallait, dans ce domaine, attendre une génération pour évaluer l’opération.
Ajoutons qu’en France cette question a engendré des débats en novembre 1982 lorsque le gouvernement Mauroy décidait de mettre au point un plan de résorption des cités de transit qui étaient des « cités ghettos ». Selon les départements, cette résorption s’est faite par la dispersion (par exemple dans les Hauts-de-Seine avec 1 500 familles nombreuses pauvres et immigrées dispersées sur 31 communes du département) ou par la reconstruction sur place avec la même population (par exemple dans les Bouches-du-Rhône).
L’évaluation des résultats scolaires, suite aux relogements des Hauts-de-Seine de 1982-86, faite 5 ans après, a été décevante. Aujourd’hui, il faudrait refaire l’évaluation à la génération suivante pour compléter les informations éparses positives. L’évaluation à Marseille, hélas, à la première comme à la seconde génération, on le sait, est mauvaise.
La dispersion des familles pauvres dans des quartiers ordinaires est difficile : les personnes concernées les plus âgées sont partagées (ruptures de liens et inquiétude devant l’avenir, mais les jeunes, eux sont enthousiastes et veulent sortir du ghetto), les élus des communes d’accueil sont unanimement contre, les pouvoirs publics trouvent que ça coûte cher et même, certaines associations ou partis politiques extrêmes préfèrent avoir sous la main des réservoirs de pauvreté… Mais pourtant il faut savoir si l’on veut ou non maintenir des poches de pauvreté, ce que l’OZP a appelé parfois les « vraies ZEP ».
La question de la dispersion – ou non – des habitants des quartiers en déshérence concerne l’OZP : que les enseignants d’ECLAIR travaillent chaque jour à réaliser la pédagogie la plus efficace, heureusement, c’est leur fonction. Mais ils peuvent aussi, de temps à autres, se questionner sur le pourquoi de leur situation. Pourquoi existe-t-il des écoles et des collèges où il n’y a que des enfants pauvres ?
Ne serait-il pas plus intelligent de les disperser dans d’autres lieux ? Et pas de façon uniquement scolaire par des transports en car, mais définitivement par habitat dans des quartiers ordinaires.
Il serait souhaitable et plus pertinent de ne pas présenter le PEDT d’une part comme étant un dispositif et d’autre part comme étant nouveau puisque dans les grandes lignes le PEDT renvoie au concept de projet éducatif local ou projet éduactif de territoire ou encore projet éducatif global élaboré à la fin des années 90 et suejt central des rencontres de Tours en 1999. sans compter que Brest organise depuis 2005, les rencontres nationales des Projets éducatifs locaux.
Réduire le PEDT à un dispositif lui retire une part importante de son intérêt alors que justement il s’agit avec le PEDT (nouvelle dénomination du PEL ou du PET)de modifier radicalement la gouvernance de l’action éducative à l’échelle territoriale en instituant un cadre fédérateur au sein duquel devrait être conçue, définie et mise en oeuvre une politique éducative par la communauté éducative au sens large. AUtrement dit, loin d’être un dispositif de plus, le PEDT est la matrice qui devrait permettre de développer les synergies entre les différents dispositifs. je souhaiterais que cette mise au point soit faite pour éviter les erreurs d’interprétation. le sujet est déjà assez compliqué pour ne pas dire complexe !
Yves Goepfert
Ce rapport a l’air très intéressant, pour ce que j’en ai lu sur l’écran : beaucoup plus même que bien d’autres rapports cités sur ce site si on s’intéresse à la politique de la ville et à sa branche éducative.
Comme il est plus agréable de lire 248 pages sur du papier, je vous donne une information : le texte sera disponible à la Documentation française à partir du 2 janvier 2013.
Merci à l’OZP de nous l’avoir fait connaître.
Education prioritaire : comme en 1989 ! Le Journal officiel du 14 juillet 1989 nous informait d’une "orientation" nouvelle pour l’école. Le projet d’aujourd’hui nous prépare une "refondation". En ce qui concerne l’éducation prioritaire on retrouve le même schéma : des intentions générales évoquées mais l’éducation prioritaire n’est citée explicitement dans le texte de loi qu’à l’occasion des 2-3 ans. Dans les annexes, on se rappelle l’existence de l’éducation prioritaire.
Nous allons donc vivre à nouveau avec des IA (pardon ! des Directeurs) qui répondront à nos revendications pour l’éducation prioritaire "Ce n’est pas dans la Loi", ajoutant "Quant aux 2-3 ans, ce n’est qu’une intention". Leur lecture du JO était juste. Leur lecture du JO où se trouvera cette nouvelle loi sera la même.
Pourquoi n’y a-t-il pas un simple article de cette future loi pour indiquer que "l’éducation prioritaire existe, sous cette appellation ou sous une autre, qu’elle est utile et qu’elle est concentrée sur un petit nombre de territoire" ?
On sait, grâce à ce site, que les 4 ministres concernés (Peillon, Pau-Langevin, Lamy et Duflot sont d’accord sur ces points et que les détails en seront débattus au printemps... une fois la loi de refondation de l’école votée.
Un article spécifique est nécessaire, ou un alinéa, mais dans le texte de loi. On y trouvera un appui pour l’éducation prioritaire, sans gêner qui que ce soit, et sans coûter un euro de plus.
un syndicaliste enseignant
Dans la classe de Term L de ma fille, il y a 5 années d’âge. Classe d’un très gros lycée, non classé EP mais recevant entre autres les deux bassins ECLAIR du département et milieu rural.
5 années d’âge ... ça veut aussi dire que certains jeunes se sont accrochés malgré 3 redoublements ! Un moyen de lutte contre ce décrochage ne serait il pas de valoriser un maximum ces parcours là, pourquoi pas leur donner un bonus pour l’épreuve du Bac ou toute autre marque de reconnaissance de leur acharnement (même si je continue de penser que 3 années de retard, c’est anormal et injuste) ? Une piste rarement évoquée dans les lectures à ce sujet, pourquoi ?
Bonjour,
actuellement on parle beaucoup des ECLAIR mais pratiquement plus des RRS . Je suis secrétaire d’un RRS à Longjumeau dans l’ESSONNE , puis je savoir si ces réseaux ont de l’avenir ?
Cordialement
Michèle MARY
Ce texte est écrit par quelqu’un qui ne connait pas la réalité de l’éducation prioritaire. Dommage qu’il se mêle de cette question sans en avoir vu d’abord la réalité. Pourtant, il y a quelques années, j’avais bien apprécié son livre sur l’humiliation que subissaient certains élèves. Mais peut-être est-ce un homonyme ? On imagine mal que ce soit le même auteur.
Les liens ne fonctionnent pas.
Comment mettre en place la Formation de Base à Visée Parentale en coeur d’Hérault, connaissant les besoins dans cette partie du département ?
Qui contacter, qui mobiliser en tant que formatrice, pour que ce formidable dispositif arrive dans mon département ?
Bonjour,
Je me nomme Pauline Bouty et je suis actuellement étudiante en Master 2 MEEFA à l’IUFM d’Orléans.
Dans le cadre de mon mémoire concernant les approches didactiques de la littérature en cycle 3 dans les RAR, je recherche des professeurs des écoles enseignant en cycle 3 en RAR et acceptant de participer à de courts entretiens (5 à 10minutes) pour me présenter leur(s) méthode(s) d’enseignement.
Mon mémoire est un écrit réflexif ayant pour but de comprendre les différentes approches employées par les professeurs pour susciter l’intérêt pour la lecture. Cet écrit n’a pas vocation à être publier et les noms des professeurs se portant volontaires ne seront pas cités. Cet écrit est un passage obligé pour la validation de mon master et surtout un moyen pour moi de me familiariser avec les métiers de l’enseignement et de la recherche. J’espère avoir retenu votre attention et vous remercie par avance de votre aide.
Cordialement,
Melle Pauline Bouty M2 MEEFA Orléans
pauline.bouty@gmail.com
tel : 0607812147
Bonjour, je suis prof d’histoire dans ce collège et depuis des années l’équipe d’histoire s’investit dans la préparation du CNRD. Cette année c’est la copie d’un élève de notre collège qui a été sélectionnée pour représenter le département de la Charente et nous venons d’apprendre qu’il était primé au niveau national (en ligne le palmarès du cnrd sur eduscol). Je suis l’un de vos fidèles lecteurs et je sais que vous êtes attachés à montrer les réussites en éducation prioritaire. Ce prix montre qu’un bon élève peut également atteindre l’excellence dans nos établissements. Merci pour votre site et utilisez cette info comme bon vous semble.
Les arguments sont très justes : comment prôner la continuité école/collège et parler d’attribution des moyens par établissement ? Nous arrivons aujourd’hui, grâce aux ’labels’ de zonage, à faire vivre des projets cohérents déclinés par les divers niveaux d’enseignement de la mat à la 3ème. Je doute qu’il y ait la même implication hors reconnaissance institutionnelle... (y compris financière). Par contre qu’il y ait mixage avec les zones de politiques de la ville est assez logique et déjà pratiqué de fait sur le terrain avec les PRE ou CUCS
La « délabellisation » des Réseaux n’est pas forcément une mauvaise chose, quand par ailleurs on en multiplie d’autres ( éclair, préfet, ers...) ce qui brouille souvent la compréhension de l’éducation prioritaire. Si c’est pour attribuer des moyens en fonction des publics accueillis, ce peut être une bonne idée. En effet, dans des territoires ruraux, les moyens de l’education prioritaire , quand ces derniers sont vraiment effectifs, ce qui reste parfois à démotrer- n’existent pas et pourtant les besoins sont criants en personnel d’encadrement, en accès à la culture et au sport. Et je partage tout à fait l’opinion de l’OZP d’une part de resserrer l’articulation entre écoles/collèges en réseaux et municipalités ayant une Politique de la Ville , d’autre part de renforcer le pilotage des réseux dans ces territoires.
Mais l’OZP insiste aussi – et, en tant que secrétaire de RRS, je les remercie grandement- sur un point largement oublié : l’existence de nouvelles professionnalités comme les coordonateurs et les professeurs référents. Métiers souvent inconnus, souvent invisibles mais qui devraient être développés dans tous les secteurs où des publics fragiles sont accueillis.
M. Louveau,
Je ne crois pas avoir vu les syndicats monter au créneau pour l’Education Prioritaire, sauf si elle s’était déjà mobilisée...
Cette absence est absolument criante pour les classes-relais...
Merci pour votre article.
La non réaction des syndicats concernant l’Education Prioritaire me laissait sans voix.
Je ne peux pas imaginer que cet abandon, proposé par cette synthèse, puisse être retenu par un gouvernement de gauche.
J-Luc Sérange Coordo