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Compte rendu par Tout Educ de la rencontre OZP du 23.03.16 sur l’interdegrés : "Une mutation de la culture professionnelle a commencé"

25 mars 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

La liaison CM2-6ème doit être mise en place à la rentrée, mais pour la plupart des collèges, ce n’est pas une priorité, l’urgence étant pour les enseignants de s’approprier les programmes. Toutefois, les débats organisés sur ce thème par l’OZP (l’observatoire de l’éducation prioritaire) mercredi 23 mars, ont montré qu’une mutation de la culture professionnelle avait commencé. Les personnels de direction qui témoignaient de la mise en œuvre de la réforme ont insisté sur leur prudence, mais aussi sur la chance qu’ils avaient de travailler dans des établissements défavorisés....

En effet, fait valoir la principale du collège La Vallée à Epinay-sous-Sénart, classé REP+ et anciennement "Eclair", "les réseaux existaient déjà" et le comité exécutif est tout naturellement devenu le "Conseil école collège". Celui-ci a choisi la question de l’évaluation comme "porte d’entrée" : comment les professeurs de 6ème vont-ils valider la fin de cycle s’ils ne savent pas ce qui était attendu de leurs élèves en CM1 et CM2 ? Or c’est, le plus souvent, le cas.
Au collège Georges Rouault (Paris 19ème), des thèmes de travail ont été choisis par des "sous-commissions" qui cherchent des définitions communes pour ce qu’est un parcours littéraire, ou la construction des nombres, et quelles compétences les élèves ont effectivement acquises en langue vivante. Le vocabulaire utilisé pour les notions de grammaire n’est manifestement pas stabilisé. Et, prévient le principal adjoint, "on ne pourra pas tout faire" d’ici la fin de l’année scolaire.

Des freins organisationnels
D’autant que les obstacles matériels sont importants, à commencer par la difficulté de trouver des plages horaires communes, alors qu’avec les nouveaux rythmes scolaires, les enseignants du premier degré terminent leurs journées beaucoup plus tôt que leurs collègues du second degré. "Les problèmes organisationnels constituent un véritable frein", souligne la principale du collège Travail à Bagnolet. S’y ajoutent des susceptibilités culturelles. Pour certains enseignants, "l’évaluation par compétences" est "un gros mot", et ces trois responsables contournent ces questions pour éviter toute "cristallisation", et ne pas entraver les évolutions en cours. "On est en train de prendre en compte la singularité de l’élève."

Le mouvement est amorcé depuis plus longtemps dans le 1er degré, peut-être du fait de la loi de 2005 sur l’accueil des élèves handicapés. Dans le second degré, c’est peut-être la mise en place des ULIS (unités localisées pour l’inclusion scolaire) qui joue ce rôle. "Les enseignants sont bien obligés d’individualiser leur enseignement, de constituer des îlots, ça vient naturellement", explique une principale, et sa collègue ajoute que, dans son établissement, il est aujourd’hui tout à fait banal d’aller assister au cours d’un autre enseignant quand on est en difficulté. En Seine-Saint-Denis, à titre expérimental, des classes de CM2 pourraient être implantées dans des collèges, et des échanges de service organisés entre 1et et second degré, notamment pour l’aide personnalisée en 6ème...
Mais tous le disent, cette évolution des cultures professionnelles prendra plusieurs années, même en éducation prioritaire. Et aucun de ces personnels de direction n’a envie d’aller hors REP, là où "l’élitisme républicain" vient entraver ces dynamiques.

Extrait de touteduc.fr du 25.03.16 : La liaison CM2-6ème n’est pas la première urgence pour la mise en oeuvre de la réforme (rencontre de l’OZP)

 

Voir aussi

Compte rendu OZP de la rencontre du 23 mars 2016 sur l’interdegrés : "Malgré des obstacles, le métier évolue dans le bon sens"

Compte rendu par le Café pédagogique de la rencontre OZP du 23 mars 2016 sur l’interdegrés : "ça va pas être possible ? "

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