Le plan Internat. Les commentaires

2 juillet Version imprimable de cet article Version imprimable

L’éducation nationale veut relancer 240 internats
Jean-Michel Blanquer promet de développer trois catégories d’internats d’ici à 2022, au bénéfice des élèves des territoires ruraux et de l’éducation prioritaire notamment.

[...] A cet « axe ruralité » s’adosse un « axe quartiers » : cent « internats d’excellence » (au moins un par quartier prioritaire et dans les territoires nouvellement labellisés « cités éducatives ») doivent être déployés, à la même échéance. Ceux qui ont suivi le parcours de M. Blanquer comme recteur de Créteil, puis comme directeur général de l’enseignement scolaire, savent que ce type d’établissement correspond à son « utopie éducative ».

Portés aux nues sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, avant d’être ramenés dans le rang des établissements ordinaires par la gauche, ces internats d’excellence sont censés bénéficier aux élèves méritants issus de milieux défavorisés et leur garantir un développement culturel, une ouverture au monde et une pratique sportive d’excellence.

Leur coût a été reconnu comme prohibitif dans plusieurs rapports. Interrogé sur ce point, le ministre de l’éducation, qui a encore visité, samedi 28 juin, l’internat d’excellence de Sourdun (premier du genre), en Seine-et-Marne, qui célébrait ses dix ans, a estimé ce « surcoût » à 2 000 euros par élève et par an. Une somme « pas si importante que ça », selon lui, pour assurer la réussite scolaire des élèves de l’éducation prioritaire.

[...] « Avec quels moyens ? », s’interrogent déjà les syndicats d’enseignants. C’est sur les collectivités, départements et régions, que l’éducation nationale s’appuie pour développer les nouveaux bâtiments. La Banque des territoires se voit dotée d’un fonds de 1 milliard d’euros pour financer des prêts à leur intention. « Mais qu’en est-il des emplois ? », demandent-ils encore.

Extrait de lemonde.fr du 01.07.19

 

Plan Internat : JM Blanquer annonce le retour des internats d’excellence dans le plus grand flou
"Dès mon arrivée ici j’ai voulu que ce chantier soit repris". Ils étaient pourtant loins d’avoir fait l’unanimité, les internats d’excellence créés par JM Blanquer entre 2010 et 2012. Mais, sur de lui, le ministre de l’éducation nationale a présenté le 1er juillet un plan pour "l’internat du XXIème siècle" qui ressuscite l’internat d’excellence à coté de deux autres types d’internat. Très peu précis sur son financement, le plan internat est surtout l’occasion d’affirmer des choix idéologiques : les nouveaux internats sont réservés aux élèves méritants et aux collectivités qui font l’effort d’un projet original. L’internat version Blanquer n’aime pas le commun.

[...] Un financement obscur

Malgré les questions posées au ministre, notamment celles du Café pédagogique, les conditions matérielles qui entourent la création de ces 13 000 places restent obscures. La Caisse des dépôts devrait proposer un prêt à hauteur d’un milliard aux collectivités locales. Mais ce prêt concerne tous les investissements scolaires des collectivités et pas seulement les internats. Du coté de l’Etat, le ministre ne donne pas de précisions sur ses engagements et son soutien. Apparemment le plan Internat n’est pas budgeté et l’accompagnement proposé pour les internats n’est pas défini.

Quand les pauvres financent les pauvres

Que reste-il alors de ces annonces ? Les idées du plan, l’idéologie qui le sous tend. "L’internat doit être un lieu d’épanouissement", affirme JM Blanquer. L’internat doit "jouer un rôle dans la réussite des élèves qui n’ont pas les conditions pratiques pour réussir chez eux". C’est "un levier de justice social", dit-il.

Pourtant ce que décrit JM Blanquer n’est pas un projet social. Il revendique la mixité sociale dans les internats d’excellence , où d’ailleurs dès 2010 les jeunes défavorisés étaient minoritaires. Là où c’est encore plus clair c’est à propos des internats des campus pro.

Le financement de ces internats se fera en partie par prélèvement sur les budgets sociaux des établissements secondaires. Ces fonds servent à aider les familles les plus pauvres à régler des situations d’urgence. Ils représentent environ 70 millions pour tous les établissements français et les proviseurs se plaignent qu’ils sont insuffisants. JM Blanquer est connu pour les avoir divisés par deux entre 2010 et 2012. Il sait qu’il est attendu sur ce terrain.

Mais ça ne l’empêche pas d’assumer une baisse de ces budgets au nom des internats. La justification vaut le détour : "les futurs internes sont des élèves en difficulté sociale". Somme toute utiliser les fonds sociaux pour financer ces internats ce n’est pas grave puisque l’argent reste acquis aux pauvres. C’est donc aux pauvres de payer pour les pauvres...

Extrait de cafepedagogique.net du 02.07.19

Voir aussi Le plan "Internat du XXIe siècle" en crée trois types : les résidences à thèmes, les nouveaux internats d’excellence de quartiers et les internats du campus pro

 

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