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20.08.07 - La lutte contre les bidonvilles reprend en Ile-de-France

20 août 2007 Version imprimable de cet article Version imprimable
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Extrait du site « Romeurope », le 20.08.07 : La fin des bidonvilles est-elle enfin possible ?

Communiqué, Paris, le 16 août 2007

Le 7 août, le sous préfet de Seine Saint Denis a annoncé que l’expulsion, devenue inéluctable, du grand bidonville de la rue Campra à St Denis serait accompagnée d’un projet d’intégration des Rroms. Les associations travaillant sur le terrain saluent positivement cette initiative mais rappellent que ce n’est qu’un premier pas en avant.

L’Ile-de-France a vu se créer depuis une quinzaine d’année des bidonvilles abritant majoritairement des Rroms essentiellement venus de Roumanie. Ceux-ci sont à la recherche de conditions de vies meilleures tant économiquement que pour fuir des discriminations dont ils sont encore victimes aujourd’hui en Roumanie.

Jusqu’alors, la seule solution proposée par l’état était l’expulsion du lieu de vie, repoussant un peu plus loin les familles et leurs bidonvilles, et reportant d’autant le problème. Seules quelques initiatives communales (Aubervilliers, Lieusaint...) ou départementales (CG94), soutenues par le conseil régional ont permis d’apporter des solutions par la mise en place de projets d’insertion par le logement et par un accompagnement économique et social.

Depuis le 1er janvier 2007, les roumains et les bulgares sont devenus des citoyens européens et peuvent à ce titre, prétendre à une intégration dans les pays de l’Union. Ce changement de statut oblige l’Etat, jusqu’alors resté sourd aux appels des associations, à prendre enfin en compte la situation de ces populations.

Le mardi 7 août, le sous préfet de Seine Saint Denis a convoqué les associations de terrain pour présenter son projet de Maîtrise d’œuvre Urbaine et Sociale pour le grand bidonville de la rue Campra à St Denis. L’expulsion devenue inéluctable sera accompagnée d’un projet d’intégration des Rroms souhaitant rester en France et remplissant les conditions nécessaires à leur intégration.

Les associations du Mouvement d’ATD Quart Monde, l’ASAV, le Comité d’Aide Médicale, la Fondation Abbé Pierre, Médecins du Monde, Parada et le collectif Romeurope saluent cette initiative depuis longtemps attendue. Elles apporteront leur concours à la mise en œuvre du projet et veilleront à ce que les engagements pris par la sous préfecture soient respectés.

Cependant, les bidonvilles en Ile de France restent nombreux. C’est pourquoi, les associations continueront à apporter leur soutien aux populations vivant dans ces conditions indignes.

Elles demandent à ce que les initiatives telles que celle proposée par la sous préfecture du 93 se multiplient dans toute la région jusqu’à l’éradication complète des bidonvilles.

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Contacts :

Médecins du Monde : Antoaneta Popescu - Jalila Bouzid : 01.55.93.19.34/38

Fondation Abbé Pierre : Michèle Santanastaso : 01 55 56 37 45

Les sites :

ATD

ASAV - FNASAT

Comité d’Aide médicale

Fondation Abbé Pierre

Médecins du Monde

Parada

Romeurope

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Pour éradiquer les bidonvilles de Roms, des mairies ont créé des programmes d’insertion novateurs

Extrait du « Monde » du 21.08.07 : Pour éradiquer les bidonvilles de Roms, des mairies ont créé des programmes d’insertion novateurs

A Aubervilliers, une cinquantaine de Roms ont accepté un logement en dur. En échange, ils devront notamment suivre des cours de français, scolariser les enfants et trouver un travail.

Ils sont roms, viennent de Roumanie et, jusqu’à récemment, vivotaient dans un bidonville, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Depuis la fin du mois de juillet, ils ont troqué leur caravane pour un bungalow. Les piliers de l’autoroute A 86 surplombent leur nouveau domicile, les vrombissements du RER surviennent à intervalles réguliers, mais eux sont enthousiastes.

"Ce n’est pas luxueux, mais c’est propre, confortable et c’est bien pour les enfants", commente Robert Ciurar, 35 ans. Comme lui, ils sont une cinquantaine, sélectionnés par la mairie, à avoir choisi d’emménager dans ces préfabriqués aux allures de cabanes de chantier pour 50 euros par mois. En échange, tous se sont engagés à suivre des cours de français, à scolariser leurs enfants et à entreprendre des démarches, avec l’aide de travailleurs sociaux, pour être régularisés et pour trouver, d’ici trois ans, un travail et un logement en dur.

Ce programme d’insertion novateur est le dernier-né d’une série d’initiatives lancées par une dizaine de municipalités - dont Lyon et Marseille - pour éradiquer les bidonvilles à leur périphérie. "Selon la saison, nous avions entre 500 et 600 Roms sur la commune, explique Joël Demartini, le directeur général des services de la mairie (PCF) d’Aubervilliers. Nous avions, certes, d’autres problèmes sociaux importants, mais il devenait urgent de régler cette question." Ce projet représente un investissement total de 1,5 million d’euros pour les différents partenaires.

L’une des initiatives du même type les plus abouties a été lancée, en 2002, sur la ville nouvelle de Lieusaint (Seine-et-Marne). A l’époque, 39 familles roms avaient été prises en charge. Cinq ans plus tard, seules huit d’entre elles ne sont pas encore totalement "insérées". Toutes les autres ont trouvé un logement, souvent dans le parc social, et le chef de famille travaille, généralement en CDI.
La plupart des Roms qui vivent en France sont de nationalité roumaine ou bulgare. Or, depuis le 1er janvier, ces deux pays ont intégré l’Union européenne. Tous leurs ressortissants bénéficient donc de la liberté de circulation. En France, elle est limitée à trois mois. Pour prolonger leur séjour, ils doivent justifier d’un emploi, être étudiant ou créer leur entreprise.
Mais la majorité des Roms qui vivent aujourd’hui sur le territoire ne respectent pas ces conditions. Confrontés à des problèmes de discrimination dans leur pays, ils arrivent généralement sans ressources et sans formation qualifiée. "Malgré des conditions de vie précaires, faire la mendicité en France est jusqu’à cinq ou six fois plus rentable qu’un salaire d’ouvrier agricole en Bulgarie", souligne Michèle Mézard, l’une des responsables du collectif Roms Europe.

Depuis 1990, les municipalités ont l’obligation d’aménager des terrains pour accueillir les gens du voyage. Mais ces terrains sont interdits aux étrangers dont aux Roms, ce qui oblige ces derniers à s’entasser dans des bidonvilles en périphérie des agglomérations.

Jusqu’à présent, toutes les initiatives de création de camps destinés aux Roms en vue de leur intégration dans la société française ont, dans l’ensemble, été des succès. Mais les places sont chères. Une personne sur six seulement qui vivait dans le bidonville d’Aubervilliers a ainsi été sélectionnée par la mairie.

L’obligation de rester en France à l’issue des trois ans de programme d’insertion en dissuade également plus d’un. "Beaucoup renoncent, car une fois bien réfléchi, ils n’ont pas envie de se retrouver, à terme, au douzième étage d’une tour HLM", commente M. Demartini.

Le règlement intérieur de ces camps est, de surcroît, extrêmement contraignant. Des vigiles contrôlent les allers et venues sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Et les visites de tiers sont interdites.

Enfin, ces projets d’insertion restent très marginaux. La plupart du temps, les camps de Roms sont plus simplement évacués à grands renforts de policiers. Selon le collectif Roms Europe, environ 500 Roms auraient ainsi été expulsés de leur campement depuis le mois de mai. Quand ils sont en situation irrégulière, les Roms reçoivent également, au passage, un avis de reconduite à la frontière.

Si elles se réjouissent du développement, même restreint, de ces initiatives d’intégration, les associations qui défendent les Roms en France expriment des réserves. Selon elles, tous ces programmes permettent aussi, in fine, aux municipalités d’obtenir l’appui de leur préfecture pour évacuer les Roms dont les dossiers n’ont pas été retenus. Ceux-là n’ont alors pas d’autre choix que reprendre la route et aller gonfler les bidonvilles d’autres communes. "On les aide à s’en sortir une fois, mais ce n’est pas non plus du crédit revolving, explique encore M. Demartini, de la mairie d’Aubervilliers. Après, c’est aux autres communes de fournir un effort."

Les résidents du camp d’Aubervilliers ont bien conscience de ce provisoire. Pourtant, dans leurs bungalows qui sentent encore le neuf, certains ont décoré leur porte d’entrée avec un voilage. D’autres ont accroché des photos de famille aux murs. Dans le sien, Robert Berbekar, 28 ans, a dépensé ses premières économies dans des fleurs artificielles.

Elise Vincent

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