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Racisme, antisémitisme, antiracisme : apologie pour la recherche. Rapport à Madame Frédérique Vidal..., par Michel Wieviorka, La Boîte à Pandore, avril 2021

26 avril Version imprimable de cet article Version imprimable

Additif du 26.04.21

Bonnes feuilles : « Racisme, antisémitisme, antiracisme. Apologie pour la recherche »
Les sujets de dissension ne manquent pas dans la recherche et les sciences sociales, alors que la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, a évoqué récemment « l’islamo-gauchisme qui gangrène la société dans son ensemble », précisant que « l’université n’y est pas imperméable ». Provoquant aussitôt de vives réactions.

Dans son dernier ouvrage publié sous la forme d’un rapport, intitulé « Racisme, antisémitisme, antiracisme. Apologie pour la recherche » (La Boite à Pandore), le sociologue Michel Wieviorka répond à la ministre à sa manière et propose des pistes de réflexion pour aller plus loin.

Dans cet extrait que nous vous présentons, il revient sur l’origine des notions de « racisme » et d’« antisémitisme » et sur le mouvement des idées entre les États-Unis et la France.

Extrait de theconversation.com du

 

Racisme, antisémitisme, antiracisme
Apologie pour la recherche

Michel Wieviorka
La boîte à Pandore, avril 2021

Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, s’est inquiétée en février 2021 de l’« islamogauchisme » qui selon elle « gangrène » les Universités. Ses déclarations ont suscité émotion et colère parmi les universitaires, qui ont signé en grand nombre une pétition demandant sa démission. La ministre a demandé dans le même contexte une « enquête au sens sociologique du terme », un « état des lieux », un « bilan de l’ensemble des recherches » sur « l’ensemble des radicalités qui traversent notre société » – au risque d’alimenter les passions, mais aussi le climat néo-maccarthyste et les menaces pesant sur les libertés académiques.

D’où ce rapport, qui ne s’arrête ni aux propos confus et mal informés de la ministre, ni aux réactions qu’ils ont entraînées. Il traite du fonds, et apporte de quoi alimenter la réflexion par des éléments relatifs au racisme, à l’antisémitisme et à l’antiracisme tels qu’ils sont abordés par la recherche, non sans tensions ni dérives.

Extrait de laboiteapandore.fr du 20.04.21

 

Lutte contre les discriminations
Et si on se parlait davantage ?

Jean-Michel Zakhartchouk

Rejeter les travaux de recherche qui reposent sur du vide tout en réaffirmant la nécessité de travailler sur les discriminations : c’est ce que préconise le sociologue Michel Wiewiorka, dans un rapport destiné à Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur. Après avoir fustigé l’islamogauchisme présent selon elle à l’Université, la ministre avait souhaité, en février dernier, un bilan des recherches portant sur « l’ensemble des radicalités qui traversent notre société » et Michel Wieviorka l’a prise au mot.

Et si on se parlait davantage ? Au fond, c’est cette invitation, voire cette exhortation, qui ressort du rapport « Racisme, antisémitisme, antiracisme » destiné à la ministre Frédérique Vidal, et rédigé par Michel Wieviorka, sociologue bien connu dont les recherches sur le sujet font autorité. Il est d’ailleurs sous-titré « Apologie pour la recherche ».

L’auteur de ce texte écrit pour répondre à la demande de la ministre, qui voulait une enquête sur « l’ensemble des radicalités qui traversent notre société » [1], mais il décevra sans doute celle-ci. Surtout si on lit dans la conclusion ces phrases inhabituelles et quelque peu cinglantes : « Contrairement aux usages pour ce type de document, il ne comporte pas de “recommandations” tant celles-ci, vous l’avez compris, Madame la ministre, appelleraient une politique éloignée de celle qui est la vôtre et du gouvernement auquel vous appartenez. J’espère néanmoins que vous y trouverez matière à réflexion. »

Inutile de dire pourtant que Michel Wieviorka a subi des attaques pour avoir accepté cette mission. Le rapport commence par l’évocation d’un climat d’intolérance que subissent nombre d’enseignants du supérieur dès lors qu’ils promeuvent le débat, fût-il vigoureux, plutôt que les anathèmes. Appel au dialogue, donc, et à des échanges qui, même s’ils peuvent avoir un aspect militant, soient davantage fondés sur ce que nous disent les sciences sociales plutôt que sur des convictions préétablies qui aveuglent sur une réalité fort complexe.

Extrait de cahiers-pedagogiques.net du 22.04.21

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