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A quoi sert l’école ? Culture, disciplines, compétences, socle commun, et/ou exclusion sociale, une tribune de Jean-François Gauthier dans Le Monde

28 avril Version imprimable de cet article Version imprimable

« A quoi sert l’école : à former des élèves cultivés ? »
TRIBUNE
Roger-François Gauthier

ancien inspecteur général et expert international en éducation
L’école doit transmettre des connaissances, des compétences, mais aussi et surtout une « culture » estime l’ancien inspecteur général et expert international en éducation Roger-François Gauthier.

Tribune. La récente publication d’un projet de réécriture du programme de maternelle, comme avant elle la refonte des programmes du lycée, a une nouvelle fois donné lieu à de multiples commentaires. Mais juger de la pertinence d’un programme scolaire n’a de sens que si l’on sait ce qu’on attend de la maternelle, quelle idée on a de la petite enfance et, au-delà, si on sait ce que visent les études jusqu’à la fin du lycée. Or, non seulement on ne sait pas, en France, quelle est précisément la finalité des études, mais on ne sait pas non plus quelle forme doivent prendre les apprentissages des élèves. A quoi « sert » l’école ? Les élèves vont-ils à l’école pour acquérir des compétences ou pour apprendre des connaissances ? Ou pour autre chose ?

[...] La culture n’est pas disciplinaire
Eloignée des habitus de l’école qui veut du prescrit à mémoriser, de l’obligatoire, du disciplinaire, de l’évaluable, la culture non seulement n’est pas disciplinaire, mais donne liberté à chacun de sélectionner ce qu’il conserve ou oublie, selon une formule célèbre du président du Conseil Edouard Herriot : « La culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié. »

[...] Mais attention, cette notion de culture a aussi ses étiquetages, pas tous recommandables : elle est facilement socialement excluante, si on n’y prend pas garde, de celui ou celle qui n’est pas cultivé(e), précisément. Elle est aussi régulièrement dénaturée par toute une palette d’adjectifs dont on l’affuble : la veut-on « générale », « professionnelle », « littéraire », « scientifique et technique », « industrielle » ? La décrit-on « populaire » ? La décrie-t-on « bourgeoise » ? La rattache-t-on à un ministère, ou à des métiers spécifiques ?

Extrait de lemonde.fr du 27.04.21

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