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Il y a vingt ans, la première minute de silence contestée à l’école (Le Monde)

13 septembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Après les attentats du 11-Septembre, une minute de silence chahutée dans les écoles françaises
Trois jours après les attentats aux Etats-Unis, l’hommage aux victimes a fait l’objet de « perturbations », devenues depuis plus fréquentes et mieux observées par l’institution.

[...] Pour la première fois, des élèves discutent de l’opportunité d’une minute de silence. Pour la première fois aussi, les enseignants en histoire-géographie se retrouvent en première ligne, eux qui sont les mieux outillés pour replacer l’événement dans son contexte et remettre de la rationalité là où il n’y a que de l’émotion. « Depuis cette époque, ce sont les enseignants d’histoire-géo qui sont les plus sollicités pour répondre aux questions post-attentats », reconnaît Sandrine Gorez, devenue depuis référente laïcité dans son académie. Cette discipline était aussi celle de Samuel Paty, assassiné après avoir montré des caricatures de Mahomet en classe, le 16 octobre 2020.

« La minute de silence en mémoire des victimes du 11-Septembre fait entrer l’école dans un nouveau rituel, celui d’un deuil que l’on observe sur injonction de l’Etat immédiatement après des attentats, en hommage aux victimes », analyse Sébastien Ledoux. Ce rituel, imposé à des adolescents, fait peser une « attente considérable » sur l’institution scolaire, à laquelle on demande une « réponse magique » : qu’elle se mette à « former une nation homogène », unie dans le chagrin. Une mission « désormais impossible », selon cet historien. A partir de 2001, cette attente incitera à toutes les contestations, les remises en cause, mais aussi les provocations « pour le plaisir de dire non ».

Extrait de lemonde.fr du 10.09.21

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