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"La compréhension : où en est-on ?" Le compte rendu par ToutEduc de la rencontre OZP avec Sylvie Cèbe et Roland Goigoux

22 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

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Roland Goigoux dénonce une survalorisation du décodage dans l’apprentissage de la lecture (conférence OZP)

C’est “un assez mauvais calcul“ argumentait mercredi 20 octobre Roland Goigoux à propos de la survalorisation, lors de l’apprentissage de la lecture au cycle 2, du décodage au détriment des autres enseignements. Pour le chercheur et sa consoeur Sylvie Cèbe, invités de la 175ème rencontre de l’OZP consacrée à l’enseignement de la compréhension, “afin d’obtenir des résultats à court terme, on pénalise à moyen terme les enfants de milieux populaires“. La bonne compréhension d’un texte nécessite selon lui des compétences de décodage (identification des mots), linguistiques, référentielles, inférentielles (capacité à raisonner, à comprendre l’implicite) et des compétences stratégiques (régulation de sa propre activité de lecture).

Roland Goigoux explique qu’il est dangereux de ne pas enrichir les connaissances encyclopédiques, de ne pas accorder la priorité au lexique ou encore d’enseigner seulement ce qui est évalué. Il indique que toutes les évaluations montrent que c’est vers 10 ans que le manque de lexique, de connaissances encyclopédiques, etc.. se paie très cher, et que la compréhension n’est pas au rendez-vous. “Pour bon nombre d’enseignants, dit-il, les enfants déchiffrent bien mais ils ne comprennent rien."

Il définit les problèmes lexicaux, les problèmes de connaissance du monde ainsi que le manque de stratégie et de clarté cognitive (incompréhension sur ce qu’on leur demande de faire, confusion entre déduire et inventer, confusion lecture-compréhension et simple recherche) comme les principales sources de difficultés de compréhension des élèves de milieux populaires. Pour y faire face, les enseignants précisent le but de la lecture, expliquent quelques points, segmentent le texte, ou encore reformulent les idées essentielles... “Toutes ces aides sont pertinentes mais restent implicites, estime Roland Goigoux. Elles sont totalement invisibles pour les élèves." D’où l’idée d’aller vers un enseignement davantage explicite et structuré.

Cet enseignement, sujet de controverse, fait partie de l’outillage pour former les professeurs et ainsi améliorer les pratiques d’enseignement, avec l’ambition de réduire autant que faire se peut les inégalités sociales d’apprentissage. Roland Goigoux a d’ailleurs évoqué les résultats positifs, envers les élèves défavorisés, de l’étude “Narramus“ (du nom de la méthode d’initiation à la compréhension de textes en maternelle, ndlr) réalisée sur 500 élèves de 46 classes de grande section, et consacré l’idée d’intervenir sur la motivation des enseignants, leur savoir-faire technique et leurs outils.

L’enseignement explicite fait également partie des six principes didactiques et pédagogiques présentés par Sylvie Cèbe, maîtresse de conférences en Sciences de l’Éducation (Université Clermont-Ferrand). Celle-ci explique le consensus chez les chercheurs, enseignants et élèves autour de l’impact du vocabulaire sur la compréhension, d’où le principe de “donner plus et autrement à ceux qui ont moins.. de vocabulaire“. Il s’agit en outre d’accroitre le temps alloué à l’enseignement de la compréhension, d’enseigner les stratégies efficaces et les faire mobiliser dans de multiples situations, de stabiliser l’environnement didactique, les formats des séances, des activités et des tâches.

L’OZP organise le 27 novembre une journée spéciale : “40 ans d’éducation prioritaire, et après ?“

Extrait de touteduc.fr du 22.10.21

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