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Dans une tribune du Jdd contre la politique Blanquer, 2700 acteurs de l’éducation (et de la santé) s’interrogent sur l’efficacité des dédoublements

10 janvier Version imprimable de cet article Version imprimable

2700 acteurs de l’éducation dénoncent la politique Blanquer
"Jean-Michel Blanquer a effectivement fait évoluer notre système éducatif : il l’a profondément mis à mal, d’une part en aggravant les inégalités sociales, d’autre part en dégradant les conditions d’apprentissage et de travail de millions d’élèves et de milliers de personnels, ainsi qu’en ne sécurisant pas sanitairement les écoles, privilégiant une ouverture "quoi qu’il en coûte", afin d’éviter de mettre l’économie française "en carafe" (selon la formule du Premier ministre) avant d’opter pour une "École ouverte" plus socialement acceptable qu’une "garderie à ne pas fermer". L’École Blanquer est celle de la reproduction sociale, d’une forme de complaisance avec le privé au détriment de l’École publique". En réponse à une tribune LREM de soutien à JM Blanquer, 2700 personnes, des "stylos rouges", des médecins mais surtout de nombreux enseignants du 1er et du 2d degré signent une tribune qui accuse la politique menée depuis 2017. " Les demandes répétées de sécuriser classes, cantines et salles de sport, maillons faibles reconnus de l’école, n’ont jamais été entendues. Au contraire, malgré la dégradation de la situation sanitaire, le ministre a régulièrement allégé le protocole sanitaire, exposant sciemment les personnels, élèves et familles au virus...
La "priorité au primaire" se concentre depuis quatre ans sur les seuls dédoublements de classes en Éducation prioritaire. Mais certaines notes, dont celles de la DEPP, interrogent déjà sur l’efficacité de ces dédoublements : les effets positifs que devraient produire la baisse des effectifs ne sont toujours pas prouvés... . La réforme du lycée a, de son côté, renforcé les inégalités de genre et les inégalités sociales. Les chiffres de la DEPP sont édifiants... Le lycée Blanquer, c’est donc celui où les plus initiés du système scolaire font les choix d’établissements et d’options les plus à même de leur ouvrir les bonnes portes dans le supérieur."

Dans le JDD (texte intégral en ligne)

Extrait de cafepedagogique.net du 10.01.22

 

Voir aussi :

1.200 élus, personnalités et acteurs de l’éducation défendent le bilan de Macron sur l’école
Dans un manifeste, environ 1.200 membres de la communauté éducative et citoyens engagés pour l’école - dont certains sont membres ou investis auprès de LREM - appellent à la réélection d’Emmanuel Macron "pour que la révolution de l’éducation et de l’apprentissage se poursuive". Parmi les signataires, la députée européenne Ilana Cicurel, présidente du collectif citoyen ’Je m’engage pour l’école !’, le chanteur Mc Solaar, le producteur Dominique Besnehard ou encore Bruno Studer, président de la commission des Affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale.

[...] Depuis 2017, la France a renoué avec le volontarisme politique en matière d’éducation. Face à l’échec scolaire annoncé pour 2 enfants sur 10 ne maîtrisant pas la lecture, l’écriture et le calcul en fin de CM2, la décision de passer de 24 à 12 élèves dans les classes de grande section de maternelle, de CP et de CE1 des écoles situées en réseau d’éducation prioritaire, est historique.

Ce dédoublement a déjà changé la donne pour les 380.000 élèves qui en bénéficient chaque année comme en témoignent les premières évaluations. S’engager pour le long terme est un signe de courage politique. Face à la fatalité de l’inégalité des chances, l’âge d’instruction obligatoire a été abaissé à 3 ans, le dispositif ’devoirs faits’ s’applique à 770.000 collégiens, 307 internats d’excellence sont ouverts et 126 cités éducative ont été installées sur tout le territoire, 300.000 enfants de primaire bénéficient de petits déjeuners gratuits. S’engager pour la justice sociale est un signe de cohérence politique.
Extrait de lejdd.fr du 01.01.22

 

Contre la tribune du JDD : le bilan accablant du ministre Blanquer
Hier, le JDD a publié une tribune pour glorifier le bilan de J.-M. Blanquer et appeler à voter E. Macron. Pourtant, au même moment, le groupe d’enseignants « les stylos rouges » présentait un sondage où 99.62 % des sondés indiquaient ne pas apprécier le travail accompli par leur ministre. Blanquer, faux choyeur de l’Éducation Nationale ?

[...] 5) Parce qu’il applique une politique macroniste d’aggravation des inégalités et de privatisation de l’éducation

Si nous avons évoqué jusqu’alors sa pratique du pouvoir, il faut aussi évoquer le contenu de sa politique.

- « la décision de passer de 24 à 12 élèves dans les classes de grande section de maternelle, de CP et de CE1 des écoles situées en réseau d’éducation prioritaire, est historique » nous dit le JDD. D’abord, une erreur factuelle : tous les établissements REP n’ont pas des classes limitées à 24 élèves, loin de là, ce qui fait des groupes souvent supérieurs à 12 élèves. Surtout, le texte pêche par ce qu’il ne dit pas : la diminution de l’effectif des CP est opérée au prix d’un accroissement du nombre d’élèves dans les autres classes car le ministère n’a pas embauché plus de professeurs (au contraire). Le dispositif mis en place par le précédent gouvernement « plus de maîtres que de classes » a été supprimé dans le premier degré sans qu’un diagnostic de l’efficacité de la mesure n’ait pu être réalisé. Dans le second degré, 1800 postes ont été supprimés pour la seule rentrée 2021.

Peut-être cette mesure très médiatique est-elle un progrès pour les rares classes concernées : « ce dédoublement a déjà changé la donne pour les 380.000 élèves qui en bénéficient chaque année comme en témoignent les premières évaluations » affirment les auteurs de la tribune. Vous remarquerez qu’aucun chiffre n’est donné et que l’on ne renvoie vers aucune étude précise : aucune preuve de l’efficacité de la mesure ne nous est fournie. Les chiffres nous sont donnés pour l’avant mais pas pour l’après, ce qui empêche de mesurer l’évolution permise par cette politique. Quand bien même nous accepterions l’idée que ça aurait été efficace pour les classes concernées, cela s’accompagne d’une régression pour toutes les autres car cette mesure se fait à moyens égaux voire inférieurs. Par un jeu de vases communicants, il a donc fallu accroître les effectifs ailleurs.

Extrait de blogs.mediapart.fr/leucha/ du 02.01.22)

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