> INEGALITES : Mixité sociale, Pauvreté, Ethnicité… > INEGALITES SOCIALES (Types de document) > Inégalités sociales (Rapports officiels) > La mobilité des revenus d’une génération à l’autre varie selon notamment le (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

La mobilité des revenus d’une génération à l’autre varie selon notamment le niveau d’aisance financière et de diplôme des parents. Elle est très contrastée chez les enfants d’immigrés (Insee)

19 mai

INSEE ANALYSES
No 73, Paru le : 18/05/2022
Une nouvelle mesure de la mobilité intergénérationnelle des revenus en France
Hicham Abbas, Michaël Sicsic (Insee)

La mobilité intergénérationnelle des revenus, qui constitue un indicateur de la capacité d’une société à assurer une égalité des chances, est pour la première fois mesurée en reliant directement les revenus des parents à ceux de leurs enfants de 28 ans. Les enfants de familles aisées ont trois fois plus de chances d’être parmi les 20 % les plus aisés que ceux issus de familles modestes : les inégalités se reproduisent donc en partie d’une génération à l’autre. Cependant, pour un même niveau de revenu des parents, les revenus des enfants varient fortement. En 2018, parmi les jeunes issus des familles les 20 % les plus modestes, 12 % sont parmi les 20 % les plus aisés de leur classe d’âge.

Toutes choses égales par ailleurs, la mobilité ascendante est d’autant plus forte que les parents ont des revenus du capital élevés, sont diplômés du supérieur, sont immigrés, ont été mobiles géographiquement, ou que les enfants résident en Île-de-France à leur majorité. À l’inverse, être une femme, avoir vécu dans une famille monoparentale, avoir des parents ouvriers ou employés, ou vivre dans les Hauts-de-France à sa majorité sont des facteurs qui réduisent les chances de s’élever dans l’échelle des revenus.

Sommaire
Pour la première fois, une approche de la mobilité intergénérationnelle par les revenus
Les inégalités se reproduisent en partie d’une génération à l’autre
Les revenus des enfants à 28 ans ne dépendent pas seulement des revenus de leurs parents
Une mobilité ascendante réelle, mais un plafond collant
Grimper dans l’échelle des revenus par rapport à ses parents est plus aisé pour un homme ou quand on n’a pas vécu dans une famille monoparentale
Des revenus du patrimoine élevés des parents favorisent la mobilité ascendante
Gravir l’échelle des revenus est plus fréquent en Île-de-France et l’est moins dans les Hauts-de-France
Des mobilités très contrastées pour les enfants d’immigrés
Le niveau de diplôme des parents influe davantage sur la mobilité ascendante que leur catégorie socioprofessionnelle
Environ 30 % de la variation de rang des jeunes adultes serait liée au milieu familial
Pour la première fois, une approche de la mobilité intergénérationnelle par les revenus
La mobilité intergénérationnelle des personnes dans l’échelle des revenus favorise l’inclusion sociale, stimule l’innovation et nous rapproche d’une société où chacun a les mêmes chances de prospérer. Pourtant, si l’objectif de diminuer la reproduction des inégalités entre générations apparaît souhaitable, des divergences existent sur le diagnostic en France [Dherbécourt, 2020]. La mobilité intergénérationnelle en matière de revenu est un sujet peu documenté en France, à l’inverse de la mobilité sociale en matière de catégorie socioprofessionnelle. En effet, jusqu’il y a peu, aucune source statistique ne permettait de lier directement les revenus des parents à ceux de leurs enfants, contrairement aux États‑Unis ou aux pays scandinaves où cet appariement est possible depuis plus longtemps et sur une plus longue période.

L’enrichissement récent de l’Échantillon démographique permanent par des données fiscales [Robert‑Bobée, Gualbert, 2021] permet pour la première fois de comparer directement le revenu individuel d’un jeune adulte aux revenus de ses parents au moment où celui-ci vivait encore dans leur foyer fiscal (sources). Les revenus des parents et les revenus des enfants n’étant pas mesurés au même âge, la position relative des parents dans l’échelle des revenus en 2010 est comparée à celle de leur enfant, âgé de 28 ans environ en 2018, au sein de sa génération.

Les inégalités se reproduisent en partie d’une génération à l’autre
Mieux les parents sont classés dans l’échelle des revenus, mieux le sont également en moyenne leurs enfants par rapport aux jeunes adultes de leur génération (figure 1) : il y a donc une persistance des niveaux de revenu entre générations et les inégalités se reproduisent en partie. La corrélation entre le rang des jeunes adultes de 28 ans et celui de leurs parents est de 0,24 en 2018 (méthodes). Cela correspond au fait qu’un enfant dont les parents sont classés tout en haut de la distribution est en moyenne classé entre 2 et 3 déciles plus haut qu’un enfant dont les parents sont situés en bas de la distribution. Plus la corrélation est élevée, plus la persistance du positionnement dans l’échelle des revenus entre générations est forte. La mobilité dans l’échelle des revenus serait donc plus élevée en France qu’aux États-Unis, où la corrélation est supérieure à 0,30 à partir de 28 ans [Chetty et al., 2014], mais serait plus faible que dans les pays nordiques, où la corrélation est inférieure. [...]

Extrait de insee.fr du 18.05.22

 

La richesse, héritage et diplômes...
"Les enfants de familles aisées ont trois fois plus de chances d’être parmi les 20 % les plus aisés que ceux issus de familles modestes", affirme l’Insee avec la publication d’une enquête mesurant la mobilité intergénérationnelle. " Les inégalités se reproduisent donc en partie d’une génération à l’autre. Cependant, pour un même niveau de revenu des parents, les revenus des enfants varient fortement. En 2018, parmi les jeunes issus des familles les 20 % les plus modestes, 12 % sont parmi les 20 % les plus aisés de leur classe d’âge. Toutes choses égales par ailleurs, la mobilité ascendante est d’autant plus forte que les parents ont des revenus du capital élevés, sont diplômés du supérieur, sont immigrés, ont été mobiles géographiquement, ou que les enfants résident en Île-de-France à leur majorité". Le role du diplôme reste important. "La mobilité varie beaucoup selon le diplôme du parent ayant le plus haut revenu : la mobilité ascendante est de 17 % pour les enfants de diplômés de l’enseignement supérieur et les titulaires du baccalauréat, contre 11 % pour ceux de parents titulaires de diplômes inférieurs au baccalauréat et 10 % pour ceux de parents non diplômés. La mobilité ascendante est encore plus élevée pour les enfants d’immigrés diplômés : elle est de 20 %, contre 9 % pour les immigrés non ou peu diplômés. Toutes choses égales par ailleurs, les enfants de parents diplômés du baccalauréat ou du supérieur ont significativement plus de chances de faire une mobilité ascendante élargie (1,3 à 1,4 fois)."

Extrait de cafepedagogique.net du 19.05.22

Répondre à cet article