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"L’emploi des anciens apprentis au-delà de l’insertion, Apports des enquêtes Emploi", in Education et Formations (DEPP), n° 104, [avec des données sur les élèves issus de l’immigration] (analyse ToutEduc)

29 août

"L’emploi des anciens apprentis au-delà de l’insertion, Apports des enquêtes Emploi" de Pascale Poulet-Coulibando, revue Education et Formations (DEPP), n° 104

L’insertion des apprentis en questions (DEPP)
Paru dans Scolaire, Orientation le dimanche 28 août 2022.
"Une formation professionnelle par l’apprentissage, relativement à la voie scolaire, augmente la probabilité d’occuper un emploi, des diplômés du second cycle jusqu’à la trentaine, mais a peu d’impact, voire un léger effet défavorable, sur celle des plus âgés", calcule la DEPP. Pascale Poulet-Coulibando publie une étude dans le dernier numéro de la revue du service statistique de l’Education nationale, sur "l’emploi des anciens apprentis au-delà de l’insertion" qui montre que "les taux d’emploi des anciens apprentis diplômés du second degré les placent en position plus favorable, par rapport aux autres niveaux de diplômes, autour de 30 ans que de 50 ans".

L’autrice montre notamment que "la voie de l’apprentissage a un effet majorant sur le salaire des jeunes bacheliers", mais qu’elle a "un effet réducteur, à partir de la quarantaine, sur celui des CAP et assimilés". Or ce constat "pose question" alors que l’apprentissage est apprécié pour ses effets sur l’économie. "Les bénéfices que les individus retirent de la voie de l’apprentissage sont-ils réellement significatifs (...) ? Qu’en est-il de leur salaire ? Est-ce que cette différence d’employabilité entre âges ne serait pas en réalité une différence entre générations ? Est-ce particulier au milieu des années 2010 ou plus durable ?". Et pour elle, la conclusion est claire, "avoir préparé un diplôme du second cycle par la voie de l’apprentissage plutôt que par la voie scolaire accroît significativement la probabilité d’occuper un emploi autour de 30 ans, mais n’a pas d’effet significatif autour de 40 ni de 50 ans, que ce soit un CAP, BEP ou équivalent ou un baccalauréat professionnel."

Elle cite notamment Cahuc et Hervelin pour qui "les employeurs recherchant des professionnels diplômés répondent aussi favorablement aux jeunes chômeurs formés par la voie de l’apprentissage qu’à ceux formés par la voie scolaire". Elle montre qu’ "un CAP, BEP ou diplôme équivalent préparé par apprentissage en entreprise ne confère ni autour de vingt ans, ni de 30, ni de 40 ans, de salaire à temps plein significativement plus élevé qu’un diplôme de même niveau obtenu par la voie scolaire". "Vers 50 ans, les anciens apprentis diplômés des CAP, BEP et équivalents perçoivent des salaires inférieurs à ceux des anciens scolaires."

Elle souligne d’ailleurs l’importance de la variable "issu de l’immigration" en ce qui concerne l’avantage qu’ont les jeunes diplômés anciens apprentis sur leurs homologues scolaires : "Autour de 30 ans, être enfant d’immigrant a un effet réducteur sur le taux d’emploi d’environ 10 points. Or, immigrants et enfants d’immigrants sont près de deux fois plus présents parmi les diplômés du second cycle professionnel formés par la voie scolaire que par apprentissage en entreprise, qu’ils soient hommes ou femmes. Les différences de taux d’emploi entre voies de formation sont donc plus ténues en séparant les diplômés d’origine étrangère et française (...)."

L’autrice note cependant que la "métamorphose de l’apprentissage" avec la loi Seguin de 1987 "qui a permis son développement au-delà du CAP, et (qui a été) confortée par sa promotion croissante par les politiques publiques" pourrait faire évoluer ces résultats. Le "surcroît d’employabilité", vers 30 ans, des anciens apprentis titulaires d’un CAP ou d’un BEP serait "plus net" dans les générations formées après cette "métamorphose" de l’apprentissage qu’avant : "Les forts avantages sur les scolaires des générations formées récemment par apprentissage en entreprise pourraient subsister plus longtemps que ceux de leurs aînés."

A noter que l’étude porte uniquement sur les anciens élèves et apprentis ayant obtenu un diplôme, et ne prend pas en compte les difficultés pour obtenir un contrat d’apprentissage, ni les ruptures de contrat, pas plus que les orientations et affectations par défaut dans la voie scolaire.

L’étude, "L’emploi des anciens apprentis au-delà de l’insertion, Apports des enquêtes Emploi" de Pascale Poulet-Coulibando, revue Education et Formations (DEPP), n° 104, ici

Extrait de touteduc.fr du 28.08.22

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