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La FCPE prône le développement de la gratuité et le retour à la co-éducation (Le Café, ToutEduc)

12 septembre

La FCPE veut revenir à la co-éducation
« L’école a besoin de relations humaines ». Le 9 septembre, la première association de parents d’élèves, la FCPE, est allée plus loin que le point habituel sur la rentrée. La FCPE lance une campagne pour la co-éducation. Rien de révolutionnaire : les parents veulent juste revenir aux relations qu’ils entretenaient avec l’Ecole avant que la crise sanitaire vienne interdire les relations humaines sans pour autant que le numérique puisse réellement les remplacer.

Une rentrée de crise

« Notre école a besoin d’un plan d’investissement à grande échelle ». Cette année plus que les autres, le sous investissement dans l’éducation est palpable avec le manque aigu de personnels. Manque d’enseignants bien sur mais aussi d’AESH, de chauffeurs des cars scolaires etc. Là-dessus la FCPE donne des exemples saisissants comme les 123 démissions d’AESH cet été en Ille et Vilaine. Coté enseignants, « la promesse d’un enseignant devant chaque classe ce n’est pas ce qui a été constaté sur le terrain », dit Carla Dugault, co-présidente, avec Nageate Belhacen, de l’association. « Le ministère doit prendre la mesure de la situation sur la pénurie d’enseignants », affirme celle-ci. « Les parents sont inquiets pour toute l’année scolaire et le manque d’enseignants remplaçants ». La FCPE montre que la crise est structurelle : l’année dernière 80 690 heures de cours ont été signalées perdues pour non-remplacements. Elle cite encore les 1500 élèves de 5ème disparus des radars à cette rentrée dans le Rhône. Ou les 19 élèves non affectés au collège E Galois de Noisy-le-Grand.

Pour la co-éducation

Mais la FCPE lance une autre campagne qu’elle estime plus fondamentale pour l’Ecole. « Permettez aux parents de revenir à l’Ecole », demande Eric Labastie, secrétaire général de la FCPE. « Nous avons besoin de l’ensemble de la communauté éducative pour accompagner nos enfants à l’école », explique Carla Dugault. « Or après la pandémie, les portes des établissements scolaire se sont fermées aux parents d’élève. Il faut absolument une reprise du dialogue… Les parents n’échangent plus avec l’école que par les espaces numériques de travail. De ce fait plein de parents sont mis de coté ».

La FCPE veut a minima retrouver le niveau d’échanges d’avant la crise sanitaire et même si possible d’avant la crise sécuritaire. La FCPE a écrit à tous les établissements pour leur demander d’afficher des éléments sur la co-éducation. « On veut un service public d’éducation qui soit dans le respect mutuel de ses différents acteurs pour que nos enfants retrouvent une plus grande sérénité », explique Eric Labastie. Il souligne que les débats locaux voulus par le gouvernement nécessitent des acteurs locaux.

Ils pourraient être l’occasion de mettre en avant des demandes anciennes de la FCPE comme les horaires des conseils de classe ou encore la gratuité des fournitures scolaires. « On accueille avec joie la proposition du ministre de la Ville. On a 20 d’expérience de bourses de fournitures scolaires. La gratuité ne doit plus être une chimère ».

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 12.09.22

 

Les discours ne suffiront pas à lever les inquiétudes des parents (FCPE)

C’est une rentrée qui se joue à la fois sur les volets économique et humain, estime la FCPE à l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, ce vendredi 9 septembre. Elle souhaite "davantage dire et exiger que l’argent public aille au public“, comme l’affirme la co-présidente de la FCPE Carla Dugault qui voudrait que l’intégralité des fonds d’investissement liés à l’innovation pédagogique annoncés par Emmanuel Macron (500 M€) “soient donnés uniquement à l’école publique“, celle du choix de son avenir, de l’émancipation, de la coopération pour construire les citoyens de demain face à l’école de la compétition.

Il est ensuite question de l’importance de la gratuité (pour les repas, les transports, les fournitures) avec de plus en plus de familles dans la précarité (entre 3 et 5 millions comptabilisées). Si des initiatives locales sont saluées, “nous aimerions un réinvestissement de l’Etat pour qu’il y ait une politique nationale sur ces questions-là“, explique Eric Labastie, le secrétaire général de la fédération. Il se désole que n’ait pas été retenue leur proposition d’augmenter davantage le montant de l’ARS et d’élargir le panel de ressources nécessaires à son obtention. Il s’émeut également des 1,2 million d’enfants (10 % des élèves) qui ne mangeraient pas à midi : “la difficulté c’est que les familles ne le crient pas, il y a une grande difficulté à les repérer."

Un “investissement massif“ est donc demandé par la FCPE, notamment au sujet de tous les personnels encadrants de l’EN en raison de la pénurie dont les multiples cas remontés du terrain (Mayotte, Sarcelles, Landes, Bussy etc..) attestent l’importance depuis la rentrée du 1er septembre dernier.

Seulement, “mettre des pansements ça ne suffit plus“, considère Nageate Belahcen, co-présidente de la fédération de parents d’élèves. Elle estime que “cela aura des incidences dans les années à venir, (..) le ministère doit prendre la mesure de ce qui se passe (..), le souci est beaucoup plus profond que de dire on va mettre des contractuels“. Et d’ajouter : “il ne suffit pas de faire de la com’ et du média pour rassurer les parents."

Sont d’ailleurs aussi évoqués le manque de 8 000 chauffeurs de transports scolaires, même si certaines régions auraient fait appel à des sociétés privées, ou encore celui des AESH, “un problème récurrent, sur le terrain on le voit bien, l’inclusion ce n’est pas pour aujourd’hui“, ajoute-t-elle.

L’autre versant de cette rentrée est la volonté très forte de “co-éducation“ pour la FCPE, qui aimerait réinscrire les parents et aussi les élèves dans les échanges au sein des établissements scolaires, alors que les liens “sont parfois compliqués“, qu’ils se sont distendus depuis la crise sanitaire, par exemple en raison du numérique et l’expansion des visios.

L’objectif, indique Eric Labastie “c’est que tous les acteurs soient entendus et respectés de la même façon“. La fédération fait en effet état d’une diminution du dialogue entre les DASEN et les représentants de parents d’élèves, parents qui eux-mêmes ont parfois besoin de réponses auprès des équipes éducatives, pas toujours assez nombreuses. “C’est le système qui crée une tension, analyse ainsi Carla Duguault, pour qui “on a besoin d’embarquer l’ensemble de la communauté éducative“ pour avoir une incidence sur le climat scolaire. Pap Ndiaye a d’ailleurs évoqué l’idée de “redonner confiance“ en l’école, un ministre dont les premiers échanges ont plu au secrétaire général de la FCPE : “on était derrière la porte, maintenant on a une porte ouverte."

Concernant le Conseil national de la refondation (CNR) en revanche, pour la fédération de parents d’élèves, qui a été contactée, “s’il ne fait pas adhérer l’ensemble de la communauté éducative sur ses actions cela ne fonctionnera pas“, commente Carla Duguault qui veut “co-construire“ mais surtout "que les engagements soient écrits“.

A noter que la FCPE tiendra son congrès annuel les 24 et 25 septembre à Paris avec pour thématique l’égalité des droits.

Extrait de touteduc.fr du

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