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"Les pédagogies actives en héritage, pour éduquer aujourd’hui", par Dominique Grootaers et Francis Tilman, Chronique sociale, 2022 [avec une comparaison pédagogies "actives"/"explicites"] (présentation ToutEduc)

24 novembre

D’où viennent et que veulent les pédagogies actives ? (ouvrage)

En 1921, à Calais, est créée la "Ligue internationale pour l’Education nouvelle", ou LIEN, mais qui sont et d’où viennent ses diverses composantes ? A quel projet répondent alors les "pédagogies actives" ? Comment ses membres ont-ils évolué ? C’est une histoire très documentée de ces mouvements que proposent Dominque Grootaers (U. catholique de Louvain) et Francis Tilman (formateur) avec "Les pédagogies actives en héritage".

Le congrès de Calais avait publié des "principes de ralliement". Le premier définit "le but essentiel de toute éducation" comme la volonté "de préparer l’enfant à vouloir réaliser dans sa vie la suprématie de l’esprit", une formule "suffisamment générale pour que chaque participant puisse (...) y souscrire", mais qui ne recueillerait pas aujourd’hui les mêmes adhésions...

Les auteurs évoquent les précurseurs, l’anglais Cecil Reddie, qui avait créé l’Abbotsholme School, Edmond Demolins et Georges Bertier, fondateurs de l’Ecole des roches, Paul Geheeb qui s’inspire de Rousseau pour créer l’Odenwaldschule dans un pays qui compte une vingtaine d’écoles nouvelles en 1914, Alexander Neill et sa Summerhill School et les communautés scolaires de Hambourg. Ils dressent les portraits des pionniers, Maria Montessori, Octave Decroly et Edouard Claparède, rejoints par Freinet, Steiner, Petersen. Ils détaillent l’action et les apports scientifiques d’Henri Wallon et de Jean Piaget...

Ils ne cachent pas les "divergences et les variations" qui apparaissent au fil des ans. Pour ne prendre que quelques exemples, que faire "avec des enfants en retrait, qui ne se mettent pas spontanément à l’ouvrage dans les activités d’apprentissage" ? Certains, comme Neill, leur laissent "la liberté de ne pas vouloir apprendre" quand d’autres, tels Montessori ou Steiner, cherchent à les motiver, "s’il le faut par la séduction". Tous n’ont pas la même conception du jeu, pour Cousinet, il est spontané, pour Decroly ou Petersen, il est éducatif, pour Montessori, il est conçu par l’enseignant et présenté comme ludique, Wallon, Decroly, Montessori insistent sur l’importance du jeu d’imitation, pour Freinet, c’est le travail lui-même qui est "vécu comme un plaisir"... Doit-on considérer que la nature de l’enfant est universelle, ou à l’inverse qu’ils n’ont pas tous les mêmes dons, à moins qu’il faille composer avec des intelligences multiples ?

Au total, les auteurs dressent "un bilan de demi-teinte" de 100 ans d’éducation nouvelle, et de la confrontation des pédagogies actives aux "pédagogies explicites". Mais lorsque des chercheurs prétendent apporter la preuve "de l’efficacité supérieure de la pédagogie explicite", leur argumentation semble "boiteuse scientifiquement", elle compare "une démarche circonscrite et standardisée" à "un ensemble de démarches (...) englobant à la fois la résolution de problèmes, le projet, l’enquête, l’expérimentation, etc.", la première se concentre sur quelques compétences de base, la seconde sur des apprentissages portant sur le développement cognitif, la mobilisation de compétences dans un autre contexte, l’esprit critique, l’initiative, la créativité, l’activité solidaire, l’exercice de la démocratie...

"Les pédagogies actives en héritage, pour éduquer aujourd’hui", Dominique Grootaers et Francis Tilman, Chronique sociale, 328 pages, 23,90€

Extrait de touteduc.fr du 22.11.22

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