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Enfance et Droits de l’enfant : - le plan gouvernemental présenté par Elisabeth Borne - Les rapports de l’Unicef France et de l’Unesco - La position de la Ldh (le Café,ToutEduc)

22 novembre

Le programme gouvernemental pour l’enfance va mobiliser l’Éducation nationale
« L’enfance est une priorité du quinquennat », déclare E Borne. Le 21 novembre, elle a réuni un « conseil des ministres des enfants » suivi d’un comité interministériel à l’enfance qui réunissait 12 ministres et secrétaires d’État, dont S El Haïry, mais pas P. Ndiaye. Pourtant, le programme engage nettement l’Éducation nationale, particulièrement sur l’axe « égalité des chances » mais aussi sur les axes « lutte contre les violences » et « bien-être santé ». Le dossier gouvernemental recoupe les récentes déclarations de P Ndiaye. Des mesures devraient suivre.

« Notre objectif est clair », dit E Borne, « que chaque enfant ait les mêmes chances où qu’il naisse ». Sur cet axe « égalité des chances », Matignon annonce un « acte 2 » de l’école inclusive. Il doit intervenir d’ici à 2023. Pour autant, son contenu est flou. Il s’agit de mieux assurer l’insertion des enfants handicapés. Mais P Ndiaye a déclaré vouloir remettre en cause le « tout AESH ». Le ministère veut rompre avec ‘l’augmentation du nombre des AESH. Pour le moment, il ne précise pas par quelle politique assurer l’inclusion. Une autre dimension, c’est le renforcement de la mixité sociale à l’école dont l’objectif est là aussi la rentrée 2023. Là aussi, le ministre s’exprime fréquemment. Mais rien de concret n’a été mis en avant jusqu’à maintenant. Le programme veut aussi « favoriser l’intégration du jeune enfant à l’école maternelle » et « la transition entre l’école primaire et le collège ». P Ndiaye pourrait intervenir très prochainement sur ce dernier point. Il a promis des groupes réduits en maths en 6ème.

Sur l’axe « bien être », l’Éducation nationale doit intervenir, selon Matignon, pour offrir à tous l’éducation à la sexualité. Là aussi, P Ndiaye s’est longuement exprimé. Le gouvernement mise prudemment sur une mise en place d’ici à 2027.

Toutes ces politiques nécessitent « pas de moyens, mais une remobilisation de l’Éducation nationale » nous a-t-on dit à Matignon. Ainsi, sur l’enjeu de la scolarisation, alors que près de 100 000 enfants ne sont pas scolarisés en France selon des associations, le gouvernement mise sur « le dialogue avec les communes » et le contact avec les familles. Pourtant, une réelle scolarisation aurait un impact budgétaire. Il faut peut-être comprendre aussi que « l’acte 2 » de l’école inclusive veut justement rompre avec la progression des dépenses.

On notera une absence importante dans ce programme. Alors que l’OCDE met l’accent sur le lien entre les programmes petite enfance et les programmes pré-scolaires, la France scolarise massivement à 3 ans, mais a laissé tomber la scolarisation à 2 ans. Cette situation qui aggrave les inégalités sociales n’est pas clairement prise en charge dans le programme gouvernemental.

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 22.11.22

 

Les États membres de l’Unesco en faveur de la petite enfance

Lors de la Conférence de l’UNESCO sur l’éducation et la protection de la petite enfance qui s’est tenue à Tachkent, en Ouzbékistan, du 14 au 16 novembre 2022, les 147 pays se sont engagés à consacrer à l’enseignement préprimaire au moins 10 % des dépenses totales allouées à l’éducation, annonce l’organisation internationale. Ils se sont aussi engagés à veiller à ce que les salaires et les conditions de travail du personnel préscolaire soient au moins équivalents à ceux des enseignants du primaire. Ils ont réaffirmé leur engagement à garantir au moins une année d’enseignement préprimaire gratuite. Un rapport de l’UNESCO préparé pour la conférence (en anglais) a montré qu’à l’échelle mondiale, la participation à l’enseignement préprimaire a considérablement augmenté au cours des dix dernières années, passant de 46 % en 2010 à 61 % en 2020. Toutefois, le taux de participation est d’à peine 20 % dans les pays à faible revenu, alors que le budget alloué à l’enseignement préprimaire dans ces pays représente 2 % du budget total de l’enseignement. Aujourd’hui, 1 enfant de moins de 5 ans sur 4 n’a jamais bénéficié d’aucune forme d’éducation pré-primaire, soit 33 millions d’enfants sur 134 millions.

Le rapport

Extrait de cafepedagogiqe.net du 21.11.22

 

La LDH veut un renforcement des droits des enfants

La convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) est réellement le texte fondateur des droits de l’enfant à l’échelle mondiale…La CIDE, qui reste encore trop méconnue, doit s’appliquer de la même façon à tous les enfants présents sur le sol français, quels que soient leur couleur, leur sexe, leur religion, leur origine ethnique ou sociale », écrit la Ligue des droits de l’Homme. « Si au cours des années, les pouvoirs publics ont su intégrer la CIDE dans le droit français, des progrès restent à faire pour que les enfants et la jeunesse dans son ensemble soient réellement une priorité nationale. ». Cela concerne notamment l’Ecole. « L’école est, de plus en plus, une école du tri à travers des mécanismes comme l’orientation de fin de 3e, la réforme du lycée, Parcours Sup, l’orientation vers les filières d’excellence », écrit la Ligue. « De plus, l’école publique est de plus en plus soumise à une idéologie néo-libérale, qui inscrit les élèves dans une logique de la concurrence : fournir des efforts et aller le plus loin possible, non pas avec les autres, mais contre les autres. La ségrégation sociale entre quartiers et établissements s’en trouve confortée et on assiste à une forme de renoncement, plus ou moins implicite, à la démocratisation scolaire. »

Extrait de cafepedaogique.net du 21.11.22

 

“Le taux de pauvreté des enfants a augmenté de 17,3 % en 2008 à 21 % en 2018“ (UNICEF)
Paru dans Petite enfance, Scolaire, Périscolaire le lundi 21 novembre 2022.
“Le contexte actuel d’accumulation des crises a de lourdes répercussions sur les enfants et les adolescents, en France et dans le monde“, estime la présidente de l’UNICEF France, alors que l’organisation des Nations Unies publiait dimanche 20 novembre un rapport consacré aux droits de l’enfant en France.

“Les enfants les plus vulnérables, qu’ils soient en situation de grande pauvreté, de handicap, victimes de violences, confiés à des institutions, enfermés ou détenus, ou en situation de migration, peinent à voir leurs droits les plus élémentaires garantis.“ Et si la France a accompli “des progrès en ce qui concerne la situation des droits des enfants, à travers l’amélioration de son cadre législatif“, puisque notamment l’Assemblée nationale s’est récemment dotée d’une délégation aux droits des enfants, l’UNICEF France estime que “les politiques publiques existantes en matière d’enfance sont nombreuses mais très éparses, ce qui nuit à leur lisibilité, à leur efficacité et à leur visibilité“.

Est révélé qu’1 enfant est tué tous les 5 jours par l’un de ses parents. De plus, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année, et 45 % des Français suspectent au moins un cas de maltraitance dans leur environnement immédiat, familles, voisins, collègues, amis proches. Le nombre de signalements et celui des enfants confiés s’accroissent – notamment depuis le confinement. Les appels au 119 ont ainsi augmenté de 56 % entre mars et mai 2020.

D’ailleurs, les conséquences de la crise du Covid-19 se font sentir sur l’état de la santé mentale des enfants et des jeunes en général, et en particulier des filles et des enfants vivant dans des milieux précaires. Ce sont ainsi 1/3 des enfants de 6 à 18 ans qui déclarent souffrir de troubles psychologiques, tandis qu’1 jeune sur 4 déclare se sentir souvent déprimé. Entre 200 000 et 400 000 enfants auraient selon les estimations besoin de soins en santé mentale. Les passages aux urgences pour geste suicidaire ont augmenté de 52 % chez les 11-14 ans, et de 35 % chez les enfants âgés de 11 à 17 ans par rapport à la période pré-pandémique.

Concernant le droit à l’éducation, l’Unicef s’alarme de la situation en Guyane, où le taux de scolarisation des enfants de 6 à 13 ans n’est que de 92,6 % alors qu’il oscille pour l’ensemble du pays de 97 % à 3 ans et 100% à 6 ans.

En outre, les enfants vivant en bidonville ou en situation de mal logement, ainsi que les mineurs non accompagnés (MNA) souffrent d’un accès plus difficile à l’école. Le rapport indique d’ailleurs que “les enfants en situation de migration correspondent à l’un des publics les vulnérables sur le territoire français“ et que la situation des Mineurs non accompagnés (MNA) s’est dégradée depuis 2016 “en raison de l’impact des dernières évolutions législatives et réglementaires“. Sont comptabilisés au moins 33 786 enfants qui ont été placés en rétention (dont 1 460 en métropole et l’immense majorité à Mayotte) depuis 2012.

En septembre 2022, ce sont plus de 42 000 enfants qui étaient sans-domicile, tandis que plus d’1 enfant sur 5 vit dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Le taux de pauvreté des enfants a augmenté de 17,3 % en 2008 à 21 % en 2018, et celle-ci est “particulièrement aiguë en Outre-mer“ avec 8 enfants pauvres sur 10 à Mayotte, 6 sur 10 en Guyane et dans certains départements tels que la Seine-Saint-Denis ou le Nord.

“Confrontée à une crise majeure se traduisant par un rétrécissement de ses activités sanitaires et une couverture insuffisante des besoins“ depuis une vingtaine d’années, les difficultés de la protection maternelle et infantile (PMI) sont également pointées du droit, avec par exemple 270 ETP de médecins qui ont été perdus entre 2016 et 2019, “soit une baisse annuelle moyenne de près de 5 %“. De même, “l’Assurance maladie ne finance la PMI que de manière marginale (35 M€) alors qu’il s’agit d’une politique sanitaire préventive particulièrement efficiente. Le nombre de consultations infantiles à la PMI a baissé de 4,5 % en moyenne chaque année entre 2016 et 2019. Faute de moyens, les équipes de PMI se concentrent sur la période périnatale et les deux premières années de la vie de l’enfant.“

Le rapport ici (PDF)

Extrait de touteduc.fr du 21.11.22

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