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La scolarisation des moins de trois ans dans un quartier prioritaire d’Amiens (Radio-France, 4 sept. 2023, 4 mn)

6 septembre 2023

La scolarisation des moins de 3 ans dans un quartier prioritaire d’Amiens

En juin dernier, lors d’un déplacement à Marseille, Emmanuel Macron a souhaité l’accueil des enfants dès 2 ans en maternelle dans les zones d’éducation prioritaire, d’ici à 2027. L’objectif est de réduire les inégalités sociales et scolaires. Reportage dans le quartier d’Amiens Nord.
En fin de semaine dernière, un habitant du quartier d’Amiens Nord, classé quartier prioritaire de la ville, a tenu à montrer à son fils de trois ans, son école, là où il fera sa toute première rentrée. Fabrice aurait voulu qu’il y rentre un an plus tôt mais l’école n’avait pas de place pour lui. "Sa grande sœur a pu rentrer à ses deux ans. Elle a très vite appris à s’intégrer et à parler. Je vois la différence avec mon petit garçon qui est resté à la maison et qui parle moins bien que sa sœur au même âge.", explique-t-il.

Intégration, socialisation, apprentissage de la parole
L’école Schweitzer d’Amiens nord possède une classe spécifique pour les enfants de deux ans depuis 5 ans.L’école Schweitzer d’Amiens nord possède une classe spécifique pour les enfants de deux ans depuis 5 ans. © Radio France - Lise Verbeke
La scolarisation précoce a clairement des avantages, selon Hervé Lefevre, du syndicat FSU-SNUIIP, et directeur de l’école maternelle Albert Schweitzer à Amiens Nord. Il justifie : "Surtout dans notre quartier socialement défavorisé, nous avons constaté que lorsque les enfants de moins de deux ans sont scolarisés, l’intégration, la socialisation, l’apprentissage de la parole, l’accès aux livres, sont plus faciles pour eux". Son école possède une classe spécialement pour les deux ans, depuis cinq ans. Mais cela demande des aménagements spécifiques, comme des jouets en mousse, des tapis, etc., "tout cela financé par la mairie d’Amiens". Cette année, il a 15 inscrits d’enfants de moins de 3 ans, là où l’idéal, selon lui, serait des classes de 12 maximum. Et il a une liste d’attente qui s’allonge, il doit refuser des enfants, faute de place disponible, notamment dans le dortoir ’qui est au taquet de ses possibilités’ ".

A l’école Michel Ange d’Amiens nord, 11 enfants de 2 ans passeront l’année dans cette classe avec une dizaine d’enfants de 3 ans. A l’école Michel Ange d’Amiens nord, 11 enfants de 2 ans passeront l’année dans cette classe avec une dizaine d’enfants de 3 ans. © Radio France - Lise Verbeke
Sur les 12 écoles maternelles que compte le quartier prioritaire de la ville d’Amiens Nord, 3 ont ce dispositif pour les tout petits. Pour les autres, comme l’école Michel Ange, dirigée par Séverine Boquet, l’accueil se fait en fonction du nombre d’enfants de trois ans, qui sont eux prioritaires, depuis que la loi de 2019 a rendu obligatoire l’école dès trois ans. "Les tout petits sont une variable d’ajustement, détaille-t-elle. L’année dernière, nous n’avions pas de place, cette année, il y a moins de trois ans, donc nous allons pouvoir accueillir 11 enfants de deux ans". Ces enfants vont passer l’année dans la même classe que les petites sections (3-4 ans), avec des conséquences sur le travail de l’enseignante. "La scolarité des tout petits est plus difficile à gérer, surtout dans notre quartier, ils ont besoin d’être dans un cocon, et sont beaucoup moins autonomes, sans ATSEM, une personne employée par la mairie, qui les change, les fait boire, les emmène aux toilettes etc, c’est impossible".
L’accueil des enfants de moins de 3 ans en REP+ est l’une des priorités de la rentrée, assure le recteur de l’académie d’Amiens, Pierre Moya, qui doit prochainement faire un point avec la mairie sur les locaux disponibles dans les écoles maternelles.

Extrait de radiofrance.fr du 04.09.23

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