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Groupes de niveau : principaux, postes, Segpa, SNU... (Nicole Belloubet au Sénat) (Le Café, ToutEduc)

5 avril

"Il n’est pas question que les groupes ne se fassent pas", Nicole Belloubet au Sénat

Nicole Belloubet veut "réactiver la fonction d’ascenseur social de l’Ecole", la ministre de l’Education nationale, qui répondait hier 3 avril aux questions des sénateurs de la "Commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport", compte pour y parvenir sur le "choc des savoirs" et sur les "groupes de besoin". Du fait du jeu des questions-réponses, elle est revenue à plusieurs reprises sur la constitution de ces groupes et elle insiste sur "les brassages" de ces groupes "ponctuels", à la fin de chaque "séquence pédagogique identifiée", par exemple trois mois pour répondre à une difficulté sur la numération. Elle considère d’ailleurs que l’hétérogénéité des classes est "conçue comme une de forces de notre système éducatif".

Elle ajoute qu’il revient au chef d’établissement de chaque collège de "faire des choix" sur l’utilisation de la DHG (dotation horaire globale) et donc de dédoubler ou pas les enseignements "en allemand ou en SVT", mais "il n’est pas question que les groupes ne se fassent pas". Toutefois, les modalités de mise en oeuvre sont différentes selon les caractéristiques de l’établissement, elles ne seront pas les mêmes dans un collège où il y a une classe de 6ème et dans un autre où il y en a cinq. La constitution des groupes interviendra après un temps en classe entière, en fonction des évaluations de CM2, de début de 6ème et de ce qu’auront observé les professeurs de mathématiques et de français.

La ministre a été interrogée sur les 683 M€ qui ont été supprimés sur son budget, ce qui lui imposera de faire des choix, mais affirme-t-elle, sans toucher au schéma d’emplois, notamment en ce qui concerne les AESH, "une politique prioritaire sur laquelle nous ne reviendrons pas", d’autant qu’il faudrait augmenter leur nombre de 2 à 3 000 pour prendre en compte la pause méridienne.

En revanche, elle n’est "pas certaine que nous ne touchions pas" au service civique, bien qu’il connaisse "un vrai succès". Sur le SNU, un dispositif qui connaît "une vraie réussite", du moins en ce qui concerne les séjours de cohésion qui rassemblent des jeunes volontaires, quelque 60 000 cette année, 80 000 l’an prochain, la perspective reste celle de la généralisation pour un coût qui était initialement prévu à 2 Md€ et qui serait diminué, les séjours de cohésion comptant deux jours de moins.

La question des remplacements a été également posée à plusieurs reprises. Sur les remplacements longs, bien qu’ils soient assurés à 95 %, elle considère que les 5 % restant représentent "un échec". Sur les remplacements de courte durée, le curseur est passé de 5 % à 15 %, quelque 30 % des enseignants ont pris au moins une brique du "Pacte", dont 30 % (donc 9 % du total, ndlr) la brique "remplacements", ce qui assure le remplacement de 2 millions d’heures. En restent 13 millions (pour les remplacements de courte durée dans le 2nd degré, ndlr) ! En ce qui concerne la Seine-Saint-Denis, la ministre reconnaît "une situation particulière", fait valoir ce qui a déjà été fait mais ajoute "je n’ai pas là une politique complètement arrêtée".

Sur la mixité sociale, Nicole Belloubet n’est pas convaincue qu’il faille mettre en place "une grande politique nationale", il faut agir "zone par zone", jouer sur les spécificités du territoire, travailler avec l’enseignement privé. Elle n’a d’ailleurs "pas encore lu" le rapport des députés Paul Vannier (LFI) et Christopher Weissberg (Renaissance), mais elle annonce "un effort sur les contrôles" des établissements privés avec la mobilisation de 60 inspecteurs, pour l’essentiel des IA-IPR, quelques inspecteurs généraux, et un travail avec les DRIFP (direction régionales et interrégionales des finances publiques).

D’autres sujets ont été plus rapidement évoqués. En ce qui concerne la sécurité des établissements, la ministre devait réunir ce 4 avril les préfets qui travailleront avec les élus par zones sur les alarmes anti-intrusion. Une vingtaine de personnes, essentiellement des CPE et des AED constitueront une force nationale qui pourra intervenir en 24 ou 48h dans un établissement qui connaîtrait "une crise importante" et y rester jusqu’à trois semaines. Cette force interviendra quand les forces mobiles de sécurité d’une académie ne sont pas disponibles.

Sur la formation initiale des enseignants, Nicole Belloublet n’a rien voulu dire, des annonces seront faites "très prochainement". Elle n’a pas précisé si elles seraient faites par le chef de l’Etat. Quant à la formation continue, dont elle a souligné l’importance, il faut "trouver des moyens" pour qu’elle se fasse "hors du temps de face à face" avec les élèves.

Sur la labellisation des manuels, la ministre assure que les enseignants resteront libres de choisir un manuel non labellisé, et qu’il n’y aura pas qu’un manuel labellisé dans chaque discipline. La labellisation sera assurée par une "commission indépendante rattachée au CSEN (Conseil scientifique de l’Education nationale)".

Sur les gestionnaires des EPLE, la question de leur transfert aux collectivités est posée. Elle est "extrêmement délicate" et la ministre n’a pas d’opinion tranchée.

Les effets du retour à la semaine de 4 jours n’ont pas été évalués, ce qui doit être fait.

Sur le fonds de soutien aux activités périscolaires, la concertation annoncée "n’a pas commencé", mais "on ne touche pas" au budget inscrit sur ce thème en loi de finances.

Les jeux paralympiques n’auront qu’un "impact limité" sur "quelques établissements". Si des "aménagements ponctuels" sont possibles, la rentrée ne sera pas décalée.

L’instruction en famille est revenue à deux reprises dans le débat, et sur "le 4ème motif" qui permet aux parents de faire valoir des besoins spécifiques de leur enfant, qui se heurterait à plus de 50 % de refus, la ministre s’engage "à revenir" devant les sénateurs avec des informations plus précises.

Sur la possibilité, donnée puis écartée après que des risques de fraudes et de rupture d’égalité ont été pointés, de formuler les intitulés des sujets au DNB (diplôme national du brevet) dans une langue régionale, la ministre reverra la question, qui est complexe.

Sur l’éducation affective dans le 1er degré et sexuelle dans le 2nd degré, la ministre pense qu’elle pourrait être assurée pour partie par un professeur de SVT, pour partie par un.e infirmier.ère scolaire. Les programmes seront publiés au mois de juin.

Les élèves de SEGPA ne perdront pas une heure de cours contrairement à ce qui a été annoncé par Marianne. Certes, ils perdent, comme tous les collégiens, la 26ème heure, mais deux heures de soutien ont été ajoutés à leur emploi du temps. Ils auront donc 27H.

La ministre a par ailleurs "conscience" de la lourdeur des programmes en SES (Sciences économiques et sociales).

La vidéo ici

Extrait de touteduc.fr du 04.04.24

 

Groupes de niveau : N. Belloubet responsabilise les principaux

“Ce sont des choix opérés par le principal. C’est à lui de choisir”. Interrogée sur les suppressions d’options et de dédoublements en raison de la mise en place des groupes de niveaux en 6e et 5e, la ministre a renvoyé la responsabilité aux choix faits par les personnels de direction. Elle a par contre promis à la Commission des affaires culturelles du Sénat d’augmenter l’horaire des Segpa qui passera à 27 h au lieu de 26 h. Les principaux apprécieront aussi la mesure…

Le problème c’est le budget

“Il faut réactiver la fonction d’ascenseur social de notre école“. Interrogée par la Commission des affaires culturelles du Sénat le 3 avril, la ministre affirme refuser “l’idée de tout tri social” et présente la politique éducative du gouvernement comme une politique sociale.

Le problème c’est le budget. Si les sénateurs Les Républicains affirment vouloir soutenir son action, ils posent des questions pertinentes. La reprise de 692 millions du budget de l’Éducation nationale “va à l’encontre des promesses du 1er ministre sur l’école mère des batailles”, relève J. Grosperrin. “Vous allez devoir faire des choix. On vous a raboté 692 millions d’un côté. On vous a ajouté des dépenses (avec les groupes qui n’étaient pas prévus au budget NDLR). Où allez-vous faire des économies“, demande Olivier Paccaud.

“L’équipe de direction fait des choix”

La ministre explique qu’elle s’est trompée sur le nombre d’emplois affectés aux groupes de niveau. Ce sera 2330 et non 2830 comme annoncé à l’Assemblée le 27 mars. Elle confirme qu’il sera fait appel à des contractuels et des enseignants du 1er degré “qui seront remplacés par un éventuel appel aux listes complémentaires” et enfin à des retraités, comme nous l’annoncions le 29 mars. Pour la ministre, la création des groupes de niveau ne doit coûter que 2330 emplois, soit environ 120 millions.

C’est ce qui explique la minceur des dotations horaires arrivées dans les collèges. Aux sénateurs qui l’interrogent sur les dédoublements et les options supprimés dans les établissements pour pouvoir faire les groupes, N Belloubet se défausse sur les personnels de direction. “Ce sont des choix opérés par le principal. C’est à lui de choisir… L’équipe de direction fait des choix c’est sa prérogative. S’il y a des difficultés, nous sommes toujours à l’écoute”. Les personnels de direction, qui doivent souvent faire des choix difficiles, apprécieront…

27 h pour les Segpa

N. Belloubet réagit à l’annonce dans la presse de la suppression d’une heure à l’horaire des Segpa pour alimenter les groupes de niveau. “Il y a cette heure qui est prise“, confirme la ministre, “mais deux heures supplémentaires seront données aux Segpa. Elles n’auront pas 26 heures hebdomadaires, mais 27 heures avec deux heures de soutien“. Cette annonce va aussi concerner les principaux chargés de la mettre en œuvre.

Mais cela ne suffira pas. Le budget du service civique sera raboté. Le fonds de soutien aux activités périscolaires est aussi sur la sellette. Son maintien doit se décider avant la fin de l’année scolaire.

Mixité sociale : pas de politique arrêtée

L’autre sujet du moment c’est le rapport Vannier Weissberg sur l’enseignement privé sous contrat et la ségrégation scolaire. La ministre dit qu’elle n’a pas lu le rapport, mais veut “conduire une politique de mixité scolaire“. Elle rappelle l’article 1er du Code de l’éducation qui fait de la mixité sociale une obligation pour les établissements privés comme publics. Mais comment faire ? “La politique de mixité passera par des enseignements ici, là-bas par une sectorisation comme Affelnet à Paris, par un travail avec le privé pour l’encourager pour plus de mixité“, explique la ministre. Elle ne s’engage pas plus sur le contrôle des établissements privés. “Nous devons faire un effort pour le contrôle“, dit-elle. “Le Secrétariat général de l’enseignement catholique est d’accord avec cette idée… 60 IPR et IEN apporteront leur concours à ce travail“. Le rapport Vannier Weissberg montre que les établissements privés sont contrôlés une fois tous les 1500 ans en moyenne. “Je n’ai pas une politique arrêtée sur la question de la mixité. C’est une politique qui aura des dispositions globales, mais aussi spécifiques à des zones précises”.

Labellisation : Les enseignants pourront choisir leur manuel

N Belloubet évoque aussi le Pacte qui “rencontre un certain succès“ : 30% des enseignants auraient pris au moins une brique du Pacte. Mais pour les remplacements de courte durée, la priorité du Pacte dans le 2d degré, la ministre annonce 2 millions d’heures effectuées sur 13 millions d’heures non remplacées.

Autre sujet d’actualité : la sécurisation des établissements. Une réunion est organisée le 4 avril au ministère de l’Intérieur. “On va demander aux préfets de réunir les acteurs de la sécurité des écoles et de prendre des mesures pour mettre en place des alarmes anti-intrusion et des enceintes“. Actuellement la moitié des écoles n’ont pas ces alarmes.

Reste une bonne nouvelle pour les enseignants. N Belloubet ne veut pas revenir sur la labellisation des manuels scolaires. Mais “ce n’est pas une obligation. Cela n’interdit pas à un enseignant de choisir un autre manuel“. Maintenant vous le savez…

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 04.04.24

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