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Des centres de ressources au service de la formation des acteurs de ZEP (Rencontre OZP, mars 1997)

mars 1997 Version imprimable de cet article Version imprimable

 -----LES RENCONTRES DE L’OZP-----

OZP - association Observatoire des zones prioritaires - www.ozp.fr

n° 1 - mars 1997

 Des centres de ressources au service des acteurs de ZEP

La possibilité de trouver, par un accès facile, des ressources documentaires et des moyens d’entrer en relation avec d’autres personnes travaillant dans les mêmes domaines, est un enjeu important pour le bon fonctionnement des ZEP. Des initiatives locales, départementales, académiques ou nationales se sont développées ces dernières années, avec des visées de liaison entre elles.

Présentation de centres de ressources existants.

I - Par les centres eux-mêmes

Le CDDP-13, par Bernard Ravet, directeur

Création - « Le choix de créer un CDDP a été fait en 1990 par le Conseil général, pour des raisons politiques, alors qu’un CRDP existait en plein centre-ville. Le CDDP a été installé dans les quartiers nord de Marseille.
A cette époque nous avons eu la chance d’avoir dans l’équipe du préfet à la ville des gens qui ont compris les enjeux et on a pu rééquilibrer le CDDP par des financements de services publics de quartier en liaison avec le préfet à la ville, l’IA, le réseau CNDP, et le Conseil général (qui a participé aux subventions de fonctionnement puisqu’il y a des collèges en ZEP).
A l’intérieur du CDDP on a créé un "centre de ressources réussite scolaire". La difficulté dans ces quartiers nord était de faire venir les gens. L’objectif a donc été de faire de la proximité.
Au bout d’un an, une bibliothèque a été ouverte. On a alors fait une analyse comportementale qui a permis, par exemple, de savoir que les instituteurs ne restent pas dans le quartier le mercredi après-midi parce qu’ils n’y habitent pas ; en revanche, ils utilisent énormément le centre entre midi et deux heures. La nécessité de la formation d’une petite équipe pour maintenir ouvert le centre à ces horaires
est donc apparue.
De même, nous avons constaté que de nombreux enseignants débutaient leur carrière et étaient donc très pauvres en fonds documentaires et outils pédagogiques personnels. Il a fallu créer très vite un lieu possédant des ouvrages, souvent en plusieurs exemplaires, où ils pourraient venir travailler.

On s’efforce également de faire venir des étudiants de l’lUFM afin qu’ils soient habitués au lieu avant de travailler dans les quartiers nord. Un centre de ressources possédant des outils pédagogiques a ainsi été mis au point. On trouve là des documents qui ne sortent pas. Grâce au financement, nous avons développé notre fonds de médiathèque. Une spécialisation existe sur le thème "politique de la ville et lutte contre l’échec scolaire".

Organisation - Le CDDP est installé dans la moitié des locaux d’un collège, l’autre moitié de l’établissement fonctionnant toujours. L’ancien réfectoire sert de salle polyvalente (qui peut accueillir 300 personnes). Les locaux ont été réhabilités. Sur les quartiers nord nous sommes huit permanents, une quinzaine de personnes en tout, autant pour le centre-ville. Le rapport est donc à peu près d’un permanent pour un non-permanent.

Proposer des services relativement originaux :
- Un personnel compétent et une station de PAO performante sont mis à disposition pour aider les établissements scolaires à faire leurs journaux. On travaille sur une dizaine de journaux scolaires ou publications.
- Un espace de montage vidéo a été mis en place dans le CDDP. En raison des difficultés de transport, les instituteurs et les professeurs devaient se déplacer pour faire leur montage. L’unité mobile d’initiation à la communication audiovisuelle, accompagnée d’un demi-poste de personnel technique audiovisuel du réseau CRDP et d’animateurs sous contrat recrutés par le biais de l’Office Central de la
Coopération à l’Ecole, a permis d’améliorer le fonctionnement. Suite à un appel à projet en début d’année, on supervise une douzaine de projets que l’on fait remonter jusqu’à l’Inspection Académique. Aucun projet n’a encore été refusé car les gens se sont entendus entre eux afin que toutle monde y ait accès.

Parallèlement, on a développé deux opérations : un festival vidéo itinérant en collèges (pas uniquement en ZEP mais les documents proviennent surtout de celles-ci) qui dure deux mois en mai- juin ; il existe un festival vidéo écoles élémentaires à La Ciotat dont nous sommes partenaires.
- Enfin, une Librairie des élèves écrivains verra le jour en octobre.

Notre objectif est de faire se rencontrer et échanger autour de leurs pratiques, méconnues d’une ZEP àl’autre, des personnes de terrain. Un bulletin de liaison inter-ZEP est en projet mais connaît des problèmes de financement.
Nous travaillons sur nos deux ZEP les plus proches comme centre de proximité. »

Le CEREF de Nantes, par Jean-François Rossard

« II a été créé officiellement le 1er janvier 1996 mais fonctionne effectivement depuis environ deux ans et demi. Il est né parce qu’un collège dans une ZEP de Nantes était menacé de fermeture par le Conseil général et n’a été préservé qu’à condition qu’un projet soit proposé. Et le projet fut étudié d’un centre de ressources et de formation qui aurait une vocation interpartenariale, s’adressant aussi bien à
l’Education Nationale qu’aux personnels dépendant de la vile et du Conseil général qui interviennent dans les quartiers difficiles. Le financement est croisé Conseil général - ville de Nantes - ÉducationNationale.
Ce projet correspondait également à une volonté politique forte de l’Inspecteur d’Académie de l’époque. Nous sommes installés dans le collège, dans les locaux de l’ancienne cantine.

Moyens et organisation - Des stages, des accompagnements, des ateliers pédagogiques pour les enseignants hors temps scolaire, sur la base du volontariat, sont mis en place. Les huit formateurs sont enseignants à mi-temps dans une école ou un collège en ZEP et à mi-temps au centre de ressources et de formation. S’y ajoutent deux personnes à temps plein : le responsable administratif et la responsable pédagogique.

Finalités et missions du centre de ressources - L’objectif est de faire réussir l’élève et d’aider sa famille. Cet outil doit répondre à la demande du personnel sur le terrain en liaison avec les équipes de direction des ZEP.
On travaille avec les équipes des ZEP, le principal des collèges et les IEN qui interviennent sur la circonscription. Les coordonnateurs des ZEP travaillent tous à temps plein.
Notre but est :
- d’aider à la mise en place de projets ;
- de faire connaître et de valoriser les initiatives pédagogiques, d’être le support d’innovations et de recherches ;
- d’élaborer des offres de formation en réponse aux besoins des secteurs difficiles, en liaison avec la MAFPEN pour le second degré, l’lUFM et l’Inspection Académique pour le plan de formationdépartementale ;
- de permettre la liaison inter-cycles (sauf collège-lycée),
- d’améliorer la liaison école - famille et l’accueil et l’intégration d’enfants étrangers.

On intervient aussi auprès de l’élève en difficulté (par exemple, un dispositif expérimental existe en Loire-Atlantique autour de deux collèges : des élèves encore inscrits théoriquement en 6e mais qui n’assistent plus au cours sont pris en charge par une équipe de professeurs du collège et de travailleurs sociaux durant cinq fois une semaine sur l’ensemble de l’année, en internat dans un lieu
isolé).
Pour les technologies nouvelles, on a une salle informatique et vidéo qui a pour objectif d’être la plus proche possible du terrain.
Je suis chargé de faire une brochure qui est financée (faiblement) par la préfecture. Deux numérosparaissent dans l’année. Le prochain sera consacré à la violence. »

Le CDDP-92, par Marguerite Marie Gauthier, responsable des actions pédagogiques

« Un souci du CDDP était de créer un fonds spécifique pour les ZEP : ouvrages, multimédia ressources pour les projets divers, et de faire parvenir à toutes les ZEP des bibliographies. Tous les services du centre travaillent bien sûr pour les ZEP, comme pour les autres acteurs du département, en documentation, ingénierie éducative, édition et librairie.
Depuis deux ans, le centre anime tous les mois une réunion des coordonnateurs ZEP des Hauts-de-Seine. Ils n’ont pas d’autres occasions de se rencontrer, or pour eux, la possibilité d’échanger sur leurs pratiques est essentiel. Outre la transmission d’expériences, ces réunions sont l’occasion de débattre de l’actualité des ZEP, et d’approfondir des thèmes choisis ensemble. C’est aussi un lieu de
repérage, de présentation et d’élaboration d’outils.

Ainsi a été constituée, l’an dernier, une « boîte à outils du coordonnateur ZEP », pour laquelle il s’est révélé nécessaire d’effectuer un tri afin de ne pas noyer les gens sous une quantité de documents sur les ZEP : des fiches d’évaluation et d’évolution de chaque ZEP selon une série de critères, les comptes-rendus des réunions, la bibliographie ZEP qui existe toujours, un guide des ressources et des adresses, le pacte de relance pour la ville, la grille des stages ZEP pour donner des idées aux autres coordonnateurs.
Les plus demandeurs de documents sur les ZEP sont les étudiants d’IUFM, les directeurs nommés en ZEP pour la première fois, et quelques instituteurs. »

Le CAS-INRP, par Anne Senée, documentaliste

« Le centre A. Savary, créé en 1993, fonctionne réellement depuis 1995-96. La logique qui a présidé à l’élaboration du centre est l’articulation entre la recherche et les ressources. Ce centre de ressources a pour vocation de s’adresser à la fois à la communauté scientifique, aux étudiants, aux formateurs, aux différents acteurs de terrain et aux décideurs. La particularité de ce centre est sa vocation interpartenariale, il est financé par le FAS et par la DIV (ainsi que par la CDC mais il s’agit là d’un financement ponctuel). L’enjeu est de se développer en partenariat avec d’autres institutions.

Fonctionnement du centre - Le projet est ambitieux mais pour l’instant les effectifs sont très réduits. Parmi les outils développés, la banque de données "Dif-act" qui décrit des actions éducatives en milieu difficile. Les auteurs sont des enseignants répartis sur 14 académies. Ils prennent contact avec les acteurs, rédigent des fiches qui remontent au centre où elles sont conservées dans une banque de données accessible à tous sur Minitel, par le serveur de l’INRP, sur cédérom et sur Internet.

La banque de données "Dif-doc", doit, pour sa part, diffuser les informations sur des travaux de chercheurs, d’organismes spécialisés, d’acteurs en formation. Ces travaux sont menés dans le cadre d’actions éducatives en milieu difficile. Cette banque est pour l’instant à l’état de maquette.

En dehors des banques de données, le centre a pour vocation de produire des publications :
- prochainement doit sortir le premier numéro du bulletin du centre Alain Savary
- le premier numéro des dossiers thématiques sur les pratiques éducatives en milieu difficile est sorti en janvier 97 : il était consacré à la prévention des toxicomanies. Ces dossiers ont la particularité d’associer des éléments d’ordre théorique et d’ordre pratique.
- un ouvrage de synthèse sur les pratiques éducatives en milieu difficile est en projet.
Par ailleurs, des séminaires d’été, des colloques sont organisés. Ainsi en août 1997 avec deux thèmes principaux : l’accompagnement scolaire et les structures expérimentales à l’initiative du Ministère en vue de rescolariser des élèves en voie de déscolarisation. »

II- Par des utilisateurs

Le CNDP-Migrants, par A. N’Guyen, coordonnateur de ZEP

Origine - « Le CNDP-Migrants de Montrouge a été créé en janvier 1973. Il importe aujourd’hui de retrouver l’état d’esprit qui a présidé à sa création. Il s’appelait à l’époque "centre de documentation pour la formation des travailleurs migrants et de leur famille". La mission initiale était de procurer aux instituteurs et aux moniteurs le cadre institutionnel pour la formation linguistique et professionnelle des travailleurs migrants. La formation portait à la fois les méthodes d’initiation à la langue française
et sur la connaissance des conditions de vie des travailleurs immigrés en France.
A partir des textes officiels on peut établir quelques constats : un manque d’échanges entre les actions engagées, et un rôle marginal des établissements publics. C’est-à-dire que les centres de ressources existant à l’époque correspondaient à des initiatives privées ou bénévoles. Le système de
documentation n’existait pas en 1973. Trois objectifs ont donc été définis par la circulaire : rassembler les informations concernant l’accueil existant, favoriser la diffusion et permettre de capitaliser l’expérience.

Évolution - En 1986, le centre de documentation devient un service du CNDP, et on envisage maintenant de rattacher le CNDP-Migrants à l’INRP.
Les services offerts couvrent 3 domaines.
- L’intégration sociale et culturelle des populations (avec les thèmes : migrations, banlieues, relations interculturelles)
- L’éducation (thèmes : enfants d’immigrés, lutte contre l’échec scolaire, ouverture culturelle)
- La formation (la lutte contre l’illettrisme, l’insertion professionnelle des jeunes)

Un fonds documentaire est consultable sur place, qui comprend une collection d’outils pédagogiques.
Une documentation sélective est disponible par courrier ou par téléphone. Surtout, le CNDP-Migrants édite deux mensuels : Migrants Nouvelles et Migrants Formation.
Quelques autres outils doivent sortir prochainement. Ainsi, un cédérom qui regroupe six ans de "Migrants Nouvelles".
Enfin, le CNDP-Migrants fait partie d’un réseau européen spécialisé dans l’immigration. »

Le CRAP de Bully-les-Mines, par Claude Vollkringer

« Le centre de ressources et d’animation pédagogique (CRAP) est un centre local situé dans le Pas-de-Calais. C’est une association qui regroupe sept communes du département. Son but est d’établir un réseau de communication entre les organismes pédagogiques, les institutions scolaires publiques, les mouvements associatifs et tous les autres partenaires laïcs existants.
Il se veut un lieu d’appropriation de la lecture, un organisme de promotion des lieux de lecture scolaire, un lieu d’animation, de formation et un centre de recherche, de réflexion et d’impulsion d’actions pédagogiques, et enfin plus généralement un lieu privilégié de rencontres et d’échanges.
Le public visé est à la fois les enfants, les enseignants et les parents.
C’est une association qui en tant que telle comporte des adhérents : d’abord les établissements scolaires mais également les villes et des associations laïques. Il y a une cotisation qui peut prendre la forme d’échanges.
En tant que centre de ressources, il propose des livres pédagogiques, des documents, des abonnements, du matériel informatique avec formation des enseignants, parents et enfants (PC et logiciels pour la classe), des réalisations de documents et de journaux, du matériel vidéo (formation à la prise de vue et au montage, reportages, prêt de matériel) et également une imprimerie avec impression de journaux scolaires et documents créés dans les établissements scolaires.
Le centre d’animation pédagogique, pour sa part, met en place un groupe de réflexion sur la lecture sous toutes ses formes, un centre de réflexion sur l’histoire locale (il existe dans le Nord - Pas-de-Calais un grand attachement à l’histoire locale), des groupes de réflexion sur l’accompagnement scolaire avec une aide aux enfants en difficulté dans et hors l’école.
Le CRAP joue le rôle de coordonnateur dans le projet éducatif local et il abrite une association qui s’appelle AFEV : association de la formation des étudiants pour la ville, qui est un moyen supplémentaire de lutte contre l’échec scolaire. Le CRAP met donc ses structures à la disposition de cette association et travaille en partenariat avec les étudiants, les enseignants, les communes.

Le CRAP est également producteur de documents dont un petit livret destiné aux enfants qui entrent à l’école matemelle. un petit dépliant, le bulletin de liaison des ZEP du Pas-de-Calais qui s’appelle ZEP a dit , ainsi que deux autres revues, intitulées "ZEP a dit mais ZEP a fait" : l’une sur les stages d accueil et 1 autre sur les parents et l’école. »

Le centre Michel Delay à Lyon, par M. G. Philip

« Le centre Michel Delay est implanté dans le quartier des Minguettes. Pour sa création on a mis en commun des ressources MAFPEN et CEFISEM.<br<
Il comporte trois pôles qui répondent à trois missions : information, formation et développement (c’est-à-dire mise en relation des acteurs de terrain et de la recherche, avec une tentative d’interaction quant a 1 analyse des questions et la recherche de solutions et de pratiques). Ce centre a été créé pour repondre aux besoins de l’école en fonction de son environnement social, ce qui est une nouveauté
dans le cadre de l’Education Nationale.
Dans la mission d’information, il y a le projet de développement d’un centre de ressources qui a pour objectif a la fois la capitalisation et la diffusion de l’information. Pour l’instant, l’action est la réalisation d’une gazette, consacrée à un thème spécifique (le dernier en date : "la violence et la règle ). »

Le DOC-FAS : centre de documentation du fonds d’action sociale, par M G. Philipp

« Destiné au personnel des FAS, mais aussi aux autres personnels (chargés de missions et de direction), il est consultable également en externe, sur rendez-vous. Il comporte un fonds documentaire important sur les questions d’immigration et les associations.
Le centre diffuse aussi un certain nombre de petites brochures d’information très diversifiées : un agenda mensuel qui répertorie des réunions internes et des manifestations extérieures ; un FAS-DOC bimestriel qui rassemble des données thématiques ; un FAS-DOC repère qui est un récapitulatif signalant les nominations à l’intérieur du FAS ; une brochure qui récapitule tous les rapports commandes par le FAS ; une autre qui donne la liste des centres de documentation, et enfin un répertoire d’archives régionales. »

 Synthèse du débat

Tout d’abord, la présentation qui précède n’est pas exhaustive. Parmi les centres de ressources qui n’ont pas été présentés, on peut citer le Cefisem de Paris, centre de ressources à la disposition des acteurs de ZEP, qui est très intéressant. Il est spécialisé dans les questions de français-langue étrangère. Il ne fait pas de prêt, et permet seulement une consultation sur place.
On peut mentionner encore, parmi les centres spécialisés, celui de l’agence pour le développement des relations interculturelles (ADRI) à Paris Ile. et celui de la DIV qui organise de nombreux débats.

Coordination et communication
On remarque le manque de coordination entre les différents acteurs. Il est pourtant important de ne pas s’isoler pour ne pas avoir à tout découvrir à chaque fois. Il faut que les centres de ressources s alimentent mutuellement.
Chaque centre fournit des publications internes qui ont avant tout une valeur locale mais sont aussi transposables ailleurs, pour ceux qui ont une approche différente.
La question de la circulation de l’information est importante.

La connexion entre les différents départements de l’INRP est en cours. La prochaine fusion de l’INRP et du CNDP va poser la question de la connexion de ce qui se fait dans les deux institutions et par ailleurs, sur le plan international, il y a déjà des connexions qui existent, notamment avec la banque européenne, sur les innovations (Nova). On est dans une période de connexions multiples, à ce jour désordonnées et balbutiantes, avant de parvenir prochainement à un ensemble opérationnel.

II y a une forte demande de rencontres, d’échanges de pratiques et de réflexions, le plus souvent inter-institutionnels, inter-services... et la plupart des centres de ressources qui ont été cités vont dans ce sens.

Il existe une faible diversité, ce qui trace une première limite à cet objectif de coordination : les bibliographies (notamment sur les ZEP) du FAS, du CNDP migrants, de l’ADIV et de l’ADRI sont quasiment les mêmes.

Des échanges humains, liés au terrain
Ce qui existe sur le marché éditorial et des abonnements est limité.
On est confronté à une difficulté : tel bulletin de liaison interne dans une ZEP dépend, pour être exploité pleinement, de relais humains qui peuvent adresser une information précise à un interlocuteur donné.
Il y a un intérêt à se rapprocher du terrain en constituant des unités géographiques plus restreintes : c’est ce qui permet de travailler la mise en réseaux et l’échange de pratiques entre acteurs.

La limitation aux ressources documentaires n’est de l’avis de tous pas souhaitable. Les centres de ressources doivent correspondre à une volonté d’animation et de formation.
En revanche, il n’y pas unanimité sur les destinataires. Seul le CEREF à Nantes a la visée explicite de travailler pour l’animation et la formation des acteurs de quartier autres que ceux appartenant à l’Education Nationale.

Il est vain de déplorer que ce qui est construit à un endroit ne soit pas utilisé ailleurs. Même à l’échelle locale, on ne s’approprie bien que ce qu’on a construit soi-même. Les recettes n’existent pas.
C’est pourquoi, en réalité, il ne s’agit pas de transposer mais de connaître ce que font les autres, d’où l’intérêt d’un réseau d’expériences. Il est également important de pouvoir utiliser ponctuellement un outil (une vidéo...) créé ailleurs et qui ensuite peut donner naissance à un projet propre.
La constitution de ressources pourra consister à mêler des documents de diverses natures sur un thème précis (circulaires du BO, bibliographies du CRDP, des expériences menées ailleurs...) afin que, sur place, on puisse construire quelque chose.

Des partenariats et des missions pas toujours clairement définis
D’autres acteurs peuvent interpeller le centre de ressources ; telle école de travailleurs sociaux veut mener une réflexion sur la lecture : on les accueille, on les aide... Mais, à défaut de personnel formateur, on pioche à droite à gauche.
L’exemple est donné du travail avec un groupe de jeunes RMIstes lancés dans la production vidéo. Il est difficile de savoir sur quel terrain on se situe : des compétences techniques ont été repérées, mais rien n’est institutionnalisé.
Celui du travail sur l’adaptation des agents des services publics récemment nommés dans les quartiers (opération DIV) est également révélateur. C’est un Greta qui en a la charge et c’est une opération qui se passe en partie au CDDP.

La pratique des banques de données
Exemple de l’INRP : l’objectif de la banque de données de l’INRP, c’est la mise en relation de personnes qui travaillent dans les mêmes domaines, et aucunement la mise en valeur d’actions pédagogiques qui ne sont labellisées ni par les corps d’inspection, ni par l’Éducation Nationale, ni par l’INRP ; le choix de ces actions ne relève que de la responsabilité de 37 enseignants qui n’ont pas de qualification particulière ; la rédaction est entièrement entre leurs mains, puisque le seul filtre est
constitué par les acteurs et les responsables locaux (IEN, principal ou proviseur).
L’objectif de proposer des actions de terrain aux chercheurs n’est qu’un objectif second. Le but premier est d’être au service des acteurs de terrain.

La nouveauté est que l’administration s’ouvre enfin. Tout le monde a accès à des descriptions de ce qui se passe dans les classes. C’est une grande confiance de la part du ministère que de permettre et de financer cette initiative.

La question du relais entre les actions sur le terrain et les données reste posée. Il y un mouvement difficile à analyser. La volonté de donner des ressources, de se mettre au service des acteurs de ZEP existe, mais cette volonté prend des formes très diverses et non coordonnées.

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