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"L’école à l’épreuve du partenariat. Organisation en réseau et forme scolaire", Editions Academia, L’Harmattan , 2017, 206 p. (présentation d’Arnold Bac pour Tout Educ)

25 août Version imprimable de cet article Version imprimable

L’école, à l’image de tous les champs professionnels, s’appuie sur le partenariat pour réaliser de nombreuses tâches : enseigner des disciplines, éduquer à la santé, à la citoyenneté, développer des formations professionnelles, des sections sportives, des options artistiques, etc. Les personnels scolaires travaillent avec des tiers externes issus de divers champs : travail social, entreprise, sport, armée, arts, etc.

Cependant, l’analyse du partenariat n’est pas facilitée par son succès. Présent dans la quasi-totalité des espaces scolaires, il n’est plus un objet d’étude à part entière mais une dimension de telle ou telle question scolaire. C’est ce qui ressort du regard que porte le sociologue François Baluteau sur le partenariat scolaire dans "L’école à l’épreuve du partenariat". L’autre problème que rencontre le chercheur est, selon l’auteur, la confusion qui peut régner lorsque l’on veut savoir de quoi on parle. Le partenariat scolaire désigne des catégories d’acteurs (enseignants, chefs d’établissement, parents, etc.) comme différents types d’organisations (institutions, associations, entreprises, etc.) et même des tutelles (collectivités territoriales, inspections académiques). Il concerne des relations de différentes natures, marchandes ou gratuites, égalitaires ou hiérarchiques, obligatoires ou volontaires, approfondies ou superficielles, durables ou éphémères, formelles ou informelles, etc.

Une recomposition de la forme scolaire
Le projet de l’ouvrage est de rendre intelligible ce fait social qu’est le partenariat scolaire en mettant en évidence des phénomènes transversaux. On peut voir, en effet, dans ce fait social, de nouvelles relations entre l’école et l’environnement et être attentif à décrire et à expliquer les liens nouveaux, les conflits de cultures ou d’intérêts et les déséquilibres identitaires chez les personnels. Mais le partenariat ne fait-il que multiplier et complexifier les relations ? Ne participe-t-il pas à une recomposition de la forme scolaire et à la définition de nouveaux rôles ? La thèse de l’auteur est que l’organisation par projet lorsqu’il est porté par l’ensemble des acteurs sociaux impliqués dans l’école (éducation nationale, collectivités territoriales, monde associatif, etc.) participe à une mutation scolaire. Cela ne signifie pas que l’école subit simplement cette transformation et qu’elle est contrainte de l’extérieur : elle est partie prenante à ce processus. Le volontarisme politique, les enjeux éducatifs, les intérêts des personnels, etc. contribuent à transformer l’école dans ce sens.

Pour autant, ce mouvement volontaire et collectif n’est pas sans générer des tensions, comme si l’école exprimait une adhésion relative, cherchant à la fois à s’inscrire dans une organisation par projet et à préserver sa forme traditionnelle centrée sur des savoirs planifiés par des programmes et placés au centre des évaluations. L’organisation par projet implique une nouvelle organisation pédagogique. Quand l’école en vient à s’appuyer sur des collaborations, les enseignants déplacent leur activité, inventent avec leurs partenaires une autre école et une autre manière de socialiser les élèves. Le partenariat constitue alors une configuration où l’enseignement s’émancipe de la forme scolaire traditionnelle. L’auteur cherche ainsi à caractériser la pédagogie faisant appel au partenariat, à analyser les enjeux mais aussi ces tensions que vivent les enseignants engagés dans les projets.

Une recomposition des rôles
Il s’agit également de décrire en quoi l’organisation en réseau recompose les rôles des personnels scolaires, en particulier des enseignants et des cadres. Dans une école décentralisée, le rôle du personnel de direction est élargi et son statut renforcé. Les chefs d’établissement tendent à devenir des managers chargés d’améliorer le fonctionnement des collèges et des lycées. Ils sont invités officiellement à conduire une politique éducative et pédagogique, à gérer le personnel et les relations avec l’environnement. Ce dernier domaine recouvre quelles actions, suppose quels enjeux ?

Cet ouvrage repose sur une enquête récente dans des écoles, des collèges et des lycées, publics et privés, et des entretiens avec des enseignants, des directeurs d’école et des chefs d’établissement.

"L’école à l’épreuve du partenariat Organisation en réseau et forme scolaire", Editions Academia, L’Harmattan , 2017, 206 p., 20 €

Arnold Bac

Extrait de touteduc.fr du 13.06.17 : Quand l’école s’appuie sur des collaborations, les enseignants inventent une autre école (F. Baluteau)

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