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France Stratégie cite la diminution de la taille des classes au cycle 1 en éducation prioritaire parmi les mesures qui pourraient favoriser la croissance économique

17 juin 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Si on en croit les travaux des économistes Hanushek, Woeßmann ou Lynch, l’amélioration des scores PISA signifierait pour un pays une amélioration de sa situation économique. Arthur Heim et Jincheng Ni (France Stratégie) ont appliqué leurs modèles à la situation française et imaginé que le score des jeunes Français en mathématiques et sciences, 944 lors de la dernière édition de PISA (2012), atteigne celui de l’Allemagne, 1 038, ou celui de la Corée, 1 092. Cela "conduirait à rehausser la croissance de l’ordre de 0,12 et 0,28 point par an entre 2015 et 2050, et de 0,37 et 0,83 point par an entre 2050 et 2075" ; le PIB serait en 2075 supérieur de 9 %, voire de 35 % à ce qu’il serait dans une situation sans réforme.

Les auteurs notent aussi que ces résultats "peuvent être obtenus par une progression de tous les élèves, mais aussi par une réduction des inégalités scolaires d’origine sociale", ce qui ne paraît pas être un objectif hors d’atteinte. "L’écart moyen de performance entre le quart des élèves les plus défavorisés et le quart des plus favorisés représente 24 % de la moyenne nationale", alors qu’il est de 16 % en Allemagne et de 5 % en Corée du Sud.

Reste le plus difficile, la réforme du système scolaire

Mais les auteurs mettent aussi en garde et s’inquiètent de la robustesse du modèle économétrique utilisé, d’autant qu’ils ne peuvent écarter une inversion de la causalité : "La croissance peut permettre d’allouer davantage de ressources publiques à l’éducation, augmentant (potentiellement) les scores sur longue période", et ce serait donc l’économie qui favoriserait l’amélioration du niveau des élèves, et non l’amélioration du niveau des élèves qui provoquerait une augmentation du PIB.

Reste le plus difficile, réformer le système éducatif : "il n’y a pas de schéma ’clé en main’ efficace d’allocation des ressources en éducation. Ainsi, toute augmentation de la dépense par élève ne garantit pas à elle seule d’obtenir une hausse des compétences des élèves." La note d’analyse évoque pourtant l’intérêt des dispositifs de remédiation "comme les écoles d’été" et la réduction de la taille des classes en cycle 1, "surtout en éducation prioritaire. Elle cite aussi une expérimentation conduite aux Etats-Unis et reprenant les meilleures pratiques des écoles à chartes (charter schools) dans des écoles publiques en difficulté : "en moyenne, les performances des élèves augmentent".

Les auteurs invitent les politiques éducatives à se focaliser "sur les interventions efficaces au regard des résultats de la recherche".

La note d’analyse de France stratégie

Extrait de touteduc.fr du 16.06.16 : L’éducation peut-elle vraiment favoriser la croissance économique ? (France stratégie)

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1 Message

  • Les économistes font la loi

    21 juin 2016 14:35, par GUILLAUME François-Régis

    Depuis qu’il n’y a plus de planification en France, l’ancien commissariat au Plan est devenu « France Stratégie ». L’OZP a répondu à une invitation de FS à un débat sur « Les priorités éducatives » par une contribution et une intervention en séance. L’OZP a soutenu l’option fondamentale de la refondation lancée en janvier 2014 : « l’entrée par la pédagogie » se traduisant par l’affectation dans les réseaux d’une part importante des moyens supplémentaires de l’éducation prioritaire : Les fonctions spécifiques (coordonnateurs, formateurs de REP+), la « pondération » des services, les postes « plus de maîtres que de classes » dans les écoles etc. Ces ressources affectées dans les réseaux permettent un fonctionnement en réseau, les partenariats et le développement d’un travail collectif et d’une formation au plus près des besoins.

    Qu’est-ce que France Stratégie retient dans ses préconisations ? Diminuer le nombre d’élèves par classe. Certes, cette diminution (qui est de l’ordre de 3 élèves en moins par classe en REP+) est bienvenue, mais pourquoi nos économistes qui font la loi dans l’opinion et dans les décisions s’acharnent-ils à oublier ces ressources décisives pour l’évolution des pratiques et le réussite de tous les élèves.

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