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Un sondage Ipsos pour la Fsu "confirme le rejet de la politique du ministre" et souligne l’inquiétude des enseignants sur les effets du Covid sur le niveau scolaire

2 décembre 2020 Version imprimable de cet article Version imprimable

Le sondage FSU qui confirme le rejet de la politique du Ministre de l’Éducation nationale

Il ressort du sondage que la FSU a commandé à l’institut IPSOS que les personnels de l’éducation manifestent un niveau exceptionnel de défiance vis-à-vis de la politique inégalitaire mise en œuvre par JM Blanquer. Les enseignants estiment que ses réformes sont inutiles pour les élèves (diapo 9, 69 %), vont dans le mauvais sens (diapo 7) et en prime aggravent leurs conditions de travail (diapo 8). Le personnel non enseignant exprime également sa méfiance sur la capacité du ministre à prendre en compte leurs attentes (diapo 14, 56 %). Ce bulletin de santé de la profession est sévère, il montre que le bilan ministériel est critiqué sur le fond.

Le sondage dessine le portrait d’une communauté éducative qui s’estime d’autant plus malmenée qu’elle a une haute idée du rôle de l’école et de l’utilité sociale des métiers de l’éducation. A 71 %, ces personnels se disent satisfaits de leur métier (diapo 4) ; les enseignants ciblent en priorité la lourdeur des effectifs (diapo 26), revendication portée avec les parents d’élèves dans de nombreuses mobilisations. Convaincu-es qu’ils et elles pourraient faire mieux s’ils et elles étaient reconnu-es, les personnels attendent une autre politique en matière de revalorisation salariale et de création de postes. La confrontation avec le regard des parents fait émerger différences (un avis moins critique sur le ministre) et convergences (diapo 16, 75 % sont satisfaits de la manière dont les enseignants ont géré la crise sanitaire). Revue de détail :

1/ * L’hostilité à la politique du ministre de la part des enseignants : dans pratiquement tous les items où il en est question, les scores négatifs sont très hauts (souvent plus de 70 %). Ce rejet global était connu dans la partie militante du milieu, mais il apparaît qu’il fait consensus : les non syndiqués sont même plus sévères que les syndiqués.

* Les parents d’élèves sont mitigés (diapo 9). 51 % ne font pas confiance à Blanquer pour répondre à leurs attentes (diapo 12), malgré une communication axée sur eux. Leur mécontentement s’exprime plus lorsque leurs enfants sont inscrits au collège ou au lycée (diapo 7, 50 et 53 % jugent que les réformes vont dans le mauvais sens), là où les réformes et les suppressions de postes sont les plus vives.

* Le divorce entre les enseignants et le ministre apparaît aussi sur les questions sanitaires (diapo 15, 71 % d’insatisfait de la manière dont il a géré l’impact de la crise sanitaire sur l’éducation). La diapo 16 éclaire le désaveu du ministre du côté des parents qui ont constaté que les personnels ont géré la crise sanitaire presque seuls : l’écart de satisfaction atteint les 30 points, malgré son omniprésence médiatique.

2/ * Les questions sur la reconnaissance du travail et la rémunération (diapo 22 et 24) montrent que les rémunérations et les déroulements de carrière actuels ne sont pas considérés comme la juste reconnaissance du travail effectué. 75 % des personnels non enseignants et 82 % des enseignants expriment cette conviction. Le plan salarial annoncé par M Blanquer n’est pas vu comme une revalorisation (diapo 21, 74 % sont insatisfaits, dont 40 % pas du tout).

* L’augmentation du salaire est la priorité, et ce, quel que soit le corps ou le lieu d’exercice (diapo 24, 77 % des personnels de l’éducation la jugent essentielle)

* Seulement 17 % des enseignants soutiennent le projet du ministre de salaire « au mérite ». Une majorité (diapo 19, 52 %) approuve l’idée d’une individualisation plus grande de la rémunération, mais pense que ce ne sera pas correctement mis en œuvre, notamment en termes de critères retenus. Ici aussi la défiance envers le ministère et la hiérarchie joue.

3/ * La confiance dans les organisations syndicales est importante chez les personnels (diapos 10 et 11), mais aussi chez les parents d’élèves, bien que logiquement moindre. Parmi les acteurs de l’éducation, le syndicalisme enseignant recueille bien plus de confiance que le ministère. Dans un contexte de marginalisation institutionnelle du syndicalisme, celui-ci conserve son influence à la base. La convergence entre les personnels et les usagers du service public est ainsi toujours d’actualité.

* Les personnels ont des profils variés dans le système éducatif. La FSU a voulu restituer cette diversité en donnant la parole aux non-enseignants. Ceux-ci expriment un point de vue distancié sur le système éducatif français, et jugent à rebours des enseignants qu’il fonctionne bien (diapo 5, 64 % contre 41 %). Le sondage atteste aussi des relations positives qui existent entre les catégories, 74 % des non-enseignants estiment que leur rôle dans l’éducation nationale est reconnu par leurs collègues (diapo 18).

4/ * Le rapport à la hiérarchie n’est pas le même, les personnels non enseignants y sont beaucoup plus favorables : 68 % estiment que leur rôle est reconnu par celle-ci, contre 47 % des enseignants (diapo 18). Ils approuvent aussi davantage une individualisation des salaires. 21 % des enseignants considèrent que leur relation avec leur hiérarchie s’est détériorée depuis 3 ans, mais la stabilité prévaut (66 % disent qu’elles n’ont pas changé, diapo 20). Une coupure nette sépare la hiérarchie de proximité, qui reste appréciée (diapo 26, classée en dernier parmi les facteurs qui rendent plus difficile l’exercice du métier), et le ministère, très critiqué. La diapo 15 le montre aussi, avec une approbation de l’action des chefs d’établissement et inspecteurs pendant la crise sanitaire (65 % de satisfaits parmi les enseignants, contre 74 % d’insatisfaits du ministre). Les parents, même s’ils sont plus cléments envers le ministre, sont eux aussi beaucoup plus satisfaits de l’action sanitaire de la hiérarchie de proximité (28 points d’écarts, diapo 16).

* L’autonomie pédagogique fait consensus (diapo 28, 83 % des enseignants la jugent essentielle, comme 61 % des parents). En revanche, ils ne l’articulent pas de la même manière avec la nécessité d’un cadre institutionnel : les enseignants priorisent leur autonomie : 51 % jugent important mais pas essentiel de « s’assurer qu’ils mettent en œuvre les recommandations de leur hiérarchie et des experts », alors que 56 % des parents estiment que c’est essentiel. Les parents cherchent un équilibre entre les deux. On peut en conclure que des mesures qui apparaîtraient comme une contrainte autoritaire sur les enseignants seraient rejetées par l’ensemble des acteurs de l’éducation.

5/ * L’inquiétude des enseignants et parents est palpable : attentats, laïcité, Covid19 (diapo 29). Il en est une qui domine : quels seront les effets de la crise sanitaire sur le niveau des élèves (ce qui recoupe une opinion majoritaire chez les parents d’élèves, diapo 29 et 30) ? La FSU considère qu’on ne pourra éviter d’aggraver les inégalités sociales qu’à condition d’adopter un plan d’urgence pour le service public d’éducation.

Extrait de fsu.fr du 01.12.20

 

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