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Réforme du collège et Socle commun. Dossier : C. Lelièvre, J.-P. Delahaye (février 2022), A. Pothet

3 octobre

Éducation nationale : de quoi le collège est-il malade ?

Claude Lelièvre
Enseignant-chercheur en histoire de l’éducation, professeur honoraire à Paris-Descartes, Université Paris Cité

Depuis la création du « collège unique » en 1975, le collège est régulièrement apparu comme le « chaînon manqué » du système éducatif. S’il est sorti des radars politico-médiatiques ces cinq dernières années, le nouveau ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye vient de le remettre au premier plan, déclarant dans une interview au Midi Libre le 18 septembre que l’on « doit maintenant s’attaquer au collège car c’est l’homme malade du système éducatif ».

Comme symptômes maladifs, il a surtout évoqué les résultats des élèves en mathématiques et en langues. Ce qui ne manque pas de surprendre, car même si les résultats ne sont effectivement pas bons, ce n’est pas la première fois que l’on peut le constater, tant s’en faut. Mais, dans le passé, ces résultats au niveau du collège n’ont pas suscité beaucoup d’émotions ou de réactions, au contraire de ceux en lecture, orthographe ou histoire au niveau du primaire qui, eux, ont à plusieurs reprises défrayé la chronique.

Faudrait-il voir dans ce nouvel intérêt, pour les mathématiques, l’effet en retour des diatribes passionnées sur la nouvelle place des mathématiques lors de la réforme des lycées ? Et, pour les langues, y aurait-il un lien avec l’annonce, en juillet dernier, que l’évaluation des compétences en langues étrangères deviendrait dès 2025 une option de l’étude internationale PISA ?

Toujours est-il que cette évocation du « collège, homme malade du système éducatif », a de nouveau agité ceux qui considèrent le « collège unique » sous le prisme d’une maladie « autoimmune », à condamner sans appel et par principe, et ceux – fort différents – qui pensent plutôt que le « collège unique » n’a pas vraiment été institué de façon cohérente, et jusqu’au bout du projet. Pour les uns, cette création n’avait pas lieu d’être, et il faudrait la supprimer. Pour les autres, la création n’a pas été assez loin dans sa logique et il faudrait au contraire l’approfondir et la consolider, voire la refonder car souffrant d’une maladie congénitale.

Des critiques qui datent
C’est le président de la République Valéry Giscard d’Estaing qui a voulu ce collège envers et contre tout ; voire contre tous, à commencer par certains de ses proches. Dès le 25 juillet 1974, il déclarait publiquement :

« Le premier objectif, c’est l’élévation du niveau de connaissance et de culture des Français […]. On peut se poser la question de savoir si, à côté de l’obligation de scolarité jusqu’à seize ans, il ne faudrait pas imaginer une autre obligation qui serait de donner à chaque Française et à chaque Français un savoir minimal ».

Mais les expressions « savoir minimal » ou « savoir minimum » employées par Valéry Giscard d’Estaing sont vite comprises ou retournées par les oppositions politiques ou syndicales dans le sens de « minimiser les savoirs ». [...]

Extrait de theconversation.fr du 29.09.22

 

JP Delahaye : A la recherche du collège unique
"Le collège unique est une ambition, une œuvre de plusieurs générations. Ce n’est certainement pas le moment de renoncer à cette ambition." Jean-Paul Delahaye publie sur son blog une mise au point qui revient sur l’histoire du collège unique depuis sa création. "La France est toujours à la recherche de son école moyenne, cela explique pourquoi le collège unique est encore en train de se chercher une identité... Les premières critiques considèrent que l’objectif était mauvais en lui-même, voire démagogique, et donc inapplicable. Ceux là refusent l’idée de classes hétérogènes, disent que certains élèves n’ont rien à faire au collège, sont des défenseurs du redoublement, ou prônent des solutions comme le préapprentissage, évidemment pour les enfants des autres pas pour les leurs. Le second type de critique, et ma position est clairement celle-là, dit que les difficultés du collège unique proviennent ce qu’on n’a pas assumé la logique de la réforme jusqu‘au bout en ne donnant pas au collège un contenant et un contenu spécifiques au rôle qui est le sien : achever la scolarité obligatoire dans de bonnes conditions pour tous les élèves et préparer de façon différenciée les élèves à toutes les formations ultérieures. La question du collège unique est donc d’abord, me semble-t-il, une question politique avant d’être une question pédagogique : est-ce que notre pays veut, oui ou non, donner une culture commune à tous les jeunes pendant la scolarité obligatoire et donc organiser la scolarité de ces jeunes dans une école commune ?"

Sur son blog

Extrait de cafepedagogique.net du 03.10.22

 

Twitter
alain POTHET
@Apothet

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Au moment de repenser le collège il faut lire attentivement le socle commun de connaissances, de compétences et de culture.
▶️Il est le ciment de la cohésion sociale
▶️Il est la constitution de l’école obligatoire
▶️Il incarne la promesse républicaine

Le Socle commun (Code de l’éducation, 31 mars 2015, modifié)

 

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la sous-rubrique Socle commun, Interdegrés, Compétences, Curriculum
le mot-clé Socle commun, Interdegrés, Compétences, Curriculum (gr 5)

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