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Les dépossédés. L’instinct de survie des classes populaires, par Christophe Guilluy, Flammarion, octobre 2022 (dossier)

24 octobre

Additif du 09.11.22

Extrait de lemonde.fr du 09.11.22

 
Additif du 24.1022
« On sait ce qu’est un pauvre. A l’inverse, c’est quoi, être un “riche” en France aujourd’hui ? »

Depuis quarante ans, aucun débat serein sur les riches n’a eu lieu, aucune distinction n’est opérée entre les rentiers et les entrepreneurs créateurs d’emplois, constate dans sa chronique Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».

[...] Les réflexions de Louis Maurin trouvent un prolongement dans le dernier essai, cruel et incisif, du géographe Christophe Guilluy. Dans Les Dépossédés (Flammarion, 204 pages, 19 euros), la charge ne porte pas sur les patrons du CAC 40 ni les 1 % les plus riches, mais sur une catégorie cool-écologiste qui a subrepticement expulsé les classes populaires du cœur des métropoles, de certaines banlieues, du littoral Atlantique.

Guilluy dénonce cette « bourgeoisie “insoumise” qui peuple ces quartiers » et vote à gauche (y compris radicale). Elle n’a pas de mots assez durs contre les 1 %, le capitalisme et ses injustices, « mais elle quitte rarement son loft pour grossir les rangs des manifestants » contre l’expulsion sournoise des ouvriers et des employés de leurs lieux de vie. Comment imaginer que la contestation vienne de ceux qui ont fait la culbute grâce au boom de l’immobilier et qui, de surcroît, osent leur faire la morale écolo sur leur mode de vie ?

Extrait de lemonde.fr/idees du 24.10.22

 

Christophe Guilluy
Les dépossédés
L’instinct de survie des classes populaires

« Ils subissent un éloignement géographique, social, politique et culturel.
Ils sont la majorité.
Ils sont à l’origine de toutes les contestations actuelles, qui ne ressemblent à aucun des mouvements sociaux des siècles passés.
Ils sont les dépossédés. »

Dans ce nouvel essai, Christophe Guilluy montre comment les classes populaires répondent magistralement à leur disparition programmée, en imposant une alternative à un modèle condamné.

Extrait de editions.flammarion.com

 

Christophe Guilluy : "La dépossession des classes populaires est le plus grand plan social de l’Histoire"
Entretien

Dans son dernier essai, « les Dépossédés », le géographe entend décrire la situation des classes populaires qui subissent une relégation géographique, sociale, politique et culturelle.
Marianne : Votre livre s’appelle les Dépossédés et parle des classes populaires. De quoi ont-elles été dépossédées ? De leurs territoires par la gentrification ?

Christophe Guilluy : Depuis très longtemps, je cherchais un mot pour décrire ces gens qui depuis quarante ans subissent un modèle qui leur a été imposé, la mondialisation néolibérale. Les représentations sociologiques utilisées ne disent que partiellement les choses. Le terme de « dépossédés » permet de décrire ce que nous appelions hier la « classe moyenne occidentale », c’est-à-dire un ensemble majoritaire, dans lequel tout le monde (ou presque) se reconnaissait : l’ouvrier comme l’employé ou le paysan. Tout le monde était intégré économiquement, donc politiquement, donc culturellement. J’essaie d’imbriquer toutes ces dimensions. La grande erreur de notre époque, c’est de vouloir segmenter le social, le culturel, le pouvoir d’achat, etc. L’Occident avait réussi à intégrer une majorité, même s’il y avait des inégalités. Surtout, ces gens étaient au cœur des références politiques et culturelles de la société, du Parti communiste aux gaullistes.

Il y a un basculement lors des années 1980, avec l’avènement de la division internationale du travail. À partir de ce moment, le modèle a commencé à se fissurer par la désindustrialisation, le massacre de la classe ouvrière, puis des paysans, puis des employés, etc. Cette majorité s’est retrouvée dépossédée politiquement, ce qui constitue le ressort de l’abstention. Il y a eu une dépossession sociale avec la délocalisation des emplois. Il y a enfin une dépossession des lieux en raison du processus de gentrification, sujet par lequel je commence mon livre.

« Les classes populaires sont dépossédées de leur travail et évincées de leurs territoires. Elles ne vivent plus là où se crée la richesse. Il s’agit du plus grand "plan social" de l’Histoire. » [...]

Extrait de marianne.net du 20.10.22

 

GRAND ENTRETIEN - De livre en livre, l’auteur de La France périphérique ne cesse de renouveler et d’affiner son diagnostic. Son nouvel essai, Les Dépossédés (Flammarion), est une magistrale explication des soubresauts que traversent les démocraties occidentales ainsi qu’une méditation à la fois mélancolique et optimiste sur le devenir des classes populaires et moyennes.

Extrait de lefigaro.fr du 18.10.22
Christophe Guilluy : « Une majorité de la population se sent dépossédée de tout ce qui la constituait »

 

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