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L’éducation prioritaire dans la circulaire de rentrée 2016 (BO du 14 avril 2016)

14 avril 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Circulaire de rentrée 2016
NOR : MENE1608893C
circulaire n° 2016-058 du 13-4-2016
MENESR - DGESCO A
BO n° 15 du 14 avril 2015

Extrait de education.gouv.fr du 14.04.16 : Circulaire de rentrée

EXTRAITS

Préambule :
La refondation de l’École de la République entre dans sa quatrième année. À la rentrée 2016, les évolutions entreprises depuis 2012 sont consolidées et les derniers changements réglementaires importants interviennent : entrée en vigueur des nouveaux programmes de la scolarité obligatoire, réforme du collège et déploiement du plan numérique en classe de cinquième. Ces changements – dont la mise en œuvre mobilise toute la communauté éducative – s’inscrivent dans une cohérence d’ensemble : instaurer une continuité dans le cadre du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, et favoriser, pour tous les cycles, un renforcement des apprentissages, et notamment des fondamentaux. [...]

1 - Une cohérence globale de l’école au collège
[...] Les enseignements de langue et de culture d’origine (Elco) évoluent vers un dispositif inspiré des sections internationales existant dans le premier degré. Ces enseignements de langues vivantes étrangères seront dispensés en sus des 24 heures habituelles, et seront ouverts à partir de la classe de CE1 à tous les élèves volontaires, quels que soient leur origine, leur nationalité et leur niveau linguistique de départ. Les compétences acquises par les élèves qui y seront accueillis seront systématiquement évaluées. L’enseignement sera assuré par des enseignants mis à disposition par les pays partenaires et l’attention portée à la qualité de ces enseignements sera renforcée. Au collège, la continuité sera assurée principalement dans le cadre de dispositifs bi-langues. À la rentrée scolaire 2016, des académies pilotes expérimenteront ce nouveau dispositif avec deux pays partenaires, le Maroc et le Portugal. Un premier bilan permettra d’opérer les ajustements nécessaires avant l’élargissement à d’autres académies et d’autres partenaires, à la rentrée 2017, puis sa généralisation à la rentrée 2018.

[...] 2 - La priorité réaffirmée au premier degré
[...] Pour assurer de manière efficace et efficiente la montée en puissance du dispositif « plus de maîtres que de classes », il conviendra de s’appuyer sur les recommandations formulées par le comité de suivi du dispositif : éviter une dilution du travail des enseignants dans un service partagé au-delà de deux écoles ; privilégier l’attribution de ces moyens supplémentaires aux écoles de l’éducation prioritaire et, au-delà, aux écoles à besoins comparables, repérées localement et situées sur des territoires fragiles, notamment ruraux ; donner la priorité au cycle 2 ; s’appuyer sur les projets des équipes pédagogiques et les accompagner par des formations spécifiques.

Si, depuis 2013, près de 1 000 emplois ont été consacrés à la scolarisation des enfants de moins de trois ans, on constate cependant que les effectifs d’élèves de moins de trois ans accueillis en éducation prioritaire ont trop faiblement progressé, au regard de l’objectif de 50 % de scolarisation d’une classe d’âge en Rep+ et de 30 % dans les autres réseaux.
Si les efforts consentis pour l’ouverture de classes dédiées aux enfants de moins de trois ans marquent une étape importante dans l’amélioration de leurs conditions d’accueil, ils ne doivent pas pour autant conduire à une réduction de l’accueil en classe multi-niveaux là où les effectifs et l’environnement permettent un accueil respectueux des spécificités des enfants de cet âge.
Cette politique globale repose sur la mobilisation de tous les acteurs, notamment locaux ; l’École doit y prendre toute sa part, en travaillant avec les collectivités territoriales, les parents et les acteurs publics de la petite enfance (protection maternelle et infantile (PMI), caisses d’allocations familiales, réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement aux parents (Reaap), services enfance), avec lesquels il conviendra d’intensifier les partenariats institutionnels.

[...] II - Une École inclusive pour la réussite de tous

Le contexte économique et social exige une mobilisation forte de l’École pour participer à la lutte contre toutes les formes de discriminations dans une démarche inclusive et accompagner chaque élève dans la construction et la concrétisation de son ambition. Car les inégalités scolaires ne s’enracinent pas seulement dans une situation sociale, elles se répercutent souvent aussi dans les apprentissages : c’est pourquoi l’École prend en compte la situation de pauvreté et de vulnérabilité de certains des enfants qu’elle accueille par la compréhension de leur environnement social et de leurs difficultés. Chaque acteur de notre système éducatif, en considérant l’enfant dans sa globalité, doit agir pour que l’École permette à tous les enfants de réussir. [...]

[...] - Contribuer activement à la lutte contre les inégalités sociales

Pour lutter contre les inégalités sociales et scolaires, les instruments et acteurs de la politique sociale du ministère seront pleinement mobilisés afin de permettre la réussite des élèves issus de familles défavorisées, à qui ils doivent s’adresser en priorité. Les fonds sociaux ont été rétablis à un niveau qui permet désormais de mieux prendre en charge les difficultés financières des familles ; leur bonne utilisation doit faire l’objet d’une vigilance toute particulière. Les mesures prises à la rentrée 2015 pour réduire le non-recours aux bourses de l’éducation nationale seront poursuivies et renforcées. Le développement progressif de téléservices et la simplification des bourses de lycées, qui entrera en vigueur à la prochaine rentrée, poursuivent le même objectif. Enfin, les listes de fournitures scolaires représentent un poids économique trop lourd pour certaines familles ; elles doivent être établies avec une attention extrême pour ces familles et de manière collective au sein des équipes éducatives.

Destinée à agir contre les déterminants sociaux et territoriaux de l’échec, la réforme ambitieuse de l’éducation prioritaire a franchi une étape déterminante à la rentrée 2015. Les principes de cette réforme, fondamentalement pédagogique, doivent continuer, à la rentrée 2016, à se concrétiser dans les pratiques professionnelles et le fonctionnement des écoles et établissements.
Désormais largement diffusé, le référentiel de l’éducation prioritaire doit être utilisé à cette fin, par les pilotes comme par les enseignants, dans le cadre des projets de réseau ; il constitue un guide et un cadre pour le travail commun et a notamment vocation à irriguer la réflexion conduite sur les enseignements complémentaires (accompagnement personnalisé et enseignements pratiques interdisciplinaires) dans les collèges, en cohérence avec la réforme.

Le pilotage de la réforme doit lui aussi encore être consolidé, en inscrivant, dans les programmes académiques de travail des inspecteurs, les objectifs et modalités d’accompagnement des équipes des réseaux d’éducation prioritaire et en achevant la généralisation des lettres de mission des IA-IPR référents, des coordonnateurs et des formateurs de l’éducation prioritaire.

Les formations, mises en cohérence aux niveaux départemental et académique, seront conçues à la fois pour diffuser les principes dont le référentiel de l’éducation prioritaire est porteur et pour répondre aux besoins exprimés par les réseaux dans leurs projets. Les formations de réseau inter-degrés seront particulièrement retenues, afin de faire vivre concrètement le cycle 3 et de favoriser la continuité des enseignements. Plus largement, la mobilisation de l’ensemble des personnes ressources pour accompagner les personnels des Rep+, au plus près de leurs préoccupations pédagogiques quotidiennes, dans les temps de formation et de travail collectif, est un enjeu majeur de la refondation de l’éducation prioritaire.

Certains dispositifs au cœur de la refondation de l’École doivent se déployer prioritairement, et de façon massive, en éducation prioritaire  ; c’est notamment le cas de la scolarisation des enfants de moins de trois ans (cf. supra), du dispositif « plus de maîtres que de classes » (cf. supra), de l’opération « École ouverte » ou de l’accompagnement continu en sixième. Celui-ci, qui a vocation à être développé en Rep+ en priorité, complète l’accompagnement personnalisé et l’accompagnement éducatif. Il représente une véritable aide au travail personnel de l’élève, en le dotant de méthodes efficaces pour apprendre. Il est constitué de temps réguliers où les élèves, en petits groupes, sont accompagnés pour faire leurs devoirs et apprendre leurs leçons dans les temps laissés libres à l’emploi du temps jusqu’à 16 h 30.

Le développement des « parcours d’excellence » dans les classes de troisième des collèges Rep+ dès la rentrée 2016 vise à conduire des jeunes de milieux modestes vers une poursuite d’études ou une insertion socioprofessionnelle ambitieuse, en leur proposant un soutien collectif, des visites culturelles, de lieux de formation et d’entreprises, des rencontres de personnalités. Au-delà du collège, les élèves concernés bénéficieront ensuite d’un suivi individualisé tout au long de leur scolarité au lycée, quelles que soient la voie et la filière choisies. Ce dispositif s’appuie sur des partenariats avec l’enseignement supérieur, les collectivités territoriales et les branches professionnelles.

[...] Agir dans les territoires les moins favorisés donc, mais agir aussi pour développer partout une plus grande mixité sociale : il s’agit là, en effet, d’un enjeu central pour la réussite des élèves, notamment les plus fragiles, comme pour le renforcement du sentiment d’appartenance de tous les enfants de France à la République. Des territoires pilotes sont mobilisés pour faire émerger des solutions concrètes. Le vadémécum « Agir pour une mixité sociale et scolaire dans les collèges » présente notamment les leviers disponibles pour créer les conditions d’une plus grande mixité sociale au collège, susciter l’adhésion des familles à cette démarche et prolonger la mixité à l’intérieur des classes. Celle-ci s’accompagne de stratégies pédagogiques renouvelées permises par la réforme du collège, par le biais de l’organisation des enseignements, de la définition de leur contenu et de la gestion du temps scolaire.

Si les inégalités sociales se traduisent souvent par des inégalités scolaires, elles peuvent aussi être discriminantes en matière de santé des élèves. [...]

[...] 4 - Accompagner la scolarisation des élèves à besoins éducatifs particuliers

[...] Conformément à l’esprit des textes en vigueur, l’École inclusive favorise une meilleure continuité des apprentissages pour les élèves allophones nouvellement arrivés et les enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs. Les centres académiques pour la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs (Casnav) accompagnent la scolarité et les actions de médiation en direction de ces publics, en accordant une attention particulière aux familles particulièrement éloignées de l’École. De nouvelles ressources ont été produites ; elles sont accessibles en ligne et seront prochainement enrichies. Dans un contexte national marqué par l’accueil d’enfants de réfugiés et de mineurs isolés, tous les acteurs de l’éducation nationale doivent participer à cette mobilisation pour accueillir chaque enfant, quels que soient son origine, sa situation et son mode de vie, au sein de l’École de la République. L’opération « Ouvrir l’École aux parents pour la réussite des enfants  », menée en partenariat avec le ministère de l’intérieur, a vocation à être développée dans les territoires où les arrivants non francophones sont les plus nombreux et significativement en éducation prioritaire.

[...] III - Une École qui fait vivre les valeurs de la République
[...] 3 - Installer un cadre de vie apaisé qui met en confiance les élèves et les personnels
Un climat scolaire serein, garant de la sécurité de chacun, constitue la condition première de la réussite des élèves dans leurs apprentissages et des enseignants dans l’exercice de leurs missions. Il réunit les élèves et les équipes autour d’une culture de coopération, de solidarité et d’attention portée à autrui.

La coéducation joue un rôle essentiel pour instaurer un climat propice à la réussite de chaque élève. Pour renforcer les relations entre l’École et les parents, les espaces parents sont développés et les mallettes des parents généralisées pour être proposées aux équipes volontaires. Un guide méthodologique des espaces parents est mis à disposition des directeurs d’école, des IEN de circonscription et des chefs d’établissement. Il propose des éléments clefs pour asseoir une relation avec les parents, des ressources et des illustrations afin d’aider à faire des espaces parents un élément moteur de la mise en réussite de la coéducation. Une plaquette d’information à destination des parents est articulée à ce guide.
Les mallettes des parents CP et sixième sont diffusées dans les écoles et les établissements scolaires. Un site Mallette des parents, conçu avec l’appui de l’Onisep, sera accessible dès la rentrée. Il permettra notamment d’accéder aux ressources des mallettes existantes ainsi qu’à de nouvelles ressources à destination des équipes pour renforcer la coopération entre l’École et les parents, de la maternelle au lycée. Dans le cadre des nouveaux rythmes scolaires, les représentants des parents d’élèves sont associés à l’élaboration et au suivi des projets éducatifs territoriaux. Il est essentiel de renforcer le dialogue avec les familles concernant l’articulation des temps scolaires et périscolaires. Des outils spécifiques sont accessibles en ligne et seront prochainement enrichis sur le site http://pedt.education.gouv.fr/.

La mission des équipes académiques « climat scolaire » est centrale. À partir d’un diagnostic précis, la mise à disposition d’un logiciel national pour la réalisation d’enquêtes locales de climat scolaire doit permettre aux équipes pédagogiques et éducatives, de construire leurs stratégies visant la réussite et l’épanouissement des élèves.

 

Note du QZ : L’éducation prioritaire proprement dite ne fait pas l’objet d’une partie à part de la circulaire mais occupe 5 paragraphes consécutifs à l’intérieur du Chapitre II "Une Ecole inclusive pour la réussite de tous" / 3 - Contribuer activement à la lutte contre les inégalités sociales.

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