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Présidentielle : le projet Ecole et inégalités d’Europe-Ecologie-les-Verts donne une priorité budgétaire aux zones défavorisées et veut développer le co-enseignement et la concertation (ToutEduc)

17 décembre 2021

Présidentielle 2022 : Europe-Ecologie-les-Verts souhaite la mise en place d’un “véritable service d’enseignant.es remplaçant.es“

Le candidat EELV à l’élection présidentielle Yannick Jadot, invité de Franceinfo le 13 décembre, indiquait son souhait, s’il était élu, d’arrêter le système Parcoursup, jugeant “terriblement angoissant pour des parents (..) et en particulier des jeunes d’être face à un algorithme totalement déshumanisé", et a précisé que "ce système d’une boîte noire qui définit votre avenir, c’est absolument insupportable". Il dit également souhaiter que chaque jeune, à 16 ans puisse bénéficier d’un vélo loué.

Le parti écologiste souhaite créer “une dotation progressive des établissements“ sur le modèle de la loi SRU, dont la carte scolaire concernera toutes les structures scolaires, et avec comme objectif d’atteindre une mixité réelle. Cuisiner, bricoler, jardiner... l’école de la nature est décrite comme un “enjeu pour la réduction des inégalités sociales“, ainsi dans tous les établissements scolaires seront développés des modules d’enseignement pratiques à raison de deux demi-journées par semaine.

“En réponse à la compétition individuelle généralisée“, sera favorisée à tous les niveaux la coopération entre pair.es, et les épreuves collectives aux examens. “Les équipes de tous niveaux seront formées aux pédagogies coopératives et au partage des décisions avec les élèves et les étudiant.es. Les budgets participatifs seront généralisés dans les établissements.“

Pour réussir “l’inclusion partout et pour tous les handicaps“, sont prévues dans chaque établissement une unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS), et une offre globale à l’échelle des départements et pas seulement à l’échelle des régions.

La formation initiale et continue par des professionnel.les sur les questions de LGBTI+, de l’ensemble des personnels socio-éducatifs travaillant avec des jeunes sera obligatoire.

Le parti écologiste souhaite par ailleurs “prendre soin des personnels pour mieux prendre soin des élèves“, avec “des enseignant.es mieux payé.es et plus de postes d’enseignant.es, de personnels de santé et de vie scolaire, de psychologues, afin d’offrir un taux d’encadrement digne permettant un véritable suivi individuel des élèves.“ Le remplacement des enseignant.es absent.es serait garanti par l’instauration d’un “véritable service d’enseignant.es remplaçant.es“. Le co-enseignement serait développé, ainsi que la possibilité de prendre en charge des petits groupes par la présence d’encadrant.es surnuméraires dans chaque établissement (anciennement plus de maîtres que de classes).

En matière de formation initiale et continue, est émise l’idée d’augmenter les temps de pratiques communes, de généraliser la formation à la communication non violente, ou “de ne plus penser des emplois du temps horaires standards mais donner aux équipes de vrais moments d’autonomie pédagogique et de concertation, comme dans l’éducation populaire“. De nouveaux concours d’enseignant.es seront créés, fondés sur la formation pédagogique, intégrant les spécialités disciplinaires et de niveau, une formation continue digne de ce nom et des passerelles favorisant la reconversion et la diversification des profils.

Un changement de la gouvernance des établissements scolaires “comme autant de lieux de brassage des futur.es citoyen.nes“ est prévu, où serait favorisée l’intégration des élèves en situation de handicap, l’ouverture aux partenaires naturels de l’éducation populaire, en lien avec des rythmes scolaires respectant davantage l’éveil des futur.es citoyen.nes.

Un bilan critique des réformes du lycée et du baccalauréat avec l’ensemble des acteurs impliqués est proposé, tout comme la garantie d’un bac national avec une égale reconnaissance. Comme pour l’enseignement supérieur, un travail sera mis en place autour d’une coopération européenne renforcée sous la forme de validations de fin de cursus. La création d’un livret de compétences européen, valorisant, au-delà des spécialités, l’oral et la coopération sera proposé.

Concernant l’enseignement professionnel et agricole, EELV proposera des formations articulées avec un plan industriel pour la transition écologique pour former aux métiers de demain : économie des circuits courts, relocalisations, énergies renouvelables, ainsi qu’une évolution de la formation des agriculteurs vers un apprentissage axé vers l’agroécologie et un meilleur respect de la condition animale.

Les Projets éducatifs de territoire (PEDT) seront généralisés en accord avec les collectivités et en lien avec les mouvements d’éducation populaire.

Enfin, pour un “numérique sobre et indépendant“, l’usage de l’open data (données ouvertes) et des logiciels libres et publics sera étendu pour garantir la transparence et la sécurité des données. Les algorithmes comme Parcoursup seront supprimés, les dispositifs d’affectation après la troisième et la terminale devront être soumis au contrôle d’une autorité indépendante et répondre à de nouveaux critères de transparence et de prévention des biais qu’ils peuvent engendrer.

Le projet Ecole et innégalités ici

Extrait de touteduc.fr du 16.12.21

TEXTE INTEGRAL

émancipateur pour tou.te.s
“Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres”
G.Orwell, La ferme des animaux, 1945

Un modèle scolaire qui accentue les inégalités
L’école de la République Française offre officiellement à tous ses enfants “l’égalité des
chances”, mais tous les enfants de France ne disposent pas des mêmes moyens dans leur parcours scolaire. Selon leur origine sociale, le territoire dans lequel ils vivent, mais aussi leur milieu culturel, leur sexe, leurs chances de “réussir” ne sont pas les mêmes. Ils et elles ne partent pas tous et toutes avec les mêmes chances dans la vie. L’école, au fil des années, accentue les inégalités de naissance ou de lieu de vie, alors qu’elle devrait les atténuer.
Mise en place sur un modèle élitiste de compétition scolaire, la sélection scolaire se
construit progressivement par l’acquisition des diplômes, ou plutôt par l’expulsion du
système de celles et ceux qui échouent. Cette sélection est fondée sur une forte
distinction entre savoirs académiques et savoirs pratiques, valorisant les premiers,
délaissant les seconds. On s’émeut de l’absence d’enfants d’ouvriers dans les cursus
élitistes mais rarement de l’absence d’enfants de l’élite dans les filières industrielles. La massification scolaire n’a pas vraiment remis en question cette logique compétitive ni la stratification de la société. Au contraire, elle a parfois conforté, dans la géographie comme dans le langage, entre enseignement “supérieur” et formation “professionnelle”, entre établissements “sensibles” et ceux "d’excellence", entre collèges ruraux et “de centre- ville” : une forme de distinction sociale, un séparatisme scolaire.
La question écologique s’est largement diffusée dans les programmes scolaires, mais
les conditions de travail et les pratiques montrent de grandes différences : accès
inégal à la nature entre établissements ruraux et urbains, à l’inverse, les moyens souvent restreints des communes rurales ou d’Outremer ne leur permettent pas d’offrir aux élèves les aménagements ou les services culturels des grandes villes. Pourtant ce sont de petites communes qui, les premières, ont mis en place des cantines scolaires en régie 100% bio et locale quand perdure le modèle centralisé des géants de la restauration en zone urbaine.

Pour une école écologiste et populaire permettant l’épanouissement de tou.te.s
Les réformes récentes du système scolaire, fondées sur la croyance techno-scientifique des neurosciences et du numérique, vont à contresens du besoin d’une éducation humaine, écologique et de proximité. Alors que la crise sanitaire de la covid-19 a révélé comme essentiel les métiers de la main (paysan.ne, routier.ère, caissier.ère, etc...) et du coeur (aide à domicile, infirmier.ères, services à la personne, etc...), l’école, la société, poussent nos enfants dans une course aux diplômes quand les fondamentaux de ces métiers restent absents ou sous valorisés au cours de leur cursus. La distinction sociale est aussi largement diffusée par le modèle scolaire et les savoirs qui y sont plus ou moins valorisés. Pourquoi la cuisine, le jardinage, le soin aux autres ne font-ils pas ou plus partie des cursus scolaires ?
Pourquoi les jardins potagers, si riches d’expériences pédagogiques dans les crèches et les écoles disparaissent-ils des pratiques dans le secondaire ? Pourquoi la programmation a-t-elle remplacé la fabrication ? Pourquoi des compétences comme la coopération, le travail en équipe, si indispensables dans la société, sont-elles moins privilégiées que la compétition individuelle dans notre modèle éducatif ?
A cela s’ajoute aujourd’hui une vision autoritaire-libérale renvoyant chaque élève à
des évaluations normatives constantes, et réduisant l’autonomie pédagogique des
équipes. L’école construite depuis, contrairement au slogan, n’est pas celle de la confiance, c’est celle de la méfiance, voire de la défiance, envers les élèves, les familles, et les enseignant.es. C’est l’inverse que doit permettre l’école : accueillir les enfants dans toute leur diversité, s’ouvrir aux familles, donner aux équipes l’autonomie pédagogique indispensable pour construire un projet, une identité, s’appuyer sur les ressources locales pour faire classe.

Nous, écologistes, militons pour une école fondamentale, de 3 à 16 ans, écologique et populaire, tournée vers les élèves les plus faibles et les moins favorisés, non pas centrée sur un objectif de réussite individuelle, mais plutôt sur l’épanouissement de toutes et tous.
Il faut une école, un collège, un lycée, qui apprennent aux jeunes à oser, à avoir confiance en eux, à mettre leurs différences au service d’initiatives collectives, mais aussi instituer des passerelles pour évoluer tout au long de leur vie, quel que soit leur milieu, leur origine.

Une école de la coopération pour réussir ensemble
L’éducation écologique et populaire que nous appelons de nos vœux répartira de
façon plus juste les moyens entre les établissements et les élèves. Sur le modèle de ce qui est fait en matière de logement, nous adapterons les moyens financiers par la mise en place d’une dotation progressive des établissements scolaires, entre les collectivités pour les équipements, mais aussi au niveau national pour les moyens humains et pédagogiques.
Tous les établissements, publics et privés, auront comme objectif d’atteindre une mixité réelle en termes de milieu social des élèves et seront évalués, financés et dotés en personnel selon ce critère afin de donner plus de moyens à ceux qui en ont besoin. La carte scolaire doit jouer son rôle d’outil de mixité sociale en la transposant à une collectivité unique à l’échelle des bassins de vie. Elle doit être transparente, et réévaluée tous les 3 ans par une instance indépendante composée à parité de représentant.e.s des familles, de l’Éducation nationale et d’élu.e.s locaux.
Au lieu de l’école de la compétition individuelle, nous créerons une école de la
coopération. Donner une vraie place aux savoirs pratiques dans l’enseignement obligatoire, pour revaloriser les métiers du cœur et de la main, mais aussi parce que ces compétences sont indispensables à l’épanouissement personnel. Donner de la place aux projets d’équipes, au débat contradictoire, à des formes d’expression diverses. Une école ouverte aux familles, aux associations de l’éducation populaire, où les apprentissages sont pensés avec les enseignants mais aussi avec les agents techniques.
L’éducation que nous construirons sera aussi une éducation à l’égalité, qui ne se limitera pas à des heures de cours supplémentaires sur le sujet, mais interrogera aussi la place des filles et des garçons dans la salle de classe, dans la cour et ailleurs. Une école qui formera à l’égalité de genre, d’identité, de culture, par la découverte concrète des inégalités, des discriminations, et la formation des usagers (élèves, parents, enseignants) pour faire de l’école la première étape d’une société ouverte plus tolérante.
Une éducation écologiste plus égalitaire ne se limite pas à la salle de classe, mais doit
investir aussi les cantines, le quartier, la nature. L’école avec les mains, c’est aussi une réflexion sur l’aménagement des espaces scolaires, une implication de tous les usagers dans les questions d’approvisionnement des cantines, mais aussi de gestion des déchets, des toilettes ou de consommation d’énergie. Les sujets techniques de la gestion de l’école doivent être eux aussi partagés. L’école avec les pieds c’est l’école dehors, dans la nature et à la découverte de l’espace proche : forêt, ruisseau, village, quartier, des sources inépuisables d’étonnement, de questionnement, et de savoirs.
Cette école nouvelle nécessite une approche nouvelle des pratiques et des métiers
d’enseignants, pour ne plus former en priorité à la sélection d’une élite, mais être
d’abord attentifs aux plus fragiles et leur offrir un cadre pour s’épanouir. Développer
les temps de pratiques communes comme le co-enseignement (enseignement avec deux professeur.e.s), généraliser la formation à la communication non violente, ne plus penser des emplois du temps horaires standards mais donner aux équipes de vrais moments d’autonomie pédagogique et de concertation, comme cela se fait dans l’éducation populaire.
L’éducation et l’école ont un rôle clé à jouer dans la lutte contre les inégalités : elles peuvent casser le cercle vicieux de la reproduction des inégalités et donner à chacun les mêmes chances à l’entrée dans la vie active. Afin d’informer le débat public et de permettre un débat éclairé sur les choix d’affectation des dépenses (e.g. entre zones prioritaires et zones favorisées), nous rendrons obligatoire la publication de statistiques sur les inégalités de dépenses éducatives (rémunération moyenne des enseignants par filière, dépense par élève par filière...).
Les moyens financiers (notamment expérience et donc salaire des enseignants)
seront affectés (réellement et de manière vérifiable) prioritairement aux écoles
primaires, aux collèges et aux lycées les plus défavorisés.
Enfin, une dépense éducative sur l’ensemble de la vie similaire pour chaque étudiant
sera visée, sous la forme de rééquilibrage des dépenses vers le primaire et secondaire en particulier dans les zones défavorisées, de potentielles dotations pour reprendre des études ou de la formation continue, voire une dotation financière (y compris avant 25 ans).

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