> PÉDAGOGIE(S), DISCIPLINES, ACTIONS LOCALES (en EP) > PEDAGOGIE. Généralités > IPS : un dossier complet et croisé avec d’autres données sur le site (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

IPS : un dossier complet et croisé avec d’autres données sur le site Cartonumérique

21 novembre

Étudier les inégalités entre établissements scolaires à partir de l’Indice de position sociale (IPS)

Le Ministère de l’Éducation Nationale a publié en open data les données concernant l’Indice de position sociale (IPS) des écoles et des collèges. Cette publication sous la contrainte fait suite à une décision du tribunal administratif de Paris du 13 juillet 2022 obtenue par le journaliste Alexandre Léchenet de La Gazette des communes. Même si beaucoup de données en matière d’éducation sont loin d’être accessibles, cela traduit un progrès notable dans le mouvement d’ouverture des données publiques. Pour la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), la publication de ces IPS est une bonne nouvelle. « Il va y avoir plus de transparence. Avoir les chiffres permettra de montrer certaines inégalités entre certaines zones, notamment rurales et citadines. Cela va sans doute ouvrir le débat à travers toute la France et lever le voile sur le mode de calcul de cet indice qu’on ne connaît pas très bien aujourd’hui ».

L’IPS constitue un indicateur quelque peu sensible dans la mesure où il reflète la position sociale de chaque établissement scolaire. C’est l’un des motifs invoqués par le ministère qui considère dans sa réponse au tribunal de Paris que « communiquer les indices [...] conduirait inévitablement à la publication de classements, hiérarchisant les établissements scolaires selon leur composition sociale ». Le tribunal a décidé malgré tout que le Ministère de l’Éducation Nationale devait fournir, à des fins de transparence, lesdites données « dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement ». Dans le tableau de données mis en ligne le 6 octobre 2022 sur le site Data.gouv.fr, le ministère n’a ajouté qu’un seul critère au-delà de l’IPS, celui des établissements publics et privés sous contrat (attirant de fait le regard sur un type spécifique d’inégalités public / privé). Bien que l’on ne dispose pas des écarts-types ni des évolutions au sein de chaque établissement, ces données permettent de conduire des analyses socio-territoriales à l’échelle de la France métropolitaine et des Départements et Régions d’Outre-Mer.

[...] En principe, cet indicateur n’est pas destiné à comparer des établissements entre eux ; il vise plutôt à fournir des outils d’analyse pour favoriser la mixité sociale. De fait, il est souvent utilisé pour souligner les fractures sociales (et si possible essayer de les réduire). Son mode de calcul peut être discuté dans la mesure où il accorde une place importante aux PCS des parents. Rapporté ici à une moyenne par établissement, il ne permet pas de conduire des analyses concernant la diversité sociologique des élèves au sein de chaque établissement pris individuellement. Pour évaluer la mixité sociale des élèves, il faudrait disposer de la dispersion (ou écart-type) de l’indice de position sociale (IPS) par établissement, ce que réclame l’association No Ghetto engagée dans la lutte pour plus de mixité sociale à l’école. Cet indice a par ailleurs vocation à être croisé avec d’autres données qui ne se limitent pas au seul critère de la réussite des élèves. [...]

Extrait de cartonumerique.fr d’octobre 2022

Répondre à cet article