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Dans Le Monde, Yann Forestier (et non pas Christian, écrit par erreur) fait l’historique des dispositifs de lutte contre l’échec scolaire (dont l’EP) et estime que cette lutte "est d’abord affaire d’initiatives décidées au plus près du terrain"

29 septembre Version imprimable de cet article Version imprimable

« La lutte contre l’échec scolaire, une priorité toujours secondaire »
TRIBUNE
Yann Forestier

Historien de l’éducation, chercheur associé au Centre amiénois de recherche en éducation et formation (CAREF), auteur de « L’École en perspective » (L’Harmattan, 2020)

Une chose est de dire que la lutte contre l’échec scolaire est une priorité ; une autre est de faire advenir une telle réalité, estime, dans une tribune au « Monde », l’historien de l’éducation Yann Forestier.

[...] La première polémique significative agitant les médias autour de l’échec scolaire date d’octobre 1987, lorsque le rapport Andrieu, présenté au Conseil économique et social, en estime le coût à 100 milliards de francs. L’Ecole et ses maîtres n’ont bien sûr pas attendu cette révélation pour s’activer auprès des élèves en difficulté, mais cet engagement résulte d’évolutions lentes et insensibles, d’adaptations et d’ajustements improvisés, et non d’un choix politique qui y aurait donné sens : les chances que cette vocation nouvelle de l’Ecole soit pleinement assumée en sont d’autant plus minces.

Alors même qu’il s’agit d’un choix politique extrêmement fort, la mise en place des zones d’éducation prioritaires, à partir de 1982, est révélatrice. Instituée par une circulaire, c’est-à-dire le texte le plus bas dans la hiérarchie des textes réglementaires, la remise en cause de l’égalité formelle par un système appuyé sur un principe de discrimination positive en faveur de territoires en difficulté s’opère hors du Parlement. Cette étrange façon de procéder renvoie en fait à une volonté d’évitement du débat politique par un Parti socialiste, fraîchement élu, craignant qu’un tel changement de paradigme suscite des conflits dans ses réseaux. Là encore, on a manqué une occasion de mettre en débat le projet d’une Ecole faite d’abord pour les élèves en difficulté.

[...] Quand le ministre signe personnellement des circulaires expliquant comment un élève doit tenir un crayon ou à quelle méthode il faut recourir pour enseigner la lecture, il décourage l’initiative des équipes enseignantes. Or la lutte contre l’échec scolaire est d’abord affaire d’initiatives décidées au plus près du terrain, dans l’ajustement permanent à des contraintes multiples dont la complexité décourage toute prétention à un pilotage vertical. L’histoire nous montre qu’il faudrait faire advenir l’Ecole de la confiance, dont il est plus que temps qu’elle cesse de n’exister que sous la forme de slogan.

Extrait de lemonde.fr du 28.09.21

 

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