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A propos de la loi séparatisme : Egalité des chances, ouverture sociale, éducation prioritaire et mixité sociale (le blog de Jean-Pierre Véran)

1er mars Version imprimable de cet article Version imprimable

Egalité des chances et séparatisme : les deux faces d’une même médaille ?
Jean-Pierre Véran
formateur, expert associé France Education International (CIEP), membre professionnel laboratoire BONHEURS, CY Cergy Paris Université

Egalité des chances et lutte contre le séparatisme vont de pair : la promotion de quelques élèves exceptionnels issus des milieux modestes ne console pas les autres de la ségrégation scolaire, sociale, territoriale, culturelle et de la ghettoïsation.

Parmi les mantras du discours politique sur l’éducation revient régulièrement l’expression « égalité des chances » allant de pair avec la « méritocratie républicaine ». On en trouve la trace, par exemple, dans le communiqué du conseil des ministres du 9 décembre dernier à propos du projet de loi confortant les principes de la République : « Le projet de loi est inséparable des actions menées par le Gouvernement pour l’égalité des chances et la réussite républicaine : dédoublement des classes de CP et CE1 à 12 élèves par classe pour 300 000 élèves, réforme de l’accompagnement et de l’orientation scolaires, programme de rénovation urbaine porté à 10 milliards d’euros de subventions de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine[1] ». Le site de la Présidence de la République en vient jusqu’à réécrire la devise républicaine : « Liberté. Fraternité. Égalité des chances[2] ». On y file la métaphore sportive : « Pour que les enfants s’élancent dans la vie sur la même ligne de départ, l’école est désormais obligatoire dès 3 ans », et « le deuxième cycle (il faut comprendre le second degré, NdR), un tremplin vers l’âge adulte ». L’objectif est « une société plus juste, qui donne à chacun les moyens de s’épanouir et ne laisse personne sur le banc de touche ».

« Parce que tous les enfants ne partent pas avec les mêmes chances de réussite dans la vie », l’école rétablirait donc l’égalité des chances.

Il faut donc chercher le lien pouvant exister dans une politique de gouvernement cohérente entre égalité des chances et lutte contre le séparatisme.

[...] Mais, dira-t-on, la politique d’éducation prioritaire ne concerne pas des individus, mais des réseaux d’écoles et d’établissements. Cette approche territoriale n’est-elle pas mieux fondée ? Quand on constate les stratégies d’évitement qu’elle suscite[8], facilitées par l’assouplissement de la carte scolaire dès 2007, on ne peut être que circonspect à son endroit. Quant aux expérimentations de rétablissement de la mixité sociale grâce à des secteurs multi-collèges depuis 2017, nous en avons souligné dans notre précédent billet les points aveugles[9].

Extrait de mediapart.fr du 26.02.21

 

Voir aussi

Egalité des chances : "Emmanuel Macron n’a pas tenu ses promesses"
Faciliter l’accès à des prestigieuses écoles de l’administration, comme l’ENA, à des jeunes d’origine modeste : c’est l’objectif des annonces faites par Emmanuel Macron jeudi à Nantes, dans le cadre d’une séquence sociale visant à rééquilibrer l’axe politique du quinquennat entre "jambe droite" et "jambe gauche". Parmi les mesures privilégiées par le chef de l’Etat : un millier de places supplémentaires créées dans des "Prépas Talents" réservées à ces jeunes, qui recevront une allocation de 4.000 euros, et cinq à dix places "réservées" dans les cinq écoles concernées. Des propositions largement cosmétiques, selon le chercheur au Cevipof et spécialiste de la Fonction publique Luc Rouban.

Extrait de challenges.fr du 12.02.21

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