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- A Marseille, les écoles du futur d’Emmanuel Macron se mettent en place - Le vote enseignant - La fièvre de l’évaluation (trois articles du Monde)

24 mars

A Marseille, les « écoles du futur » d’Emmanuel Macron se mettent en place
Cinquante-neuf écoles participent à cette expérimentation qui doit conférer plus de libertés aux équipes pédagogiques.

Il en a fait son laboratoire. En septembre 2021, à Marseille, Emmanuel Macron créait la surprise en évoquant, lors de l’annonce de sa stratégie « Marseille en grand » pour la ville, le lancement de projets pour une « école du futur », afin de donner plus de libertés et d’autonomie aux équipes pédagogiques et à leurs directeurs. Depuis, à chaque discours sur l’école, le président de la République, désormais candidat à sa réélection, mentionne cette expérimentation, qu’il « regarde avec attention ».

L’opération séduction d’Emmanuel Macron à Marseille
Six mois plus tard, 59 écoles participent à 41 projets qui impliquent près de 11 000 élèves et 630 enseignants. Soit un élève sur huit de la cité phocéenne – 80 % des projets concernent l’éducation prioritaire. L’opposition à cette expérimentation reste vive, il est vrai. « Quand on a vu passer l’appel à projets, on a été pris entre deux feux. L’idée de voir se créer des écoles à deux vitesses ne nous plaisait pas, mais on ne pouvait pas laisser passer l’occasion d’avoir les moyens que l’on réclame en vain depuis tant d’années », confie un directeur d’école des quartiers nord, qui requiert l’anonymat, comme nombre de ses collègues, preuve des dissensions que provoque le sujet.

La méthode étonne dès le départ. A rebours de la structure verticale de l’éducation nationale, aucun cadrage précis n’est donné. « On avait l’impression d’une liste au père Noël. On pouvait proposer tout ce qu’on voulait », se remémore une directrice. « On aurait presque pu demander une voiture de fonction ! Maintenant, cela s’est réduit. On nous demande de faire des devis et de mettre les associations en concurrence », tempère un autre.

Contours encore flous
Que proposent les enseignants quand on leur laisse le champ libre ? Des projets déjà dans les tuyaux ou dans les tiroirs faute de financement. Six thèmes ont été identifiés : les langues et l’international, l’EPS, les arts et la culture, les sciences, l’éducation au développement durable et la mise en place d’« espaces d’apprentissages innovants ». L’école maternelle |REP+] Extérieur et l’école primaire [REP+] Arenc-Bachas, qui forment un même groupe scolaire, ont proposé ensemble un projet intitulé « Elèves d’aujourd’hui, citoyens de demain », particulièrement axé sur le « hors temps scolaire ». Une façon d’intégrer les parents d’élèves à l’acte pédagogique mais aussi de pousser plus loin leur collaboration avec les associations culturelles et sportives d’un quartier difficile. Au programme : ateliers artistiques, après-midi sportives, initiations au jardinage et aux échecs, travail sur l’alimentation.

Extrait de lemonde.fr du 23.03.22

 

Voir dans le même numéro du Monde :

Des enseignants « dans le flou » de la campagne présidentielle

Le système scolaire au risque d’une fièvre de l’évaluation

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