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Les 20 associations regroupées dans l’Ascenseur pour l’égalité des chances des jeunes proposent que l’EN fasse appel au secteur associatif pour recruter des enseignants

7 juillet

Egalité des chances : les associations en appellent à l’Etat

Un groupe d’associations rassemblées à l’Ascenseur à Paris le 23 juin a appelé l’Etat à soutenir davantage ses efforts. Objectif : éviter que des jeunes "disparaissent de la vie culturelle, de la vie scolaire et extra-scolaire".
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L’Ascenseur : l’égalité des chances à tous les étages, et déjà un beau bilan

Depuis trois ans, l’Ascenseur œuvre en effet pour l’égalité des chances... à tous les étages.

Et le bilan n’est pas mince : à travers des associations comme Article 1 qui accompagne les jeunes dans leur orientation en leur proposant des "mentors", ou Fête le mur qui introduit la pratique du tennis dans les quartiers, 400 000 jeunes peuvent être aidés sur différents plans à travers la France, soit 100 000 de plus depuis le lancement de l’Ascenseur en 2019.

Derrière cette montée en puissance, il y a certes l’engagement quotidien de 43 000 bénévoles. Mais aussi un partenariat entre les associations et de grandes entreprises comme BNP Paribas, AstraZeneca ou SFR qui participent au financement et à la réflexion de l’Ascenseur.

Ainsi, à l’été 2021, face à la difficulté des étudiants de trouver des stages dans la crise sanitaire, l’Ascenseur et AstraZeneca ont pu offrir à 25 jeunes un stage de six mois.

Des inégalités encore préoccupantes et un appel à l’Etat

Pourtant malgré ce bilan encourageant, les fondateurs de l’Ascenseur ont voulu alerter sur l’ampleur des inégalités encore à l’oeuvre : "les jeunes ne sont pas absents uniquement de la vie démocratique, indique leur communiqué. Ils disparaissent de la vie culturelle, de la vie scolaire et extra-scolaire, et les plus fragiles rencontrent une impossibilité d’accéder aux soins avec des CMP saturés"

Même si le tissu associatif reste incontournable et le soutien des groupes privés très précieux, l’engagement de l’Etat, garant de la fraternité républicaine et de l’idéal d’égalité, n’est-il pas nécessaire ?

Les 20 associations du collectif ont donc carrément proposé aux ministres présents leur "feuille de route" à travers 7 propositions. Bonne idée sans doute en ces jours où les gouvernants, plutôt "en creux" semblent chercher leur cap.

Les 7 propositions de l’Ascenseur

1. Impulser la création d’une mission interministérielle sur la jeunesse et l’égalité des chances.
2. Engager 10 millions d’euros pour favoriser les coalitions d’acteurs publics, privés et associatifs (comme l’Ascenseur)
3. Valoriser la place essentielle du monde associatif dans l’Éducation Nationale et sécuriser les financements par la taxe d’apprentissage.
4. Accorder aux fonctionnaires le droit de "mentorer" des jeunes via les associations avec un objectif d’un million de mentors dans la fonction publique en 5 ans.
5. Vitaliser les quartiers en accompagnant les initiatives et en facilitant le financement des entrepreneurs
6. Favoriser la multiplicité des chances en valorisant l’expérience, l’engagement et le potentiel à côté des diplômes.
7. Réenchanter le métier d’enseignant avec un plan exceptionnel s’appuyant aussi sur les acteurs associatifs, pour recruter, former et accompagner de nouveaux talents.

"Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin"

Originales, ces propositions le sont surtout par la démarche.
Certes, le collectif d’associations attend de l’Etat qu’il engage des moyens budgétaires, mais surtout qu’il entre dans une démarche de partenariat et favorise la création d’autres coalitions - sur le modèle de l’Ascenseur - entre acteurs publics, privés et associatifs.
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Recrutement des enseignants : l’Education nationale peut-elle collaborer ?

Plusieurs des propositions faites le 23 juin aux deux ministres en herbe viennent en effet pointer bien des insuffisances de l’action publique : n’est-ce pas étrange, par exemple, qu’il y ait si peu de "mentors" pour les jeunes dans le secteur public, et si peu d’offres de service civique dans les administrations ?!

La dernière proposition de l’Ascenseur qui invite l’Education nationale à s’appuyer sur les associations et les acteurs de terrain pour susciter des vocations d’enseignants et les accompagner touche, elle, à un sujet tabou par excellence : le recrutement des enseignants, pré-carré d’un système pourtant à bout de souffle !

Or on voit mal un Pap Ndiaye, chargé de pacifier les syndicats enseignants (et déjà cloué au pilori pour avoir scolarisé ses enfants dans le privé !) se lancer dans une grande révolution du métier d’enseignant.
A moins que la place de la Bastille ne déteigne sur la rue de Grenelle.

Extrait de reussirmavie.net du 23.06.22

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