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L’éducation prioritaire dans le débat organisé à l’Assemblée avec Nicole Belloubet : taille des classes, dédoublements, horaires d’ouverture des collèges (ToutEduc)

1er mars

Mixité, éducation prioritaire, Choc des savoirs.. l’école face aux politiques de tri social en débat à l’Assemblée nationale

“La recherche a montré que les groupes de niveau n’étaient pas efficaces. Actuellement, les professeurs, les chefs d’établissement et les inspecteurs sont contre. Il ne doit plus rester que Gabriel Attal pour les défendre“ estimait Sophie Vénétitay lundi 26 février lors d’un débat intitulé "l’école publique face aux politiques de tri social" organisé à l’Assemblée nationale.

La secrétaire générale du syndicat FSU des enseignements du second degré a évoqué les réformes des collèges et des lycées menées depuis quelques années, ainsi que le “problème de l’école privée“. Elle a en outre estimé que “l’éducation prioritaire ne va pas bien“, notamment au regard des DHG attribuées au cours des cinq ou six dernières années à certains collèges REP qui “ont perdu des moyens“ et où “il arrive qu’il y ait vingt-huit ou vingt-neuf élèves par classe“.

La sociologie de l’éducation “commence à discerner de façon probante“ les effets de la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (ORE) de 2018, dont le premier est “la polarisation des publics sur certains types d’établissements“, analyse pour sa part Annabelle Allouch, maîtresse de conférences à l’université de Picardie Jules-Verne. Ainsi les établissements les plus prestigieux ou les plus riches attirent de plus en plus les classes moyennes et supérieures et sont de mieux en mieux dotés tandis qu’à l’inverse “ceux qui sont symboliquement les moins cotés attirent toujours plus des publics de plus en plus défavorisés.“

De plus, les enfants issus de milieux populaires, surreprésentés dans les filières professionnelles, “sont les plus démunis face à la plateforme Parcoursup et au travail d’orientation à fournir“. Par exemple, poursuit-elle, dès 2018 ces derniers “ont attendu un premier résultat positif quatre fois plus longtemps qu’un élève d’une filière générale.“ Mais pour la chercheuse l’activité de tri social et scolaire “comporte beaucoup d’ambivalence et il convient de noter qu’elle est consubstantielle au système éducatif“ étant donné que “l’apprentissage s’accompagne traditionnellement d’une activité d’évaluation qui structure les pratiques des professionnels et parfois, malheureusement, les représentations des familles.“

Au sujet de Parcoursup, il lui semble malgré tout que “la multiplication des politiques de tri social et l’amplification des inégalités entraînent un risque démocratique quant à la participation politique des familles et des jeunes, déjà très abstentionnistes, aux élections, notamment européennes et régionales.“

Les propos de Guislaine David, du SNUIPP-FSU (1er degré) ont souligné les effets (négatifs) de la politique menée depuis 2017 autour des savoirs fondamentaux, des évaluations nationales ainsi que des dédoublements de classe en GS, CP et CE1 dans les écoles situées en zone d’éducation prioritaire. Elle souligne l’importance de la question de la carte scolaire, indiquant que pour “favoriser les apprentissages dans les classes, avec des élèves qui réussissent, qui apprennent à l’intérieur de la classe, il faut des personnels, il faut des remplaçants et il faut surtout des effectifs allégés partout. Or, dans certains départements, les CP ou CE1 à douze élèves n’existent plus. On est plutôt à quinze ou seize.“

Interrogée dans un second temps, la ministre de l’Education nationale a réaffirmé sa “préoccupation d’assurer au maximum la mixité sociale et la mixité scolaire, et de tout faire pour qu’elles puissent progresser de concert“.

Nicole Belloubet a entre autres rappelé les éléments du plan “mixité“ présenté en mai 2023 “afin de tirer les conséquences du constat d’une trop grande concentration, dans certains établissements, notamment privés, d’élèves issus de milieux socialement homogènes.“ Elle indique que des premiers éléments d’évaluation du protocole signé avec le secrétariat général de l’enseignement catholique (SGEC) seront disponibles à la rentrée prochaine.

Quant au dispositif d’accueil de huit heures à dix-huit heures et de son extension à tous les collèges situés en REP et REP+ à partir de la rentrée 2024, elle précise qu’aujourd’hui, 42 743 élèves en bénéficient sur quelque 106 000 élèves scolarisés dans les établissements concernés, un taux d’adhésion à cette mesure est “très élevé“.

Et comme le coût d’une généralisation de ce dispositif à l’ensemble des collèges publics relevant d’un réseau d’éducation prioritaire “est évalué à près de 170 millions d’euros“, il s’agit “de voir comment concrètement utiliser ces crédits pour permettre l’extension de l’accueil et développer de nouveaux partenariats à cet effet.“

Concernant enfin le port de l’uniforme, le Gouvernement souhaite “observer quel peut en être l’effet sur le climat scolaire“, qui pourrait “se trouver amélioré par la réduction du poids des apparences“. Son financement pourrait être imputé au budget du Conseil national de la refondation (CNR), avec une somme demandée “qui s’élèverait à 2,5 millions d’euros, sur un budget total dépassant les 90 millions d’euros.“

La vidéo ici

Extrait de touteduc.fr du 29.02.24

 

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